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Oui chef!

Dans le système capitaliste, ou préciserai-je dans le système capitaliste occidental, les travailleurs employés ont tendance à souffrir. Pression, humiliation, course au rendement, la liste des maux pourrait être très longue. Je ne connais pas le pourcentage de gens qui aiment réellement leur travail, qui s’y sentent bien, valorisés. Je ne connais pas le nombre de personnes qui sont en dépression et vont même jusqu’au suicide. Tapez sur Google “souffrance travail”. Le résultat saute aux yeux, le travail de nos jours ce n’est pas franchement la santé.

Mais comment en est-on arrivé là? Comment ce fait-il que cette souffrance soit devenue une norme, comment se fait-il que notre société accepte du bout des doigts de traiter cette souffrance, sans en traiter les conséquences? Pourquoi les gens acceptent cela?

Un peu d’histoire… A la veille de la Révolution industrielle, 90% de la population française vivait à la campagne. Donc entre paysans et artisans, une majorité des gens n’était pas employée mais son propre chef. Je ne parlerais pas des souffrances physiques ou de la pauvreté rurale à cette époque, ceci est une autre histoire. Les gens sont donc devenus majoritairement employés lorsque les champs ont nécessité moins de mains d’œuvres et les usines beaucoup plus. C’est donc comme cela que nous avons mis le doigt à l’engrenage.

Avec l’exode rural, les familles se sont plus divisées, la cellule familiale a été cassé. Il faut aussi considérer qu’en ville une famille ne peut disposer que d’espaces relativement restreints. Puis il est vrai que vers l’âge de vingt ans un jeune est supposé habiter dans une nouvelle cellule. Une famille actuellement donc ne peut difficilement plus être considérée comme une cellule, mais comme une ramification de cellules, multipliant ainsi toute les obligations en terme de matériel, temps, argent.

Chaque cellule ne peut compter que sur elle même et comme on le sait, l’union fait la force. Ainsi, lorsqu’une petite cellule rencontre une difficulté, celle-ci a une plus forte chance de ne pas surmonter l’épreuve. C’est tout simplement mathématique. Sur une cellule de dix, si une personne flanche neuf autres pourront assumer. Sur un couple, une personne constitue non pas 1/10, mais 50%.

Et ainsi, le tour est joué, la boucle est bouclée. Cette affaiblissement de la cellule contraint à aliéner totalement un individu à son travail, car la plupart du temps il n’y a pas d’alternative. Si je quitte mon travail, je ne pourrais pas rembourser mon crédit voiture, maison, etc. Si je perds mon travail, je perds ma cellule. Aie aie aie, en ce qui me concerne j’ai eu dès le départ de ma vie active des boutons rien qu’à cette idée d’être enchainée! (Je ne parlerais pas de mon allergie à l’autorité).

Ma solution première a été tout simplement d’être mon propre patron, indépendante. L’histoire a voulu que cela se passe aux Philippines. Et là j’ai fait une découverte pas très agréable pour un patron et que j’ai eu du mal à comprendre avec mon esprit occidental. Ici un employé pas content démissionne du jour au lendemain. “Mais enfin, il est si pauvre, comment peut-il vivre?” Très simple, au milieu d’une cellule qui ne compte pas deux éléments, mais une dizaine, l’équilibre de celle-ci est beaucoup plus fort.

Cela laisse à réfléchir. Nous voulons vivre égoïstement, individuellement, ne pas partager les même maisons, les même lieux, avoir la sensation d’être libre. Oui mais? C’est une société entière qui est esclave et qui a peur de ne pas rembourser le crédit de la nouvelle voiture qu’il me fallait absolument. Et oui, il y a des solutions, sans retourner en arrière.
Créons des cellules plus importantes numériquement, ainsi ce sera la liberté de dire au-revoir à un patron abusif et créer un rapport de force beaucoup plus sain. Très rapidement ces méchants patrons ou petits chefs changeront d’attitude. A chacun de trouver ses solutions, une cellule n’étant pas nécessairement constituée par la famille. Qu’en pensez-vous? Difficile de réfléchir lorsqu’on a la peur constante de perdre quelque chose, n’est-ce-pas ?