Vous le savez déjà sûrement, la crise financière désormais révolue a plus particulièrement touché certains pays tel que l’Islande. Et, comme le faisait remarquer George, Dubaï bien que tardivement atteinte a été touchée elle aussi. Contrairement à ce que pensent certain, Dubaï n’est pas seulement un lointain émirat du Moyen Orient ou une ville que l’on aurait du mal à localiser sur une carte. C’est aussi un exemple d’explosion urbaine assez particulière.

A la différence de nos vieilles villes européennes, parfois vieilles de plusieurs millénaires, Dubaï est très récente. La première mention apparaît en 1799 et fait référence à un petit village qui vit de la pêche, notamment de perles. Dubaï n’est gère plus grand que le département du Tarn-et-Garonne, mais c’est aujourd’hui un des 7 émirats des émirats arabes unis (système d’états fédéral).

Dubaï, du pétrole au décollage économique :

Jusqu’au début des années 1970, Dubaï connait une augmentation banale de sa population qui n’atteint pas les 60 000 habitants en 1968. Le premier décollage économique de Dubaï, à l’image des autres pays du Golf, vient de l’exploitation du pétrole surtout à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais assez rapidement les ressources se sont avérées faibles. C’est pourquoi, il y a 10-15 ans Dubaï a entamé une reconversion de son économie pour se consacrer au tourisme métropolitain de luxe. En quelques années, la reconversion est remarquable. En 2003, les revenus générés par le tourisme dépassent ceux du pétrole. En 2006, le pétrole ne représente plus que 6% de l’économie Dubaiote.

Dubaï, hot spot de la planète aux allures fantaisistes :

En 2005, Dubaï, s’impose comme une métropole mondiale du tourisme de luxe. La ville, fortement marquée dans l’esprit de tous par des constructions impressionnantes, est le symbole d’une course au gigantisme et à la modernité.

Dubai World et Palm Islands

En haut les 300 îles de Dubai World et en dessous les deux Palm Islands

Le symbole des hôtels dubaiotes, l’hôtel Burj al-Arab en forme de voile avec sa piste d’hélicoptère sur le toit :

Il est difficile de faire un choix de photos tant il y a de bâtiments quasi futuristes. En voici quelques-unes, mais vous en trouverez encore beaucoup d’autres sur Google Image :

Le tourisme qui sévit à Dubaï est qualifié de métropolitain. Cela veut dire que les riches touristes y viennent pour l’atmosphère urbaine des grandes villes, bercée au rythme de la consommation massive de biens de luxe (à ne pas confondre avec la consommation de masse qui elle est peu diversifiée). Pour répondre à cette irrépressible besoin de consommation on trouve à Dubaï plus de 70 centres marchands à mi-chemin entre le parc d’attraction et la galerie marchande. Ces lieux nouveaux du capitalisme sont construits dans l’optique de répondre aux besoins des gens tout au long de leur journée et donc de les encourager à y rester le plus longtemps possible. Pour cela, ces malls (centres marchands) rassemblent les équipements nécessaires pour la consommation sous la forme de galeries marchandes. Pour la restauration avec des restaurants et fast-food. Et surtout, ce qui caractérise vraiment ce type de mall : des équipements pour répondre au besoin de divertissement et de récréation. Le plus impressionnant étant la piste de ski du Mall of the Emirates (le plus grand centre commercial au monde) pour profiter des plaisirs de la glisse avec des températures extérieures de 50°.

Le secteur immobilier, une explosion en phase d’implosion ?

Alors que le tourisme de luxe fonctionne à merveille, le secteur de l’immobilier est encore plus rémunérateur à Dubaï. En 2005, la propriété et la construction représentaient 22.6% de l’économie. Jusqu’en 2009, de nombreux investisseurs particuliers, mais aussi des banques y sont venus pour faire fortune. Les banques anglaises semblent être celles qui y ont été les plus actives, mais certaines banque françaises y auraient également participé. On voyait alors des gens acheter quelques appartements bien situés qu’il espéraient vendre un an plus tard avec un retour sur investissement proche des 100% !

Là où le problème se pose, c’est que tout cet immobilier multiplicateur de billets ne correspond pas à un réel besoin en logement. C’est une bulle économique où la surestimation des prix va de pair avec une spéculation effrénée. Cette situation ne pouvait pas durer éternellement et la crise y a mis fin. En quelques mois le prix de l’immobilier a baissé de plus de 50% et bon nombre d’investisseurs ont fuit Dubaï et il est à prévoir que ces investisseurs stoppent net le remboursement de leurs emprunts au vu de l’effondrement du marché.

Un des éléments les plus importants de cette situation se trouve dans la démographie de Dubaï. Plus de 95 % de la population est étrangère ! Si la situation ne s’améliore pas, c’est donc la quasi totalité de la population qui risque de partir enfin un retour à l’identité national. Les investisseurs n’ayant plus d’intérêt à s’y trouver et les plus pauvres, petites mains de l’immobilier, n’ayant plus de travail puisque plus d’investisseur pour financer la construction. Si on prend en compte les 80 milliards de dollars de dettes accumulées par l’émirat, il est peu probable que l’économie se relève avant que tous les investisseurs n’aient pris la poudre d’escampette.

Au vu de ces derniers éléments, de plus en plus de monde commence à parler de future « friche touristique » ou de « ville morte » à propos de Dubaï. Le fantasme d’une ville ultramoderne à l’abandon est certes très tentant, mais réduire l’économie dubaiote à une bulle immobilière me semble réducteur. C’est pourquoi dans un prochain article j’essaierais de vous dépeindre plus précisément cette bulle ainsi que d’autres caractéristiques de cette économie à fort potentiel polémique.

Vous trouverez une liste d’articles intéressants dont je me suis inspiré sur mon Perltrees : Dubai - immobilier - crise

2 commentaires

  • Cise immobilière à Dubaï | eweeb, le 2 février 2010

    [...] planète, risque de devenir une ville fantôme ! Si vous voulez en savoir plus un très bon lien : Dubaï, du Disneyland immobilier à la friche touristique ? A propos de [...]

  • Cécile (2 comments), le 3 février 2010

    La réalité dépasse souvent la fiction! Pistes de ski quand le thermomètre grimpe jusqu’à 50°…
    Dubaï se situe sur une planète évidemment éloignée du développement durable, quoique … tous ces buildings risquent de polluer durablement pendant quelques décennies…
    Article très intéressant . A quand la suite?

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