Warning: Creating default object from empty value in /home/bargeo/sd/glob/www/wp-content/plugins/bp-advanced-seo/bp-advanced-seo.php on line 182 Crise, référendum grec et petits arrangements européens - LE GLOB DE BARGEO
 

C’est la crise. La Grèce se rapproche de plus en plus d’un défaut de paiement. Et les banquiers, dont on connais la légendaire générosité, proposent de réduire gracieusement leur créances de 50%. Faut dire que 50% d’énorme paquet de milliards, ça fait encore une moité d’énorme paquet de milliards. C’est un peu mieux que rien du tout.

Et voilà que cet ***** de Papandréou, qu’il aille se faire voir chez les grecs, vient d’avoir une idée consternante : demander son avis au peuple ! Faire usage de la démocratie en Grèce, c’est tout de même un comble ! Comme de juste, Sarkozy est consterné« Le geste des Grecs est irrationnel et de leur point de vue dangereux », estime un proche du président. C’est vrai, pourtant, depuis quand les moutons refusent-ils de se laisser tondre ?!

Pour faire simple, il y a de quoi s’indigner : un surendetté a t-il le choix de ne pas payer ? Posée comme ça la question appelle une réponse évidente : non !

Hélas, au risque de déplaire à mes lecteurs bien-pensant, qui ce matin, se sont étranglés de rage en découvrant cette ignoble idée du premier ministre grec, la réponse n’est, en fait, pas si simple.

Même un particulier, s’il est surendetté, peux voir une partie de ses dettes remises. Il ne s’agit d’ailleurs que d’une mesure de bon sens : il est plus coûteux de poursuivre une personne non-solvable que de simplement l’ignorer. Et puis, franchement, n’y a-t-il pas une part de responsabilité du prêteur si il ne s’est pas assuré au préalable que son débiteur pourrait le rembourser ?

Mais le cas de la Grèce est un peu différent. Il ne s’agit pas d’un particulier, mais d’un pays. La dette de ce pays (comme celles de beaucoup d’autres) n’a pas été contractée directement par les citoyens, mais par quelques (ir)responsables agissant au nom de leur peuple. Lequel peuple n’a pas forcément été tenu informé de cela, ni même n’en a forcément profité.

Une grande partie de la dette des pays du Sud, par exemple, n’a pas servi aux populations des pays débiteurs. Au contraire, elle a financé des régimes autoritaires ou corrompus, comme celui de Mobutu au Zaïre, des juntes militaires en Amérique latine, de Saddam Hussein en Irak ou de Marcos aux Philippines. Est-il alors juste que la population de ces pays paie la dette contractée par son bourreau ? Dans ce genre de cas, l’on parle alors de dette illégitime.

Soit la Grèce accepte le plan de sauvegarde soit elle le refuse dans son référendum : comment imaginer que les banques internationales vont accepter d’effacer 50 % de leurs créances si les Grecs, par référendum, décident de faire défaut ? Quel est donc l’intérêt de ce référendum me direz-vous ?

Ce que fait Papandréou en proposant un référendum, c’est tout simplement de permettre à la population de son pays d’accepter, ou non, la responsabilité de sa dette. Ou plus simplement, de dire merde à tous ces banksters qui se goinfrent depuis des années sur leur dos.

Il pourrait également s’agir d’une manœuvre destinée à demander à ces banques d’accepter d’effacer un pourcentage plus important encore de leur créances (et l’on ferait alors un nouveau référendum afin que le bon peuple vote oui cette fois-ci).

Mais dans l’hypothèse, probable, où les grecs feraient défaut, je ne vois pas vraiment ce que ces banques pourraient y faire.
Asphyxier économiquement un peu plus le pays ? Ca ne changerait pas grand chose…
Faire pression sur les gouvernements pour déclarer la guerre à ces mauvais payeurs ? Assez improbable…
Au pire, la Grèce serait obligée de sortir de l’euro, ce qui leur permettrait de mener dans un premier temps une politique inflationniste très agressive, puis les choses se réguleraient peu à peu comme ce fut le cas pour l’Argentine.

Il faut admettre que toutes ces histoires de dettes paraissent, au premier abord, un peu compliquées à appréhender. Si c’est votre cas, je vous invite à visionner cette petite vidéo pédagogique qui devrait vous éclairer un peu sur le sujet :

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Maintenant que cela est devenu limpide pour vous, vous apprécierez mieux le point de vue d’Emmanuel Todd : “La dette publique est un mécanisme d’exploitation financière des biens publics“.

Il y a, de toute évidence, une vrai crise, non seulement économique mais également politique et européenne. Et l’on comprends alors mieux l’indignation de tous ces responsables politiques face à cet acte inadmissible constituant à donner au peuple le droit de choisir son destin. En tout cas, à Bruxelles, ça doit être un sacré remue-ménage en ce moment. Et comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous, c’est sûr que les fonctionnaires du parlement européen doivent sacrément bosser pour mettre un terme à toute cette pagaille…

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