Par George

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Google crée sa monnaie.

L’information n’est pas toute fraiche puisque ce nouveau service, Google Checkout, est sorti début septembre aux Etats-Unis. Mais j’avoue que j’étais alors passé à coté de celle-ci. Elle me parait toutefois suffisamment importante pour vous la présenter ici.

Google Checkout est un système de paiement en ligne, dont l’objectif plus ou moins déclaré est de détroner Paypal. Mais la devise utilisée n’est pas le dollars, ou la devise de votre pays. C’est avec une monnaie virtuelle (qui elle s’acquiert bien sur en espèces sonnantes et trébuchantes) qui sert à vos achats. En toute logique, cette monnaie virtuelle devrait être à terme utilisée par tous les services Google brassant de l’argent, notamment Adsense et Adwords.

Une autre grande différence avec les système de paiement en ligne traditionnels est la suivante : “Google va proposer un système plus souple, bien moins cher, avec du CREDIT online… En effet la transaction finale en monnaie “réelle” ou “officielle”, ne sera faite qu’une fois un montant d’achats / ventes atteint… C’est de la CREATION MONETAIRE par crédit mutuel, sur de faibles montants, ou autrement de la CREATION MONETAIRE PAR LE MICRO CREDIT !” source: Agoravox.

Signe des temps de crises ? Les monnaies virtuelles ou alternatives prennent de plus en plus d’ampleur. Facebook a créé la sienne : Facebook Credits. Le SEL, alternative locale basée sur l’échange de services prend de plus en plus d’ampleur. L’on trouve également sur Twitter les Twollars ou les Exploracoeurs, autres “monnaies” virtuelles ayant pour valeurs partage et humanité.

D’une manière générale, toutes ces monnaies se sont créées en opposition au système capitaliste actuel, mettant l’accent sur l’échange, le partage, le refus de la spéculation. Il s’agit de rendre à l’argent sa dimension d’objet simplificateur de troc, et non celle d’objet de culte et de puissance.

Le cas de Facebook est clairement différent : il s’agit plus, à mon sens, d’extorquer de l’argent sous forme de micro-paiements à des utilisateurs naïfs, en échange de services n’ayant aucune utilité.

Quand à Google, personne ne pourrait faire à cette entreprise l’injure de lui supposer la moindre attitude anticapitaliste. Le micro-paiement est, de manière très consensuelle, l’avenir de la monétisation du web. Quand au micro-crédit, c’est une solution pratique et indolore pour encourager l’individu moyen à étancher sa soif de consommation sans être rebuté par une quelconque incapacité à payer immédiatement. Associer les deux tout en maintenant l’usager captif de ses outils me semble d’une efficacité redoutable, et l’on ne peux que louer le génie de Google qui s’impose peu à peu sur toutes les facettes du web.

Mais pourquoi ce géant de l’internet utilise-t-il une monnaie virtuelle ?

  • Cela permet tout d’abord de réduire les frais de transactions associés de manière inévitable à tout transfert d’argent “réel”. Gain très certainement substantiel.
  • Les sommes ayant permit d’acheter des “crédits virtuels” peuvent également être être investies et “travailler” pour le compte de Google avant d’être reversées à l’utilisateur décidant de reconvertir son argent virtuel en monnaie locale. Vue le nombre d’utilisateurs utilisant des services Google sur le web, on peut supposer que cette réserve d’argent risque d’être élevée…
  • Pour finir, “last but not least” comme disent nos chers amis opposants au système métrique, l’utilisation d’une monnaie virtuelle permet de s’affranchir totalement des taxes diverses et variées instaurées par les états sur toutes les transactions (la TVA par exemple). Croyez moi, le gain ne doit pas être minime !

Avec la création de cette monnaie virtuelle, Google devient d’une certaine manière une banque mondiale. Voir même (seul le roi peu frapper monnaie) un nouvel état, non pas virtuel, mais numérique. La comparaison est certes fréquemment utilisée, pour ne pas dire galvaudée, mais tout cela ne vous rappelle-t-il pas un fameux bouquin de George Orwell ?

5 commentaires

  • Vanille (1 comments), le 30 novembre 2009

    Cela me semble bien dangereux ! Google tout puissant à la tête de l’économie mondiale, je vois d’ici les gros titres… Mieux vaut être prévenu !

  • matt (2 comments), le 30 novembre 2009

    C’est marrant. Si on mêle les lettres du nom “George Orwell” en prenant soin de supprimer les consonnes, sauf le G, on obtient le mot suivant : Googllee

  • Santinèle (81 comments), le 1 décembre 2009

    @Matt : trop fort ton anagramme partiel car il faut aussi ôter le w…A la lecture de cet article, je sens avec encore plus d’acuité à quel point je me sens dépassée par ce que je représente pour ceux qui tirent les ficelles de la finance. “Je”, oui “je”. Car moi, toi, lui, elle…nous en tant que 1+1+1+1 sommes autant de petits pôle autour et par desquels peuvent s’organiser des transferts de flux monétaires. Parce que j’existe dans CE système, avec CES besoins et CE mode de vie, Google peut inventer une façon de me faire continuer à vivre de cette façon avec l’illusion que tout est simple…alors qu’il me lie à lui par le jeu d’une dette “indolore” comme George l’a écrit, mais inoculée par micro-goutte (encore du “micro”…à croire qu’on est sur écoute !).
    Une façon de nous prendre à notre propre addiction à un mode de vie ou l’équilibre entre la dette et le don, base de TOUTES les relations interpersonnelles, n’existe plus. Où nous devenons, nous 1+1+1+1 devant nos écrans ayant la sensation toute puissante et égotique d’être indépendant, esclaves. Aïe, le mot qui fait mal.
    Tout çà me donne l’impression d’être un globule rouge dans un organisme vivant. Tout petit, vital, dans un corp rongé de métastases. Ne se rendant pas compte de l’ampleur et de l’avancée du “mal”.
    Encore une fois, le remède est le même, inéluctable et sans retour : savoir. C’est l’ignorance des macro-fonctionnements des uns, qui permet aux autres qui savent d’en profiter. Et des ignorants et de ce savoir.
    Alors faut-il que nous nous penchions sérieusement sur la Finance pour ne pas se faire avoir…???
    Pour estimer avec justesse les enjeux, les risques, et pouvoir surtout se mettre en dehors si éthiquement çà nous rebute ?

    Savoir c’est pouvoir.
    Et sagesse permet de savoir tout en vivant comme si on ne savait rien.
    Sagesse permet de savoir sans en tirer de profit au détriment d’autrui. Sagesse permet de savoir pour prendre des décisions justes pour soi d’abord, pour les autres ensuite, par ricochet.

    Qui sommes-nous pour donc, pour ceux qui savent…pour les Mark Zuckerberg de ce monde ???

  • Santinèle (81 comments), le 1 décembre 2009

    @Matt : honte à moi ! Ton anagramme n’est absolument pas partiel et il a fallu que j’aille enfin sous ma couette, que je “put the lights off” pour revoir danser les lettres de GEORGEORWELL devant mes yeux. Et là, ce fut le drame puisque TROP TARD, j’avais déjà écris le post.
    Donc toutes mes excuses !

  • Mapics (3 comments), le 15 mars 2010

    Merci pour l’information je cherchais justement des informations sur le service Google Checkout car visiblement il ne semble pas très connue.

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