Quand un pirate décide de mettre en place un système de partage d’argent entre utilisateurs, donnant aux internautes le moyen de payer pour ce qui était jusque là gratuit, il y a de quoi être étonné. C’est pourtant ce que Peter Sunde, cofondateur de The Pirate Bay, célèbre site de torrent (permettant le téléchargement illégal de films, musique, logiciels), a décidé de mettre en place en créant Flattr.

est un système de micro-paiement permettant à ses utilisateurs de récompenser les articles, images, vidéos, logiciels, etc en leur faisant un don. Pour cela, il suffit de cliquer sur le bouton Flattr (que vous verrez à la fin de cet article). Chaque utilisateur crédite son compte d’un minimum de deux euros, ce qui, vous en conviendrez, reste modeste. Chaque mois, ces deux euros seront répartis entre tous les articles que vous aurez “flattré”. Quelque soit le nombre d’article que vous aurez décidé de récompenser ainsi, vous ne dépenserez donc pas plus de deux euros ! Une excellente manière d’encourager la création sur internet sans pour autant gréver trop lourdement son budget culture. Bien évidemment, si le montant minimum de votre contribution mensuelle est de deux euros, rien ne vous empêche de faire preuve d’une plus grande générosité en augmentant celui-ci.

Flattr est également un système égalitaire. Pour pouvoir être flatté, il faut s’inscrire et donc accepter de participer à cet écosystème en faisant preuve d’un minimum de générosité envers autrui. Ce principe me plait car il exclut la possibilité égoïste de tirer profit d’un système sans contrepartie.

Payer nécessite avoir de l’argent ou prendre un crédit. Utiliser Flattr, c’est plus un acte volontaire. C’est davantage un encouragement, ou éventuellement un don. Ca montre aussi une certaine forme de soutien social. Si vous avez 400 “like” sur Facebook, cela veut seulement dire que 400 personnes ont cliqué sur un bouton. Mais avoir 400 “flatteurs” signifie que 400 personnes ont tellement aimé quelque chose qu’ils sont prêt à le soutenir financièrement, ce qui est une grosse différence.” suite de l’interview.

Ce système permet d’encourager la création sur internet d’une manière totalement novatrice. Le fait qu’il soit mis en place par les cofondateurs de The Pirate Bay est un gage certain de sérieux et de crédibilité. Flattr compte déjà 70 000 utilisateurs, et l’objectif minimal de l’entreprise est d’atteindre le million d’ici la fin de l’année (ils en espèrent 5 !). Les petits ruisseaux font les grandes rivières, il est donc tout à fait envisageable que, par ce moyen, certaines personnes puissent se consacrer à plein temps à une tâche que les utilisateurs auront jugés utile en “flattrant” son auteur.

L’intégration de Flattr sur un site se fait de manière assez simple, par un système de plugin ou directement grâce à leur API pou les plus technophiles. Seul bémol que j’ai trouvé au plugin Flattr pour WordPress que je viens de mettre en place sur le Glob : il ne prévoit pas que plusieurs utilisateurs contribuent au même site. Je serais cependant ravi de remédier à la chose si un autre auteur de ce Glob souhaitait être lui aussi flattré pour ses écrits.

Vous l’aurez compris, Flattr est un concept que je trouve suffisamment séduisant pour avoir décidé de l’adopter pour ce blog. Si vous avez aimé cet article, je vous encourage donc, non plus seulement à le partager grâce aux boutons Twitter ou Facebook, mais également à cliquer sur le bouton Flattr ci-dessous. J’en serais flattré ;)

2 commentaires

  • Emmanuel (1 comments), le 19 mars 2011

    Penses-tu que dépenser 2 euros par mois (3 timbres-postes) pour se donner à bon compte l’impression d’être un méga-mécène qui finance des centaines d’articles chaque mois soit si payant que ça, au final ?

  • George (169 comments), le 19 mars 2011

    Rien n’empêche de dépenser plus…

    Quand à l’idée de se donner “l’impression d’être un méga-mécène qui finance des centaines d’articles chaque mois”, n’est-ce pas un peu exagéré ? As-tu l’impression d’être un méga-mécène qui finance des dizaines de journalistes quand tu achètes le canard du coin ?

    A mon sens, il s’agit plutôt de participer volontairement à un modèle économique de l’information différent de celui qui régit la presse traditionnelle. Peut-être de reconnaître également que l’étiquette “journaliste” n’est pas indispensable pour fournir de l’information de qualité (je tiens tout de suite à préciser que je ne parle pas de moi, loin de là !).

    Je ne pense pas que ce modèle soit parfait, mais les petits ruisseaux font les grandes rivières, et c’est un système qui a le mérite d’essayer de répondre aux problématiques posées par l’information non traditionnelle.

    Si ce sujet t’intéresse, je te conseille de jeter un coup d’oeil au blog de Paul Jorion, qui a décidé de vivre de son blog. C’est une autre initiative, qui montre que d’autres modèles de diffusion et de rémunération de l’information sont possibles. Accessoirement, c’est un blog économique que je trouve souvent très intéressant ;)
    Le lien de son blog : http://www.pauljorion.com/blog/

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