Par George

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Dubaï – qui a dit crise ?

Dubaï. Le grand sujet du jour. A force de jeter l’argent par les fenêtres, cet état occupé par une poignée de magnats du pétrole, de princes de la finance et de cheikhs milliardaires habitant épisodiquement sur ce bout de désert transformé en quelques années en Mecque du capitalisme a fini par faire faillite. Ou presque.

En plein désert, il fait chaud. Normal dinstaller la clim, non ?

En plein désert, il fait chaud. Normal d'installer la clim, non ?

Pour l’instant, il ne s’agit que de demander un délai d’au moins six mois pour permettre à sa première entreprise publique, Dubaï World, d’éponger un dette modique de 3.5 milliards de dollars. Une paille quand on sait que la dette globale de l’entreprise s’élève à 59 milliards, et celle de l’état à 80 milliards, soit environ 70% de son PIB…

Et alors me direz-vous ? Alors la mondialisation ne permet pas seulement de manger des bananes toute l’année, importées dans une débauche d’énergie susceptible de faire pâlir de rage n’importe quel écolo un tant sois peu militant. Les devises elles aussi voyagent, se prêtent, s’échangent, et sont soumises à la spéculation.

Enfin, si l’on en croit les discours fanfarons des directeurs de banques européennes (BNP Paribas, Société Générale, Calyon et Natixis ont toutes annoncé qu’elles étaient peu exposées à la crise qui frappe cet émirat), il n’y a rien à craindre, tout va bien madame la marquise. D’ailleurs, même Gordon Brown le dit : “Mon point de vue est que le système financier mondial est plus fort aujourd’hui et peut faire face aux problèmes qui se posent“. Ben tient. C’est surement pour ça que les marchés financiers s’affolent, et que vous pouvez lire aujourd’hui dans tous les journaux des titres aussi optimistes que Dubai, la deuxième vague de la crise financière.

Bref, le mot d’ordre général, vous l’aurez compris, c’est l’optimisme ! Consommez, braves gens, les fêtes approches, ne vous laissez pas impressionner par quelques turbulences boursières, c’est monnaie courantes dans le monde des affaires ! Après tout, hier c’était l’Islande qui faisait faillite, aujourd’hui Dubaï, et parait-il demain la Grèce… Cela a-t-il changé quelque chose à votre pouvoir d’achat ?

Une chose cependant. Si jamais il arrivait qu’une de nos banques française se laisse entrainer par la faillite d’un émirat lointain, soyez certains que nous ne la laisserions pas plus tomber que lors de la crise précédente (car oui, la crise est derrière nous, qu’on se le dise !). C’est un devoir de solidarité nationale !

Au fait, saviez-vous que la Prime Pour l’Emploi ne serait pas revalorisé ?

5 commentaires

  • Santinèle (81 comments), le 27 novembre 2009

    “Si jamais il arrivait qu’une de nos banques française se laisse entrainer par la faillite d’un émirat lointain, soyez certains que nous ne la laisserions pas plus tomber que lors de la crise précédente”.

    Alors, éclaire-moi sur la signification de cette phrase : tu veux bien dire par là que nous sommes tous assez bêtes et ignorants ici en France pour nous accrocher à nos habitudes quoi qu’il arrive ? C’est à dire faire confiance à une Banque en faillite ?

    C’est une vraie question, pas réthorique pour un rond…je sais je peux paraître bête en la posant, mais comme ces sujets me dépasse un peu et que c’est l’occasion pour moi de m’informer, ben je lève le doigt pour poser ma question…une VRAIE question !

  • Corsaire Sanglot (51 comments), le 28 novembre 2009

    moi quand je vois une banque en faillite, chuis pas stupide, j’investis massivement, parce-que si l’action est au plus bas, c’est qu’elle va bientôt remonter.
    La crise financière c’est le meilleur moyen de s’enrichir! Le tout, c’est d’être du côté des winners… Ceux qui sont bêtes et ignorants ce sont ceux qui, par idéologie, ne veulent pas profiter du système.

  • George (169 comments), le 28 novembre 2009

    @Corsaire Sanglot : Je ne te savais pas riche au point de pouvoir investir massivement ;) Et je n’aurai pas cru non plus que tu approuves ce jeu capitaliste consistant à miser sur le travail d’autrui dans le seul but de s’enrichir de manière éhonté… Que de surprises !

    @Santinèle : Il s’agissait simplement de l’expression d’un écoeurement profond face au sauvetage des banque dont nous avons été les spectateurs lors de la “dernière” crise. Je suis hélas persuadé que les puissants nous gouvernant ne laisseront pas tomber l’un des leurs si par hasard il lui arrivait la mésaventure de faire faillite suite à des investissements stupides. Qu’il est triste de constater que cette solidarité ne s’étende pas à l’ensemble de leur compatriotes (et je ne parlerai même pas des pays dit cyniquement “en voix de développement”).
    Quand à la bêtise humaine, je pense effectivement que l’homme a un instinct bien trop moutonnier pour prendre un peu de recul et éviter de répéter ses erreurs passées. Il n’y a qu’à voir l’histoire se répéter encore et encore…

  • Santinèle (81 comments), le 28 novembre 2009

    @Corsaire Sanglot+@George : merci à vous deux, vous me confirmez de façon complémentaire que j’avais bien compris le sens de la phrase. Je suis tellement…loin du jargon et pire, je suis loin de comprendre la façon de raisonner de ce milieu financier et bancaire que je ne peux pas le cacher ! Alors autant poser des questions, comme à l’école pour combler l’ignorance.
    Et bien que je sois assez réticente à l’idée de donner un avis – ils ne sont jamais définitifs, sauf pour quelques trucs de bases, c’est pourquoi j’hésite toujours à les exposer – donc je disais, bien que j’ai du mal à donner mes avis comme çà à la cantonnade, je serais plutôt d’avis que le sauvetage des banques en pleine crise, comme un réflexe de sécurité pavlovien, en dit long sur ce qui semble essentiel pour la plupart. Les banques en tant que symbole fort de ce qui compte vraiment en Occident, ou en tant qu’entités gérées par des gens en chair et en os, qui seraient “bien nées” ?…mieux nées. Je n’ai pas cette culture de la finance, et certainement suis-je encore NAIVE…oui, mais SUPER !

  • George (169 comments), le 28 novembre 2009

    Cette idée d’un sauvetage non pas des banques en elles-même mais de ce qu’elles représentent symboliquement est effrayante… mais me parait très pertinente.
    Je regrette de ne pas avoir assez de connaissances en psychologie pour l’approfondir. Si tu t’en sens le courage, cela mériterai un article je pense.
    En tout cas, tes avis, malgré ton “ignorance” (toute relative j’ai l’impression) éclairent d’un tout autre jour mon point de vue sur les sujets que j’ose traiter sans en avoir forcément les compétences.

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