L’effet “El Nino” sévit actuellement aux Philippines, mais aussi dans de nombreux pays asiatiques entourés par l’Océan Pacifique en général.
Ce joli petit nom donné au phénomène de réchauffement de l’Océan Pacifique crée une espèce de chaos dans les schémas climatiques, provoquant ainsi sècheresses, inondations, récoltes détruites et en toute logique, mouvements et tensions sociales .

Une rivière assechée
Habitant aux Philippines, je me le prend aujourd’hui en plein poire, ce joli petit nom est en réalité destructeur, voire dévastateur. La moyenne des températures a déjà augmenté de au moins 1 degré Celsius, et continue sa folle course. Plus loin, à 150m sous la surface, les eaux sont en augmentation de 4 degrés Celsius! L’on peut se souvenir que les restrictions alimentaires conséquentes à cet effet (et à d’autres plus “spéculatives”) en 2008 ont provoqué des émeutes de la faim à travers le monde, ainsi que des mouvements de protestation des consommateurs européens. Les pays consommateurs de riz ont vu leurs stocks tomber à un niveau jamais atteint depuis 30 ans. Les Philippins mangent du riz trois fois par jour, le matin, le midi, le soir. C’est leur principale source d’alimentation souvent accompagné de poisson séché. En 2008, le kilo de riz est passé de 30pesos par kilo à 70 pesos. Les émeutes furent terribles. Aujourd’hui il est déjà monté à 38, et ce n’est que le début. Une famille survit avec une moyenne de 80 à 100 pesos par jour (1,5euros…). On comprend aisemment l’effet d’une montée des prix sur leur quotidien.

recoltes dévastées
L’effet “el nino”, signifiant petit enfant en relatif à Jésus, les effets se montrant souvent en période de noël, a déjà changé l’histoire par le passé; Il y a environs 1500 ans, la civilisation Moche ou Mochica souffra des terribles conséquences du “petit enfant”, ce qui la conduit à son déclin, Magellan traversa un Océan Pacifique particulièrement calme en 1520 le conduisant à la conquète des Philippines, et même peut être des récoltes si mauvaises en France en 1787/1788, menant à une révolution bien connue.
Que doit-on attendre cette année? Les querelles environnementales que je lis d’ici me semblent bien désuettes au regard de ce qui se passe ici, la montée des eaux est terrible, les plages disparaissent, les philippins continuent leur tentative de survie; l’environnement n’apparait pas ici comme une priorité, mis à part du point de vue touristique. Mon jardin brule, mais je continue à arroser, je suis assez “riche” pour payer ma facture d’eau qui soit dit en passant à plus que doublée.

Innondations conséquentes à l'effet el nino
Un peu comme en France, ou les riches continuent d’acheter des 4X4 pour rouler en ville et peuvent se permettre de ne pas penser à une taxe sur l’essence, tandis que l’ouvrier préfère quant à lui réparer les freins de sa voiture plutôt que de s’équiper d’une voiture non polluante, ou plutôt moins polluante et consommant moins d’essence.
Ironie d’une monde ou les riche peuvent se payer le luxe de polluer, et les pauvres payent les taxes sur cette pollution car ils n’ont pas les moyens de s’équiper en matériel moins ou non polluant….

CùaL (9 comments), le 12 mars 2010
Pour précision les Moche ou Mochica étaient un peuple du Pérou, principalement établi sur la côte.
Aujourd’hui de nombreuses personnes survivent sur ces côtes inhospitalières, directement sur la plage, faute d’avoir trouver refuge ailleurs. Ils sont aux premières loges de ce phénomène climatique extrêmement violent, qui transforme le climat habituellement aride en d’intenses précipitations. De plus le réchauffement de la mer près des côtes chasse les poissons, privant ainsi ces populations de leur unique subsistance.
Plus loin, dans les terres, la région Amazonienne connaît des dérèglements de la saison des pluies perturbant tout l’écosystème, donc les gens qui y vivent.
Les côtes Chiliennes, qui ne sont pas en mal de catastrophes naturelles sont également très menacées.