Par Rita

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A bas la bourse!

Pour quelqu’un qui n’a qu’une compréhension limitée de l’économie comme moi, le fait d’être expatriée depuis deux ans m’a aidé à réaliser par des exemples précis certains aspects de la crise économique, tant depuis les subprimes aux USA qu’avec actuellement la gigantesque dette de la Grèce, mais aussi du Portugal.

J’ai débarqué (littéralement) aux Philippines en Aout 2008. A ce moment, l’euro était bien plus fort que le dollar, presque une fois et demi si je me souviens bien. Les asiatiques ne réclamaient pas encore l’euro, préférant le billet vert, souvenir d’une toute puissance unique et mondiale, richesse et réussite américaine. En tant que parfaits petits français qui se respectent, nous avions encore une forte mentalité anti-américaine de très bon ton, tant chez le bourgeois raffiné à la culture des lettres que chez le bobo raffiné à tout autre chose. Bref, nous étions très fiers de nous sentir supérieur aux amerloques ce coup-ci, ayant du fait de l’euro plus fort un pourvoir d’achat supérieur. Quel luxe cette petite condescendance mal placée!

Puis la livre sterling s’est effondrée et nous avons bien rigolé de nos meilleurs ennemis européens, les anglais. “Vous n’aviez qu’à choisir l’euro bande de Rosbeefs!”

Mais un peu plus tard, depuis un deux ou trois à vrai dire, je scrute avec anxiété presque tous les jours mon écran à la recherche d’un taux meilleur. L’euro s’effondre! Il fut un temps, pour avoir 10 000 pesos philippin, mon compte en banque me retirait environ 156 euros, maintenant j’approche dangereusement des 180 euros. C’est que vous n’imaginez pas ce que je peux faire avec cette différence. En gros il me manque environ 1500 pesos, l’honnête somme que je paye un employé pour plus de deux semaines de travail.

Alors maintenant, quand je sais que 10% du PIB aux Philippines provient de la population philippine travaillant à l’étranger pour supporter la famille, je me rends compte que ma petite personne n’est que la représentation d’un pays entier, d’autant plus que je n’ai que mon mari à nourrir et non pas une famille entière.

Alors voila, quand je lis les actualités à propos de la bourse, l’Europe, j’ai un vague sentiment que non seulement plus rien n’est franchement contrôlé, mais qu’en plus on dépense plus et plus d’argent à brasser du vent. J’ai l’impression que les gens comme moi qui ne contrôlent pas le monde l’ont un peu dans le cul.

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