Par George

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Quand l’argent tombe du ciel (ou pas)

Impossible de ne pas avoir entendu parler du buzz provoqué par Mailorama.fr, site de cash-back, ayant promis de distribuer samedi 5000 bourses contenant de 5 à 500 euros place Joffre, à deux pas de la Tour Eiffel. Devant l’affluence, cette opération marketing pour le moins discutable a été annulée, provoquant frustration et émeutes parmi les 7000 prolétaires venus tenter leur chance à la pêche aux billets.

Faut-il revenir sur l’aspect légal de cette manifestation ? Bien que “le fait d’utiliser comme support d’une publicité quelconque des pièces de monnaie ou des billets de banque ayant cours légal en France ou émis par les institutions étrangères ou internationales habilitées à cette fin est puni de l’amende prévue pour les contravention de 2e classe“, la préfecture n’a pas jugé utile de l’interdire, malgré les risques évidents de débordements. D’après Maitre Eolas, le risque de troubles à l’ordre public aurait pourtant suffit à justifier cette interdiction. Il est toutefois certainement plus facile pour le gouvernement de critiquer après coup l’organisation de cet évènement que de prendre la responsabilité d’empêcher une distribution d’argent.

Mais le plus choquant dans cette affaire n’est pas là. Il réside, à mon sens, dans le fait de jeter à la face de pauvres gens, en période de crise économique qui plus est, la matérialisation de leur misère. De l’argent. Et non pas dans le but de vanter un produit, mais simplement pour faire du buzz !

Comme le remarque si bien Cassien Billier, professeur de philosophie politique et de philosophie morale à la Sorbonne interviewé par Libération, “c’est une perversion de l’aumône“. Il faut un effroyable dédain pour simplement envisager une opération promotionnelle aussi peu morale.

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Il faut dire que Stéphane Boukris, dirigeant de Mailorama et accessoirement ami de Messier, Arnault et BHL n’en est pas à son coup d’essai en matière de buzz. C’était le génial créateur du site “faismesdevoirs.com” qui, en terme de morale, n’était déjà pas des plus exemplaires. Faire buzzer à tout prix pour assurer la réussite d’une marque montre à mon sens les limites du capitalisme sauvage que certains prônent. Ou est l’humain ? Le respect ? La simple reconnaissance de l’autre en temps qu’individu et non comme élément d’une logique commerciale et financière ?

Au fait, savez vous ce qu’est un site de cash-back (ce que pratique Mailorama) ?

Le terme Cash Back (parfois écrit en un seul mot cashback) a été introduit dans les années 1970 aux États-Unis. Le cashback était initialement un système permettant aux porteurs de certaines cartes bancaires de paiement de recevoir fin décembre un pourcentage (en général 1 ou 2%) de l’ensemble des sommes réglées tout au long de l’année.
Le cashback a ensuite fait son apparition à la fin des années 90 sur Internet. Il désigne alors un système de réduction sur les achats en ligne. Le membre de la communauté d’acheteurs du site de cashback fait ses achats sur un site marchand partenaire et reçoit automatiquement une réduction. Le principe du cashback sur Internet est basé sur une rémunération du site de cashback qui est considéré comme apporteur d’affaire : il touche une commission qu’il accepte de “partager” avec le cyber-acheteur. Il s’agit donc d’une retrocession a posteriori, le plus souvent proportionnel au montant des achats effectués.

Le terme Cash Back (parfois écrit en un seul mot cashback) a été introduit dans les années 1970 aux États-Unis. Le cashback était initialement un système permettant aux porteurs de certaines cartes bancaires de paiement de recevoir fin décembre un pourcentage (en général 1 ou 2%) de l’ensemble des sommes réglées tout au long de l’année.

Le cashback a ensuite fait son apparition à la fin des années 90 sur Internet. Il désigne alors un système de réduction sur les achats en ligne. Le membre de la communauté d’acheteurs du site de cashback fait ses achats sur un site marchand partenaire et reçoit automatiquement une réduction. Le principe du cashback sur Internet est basé sur une rémunération du site de cashback qui est considéré comme apporteur d’affaire : il touche une commission qu’il accepte de “partager” avec le cyber-acheteur. Il s’agit donc d’une retrocession a posteriori, le plus souvent proportionnel au montant des achats effectués.” source : Wikipedia.

En clair, il s’agit d’inciter des gens à consommer plus, et à leur reverser, s’ils ont assez dépensé, une part infime des bénéfices que le site intermédiaire fait sur leur dos. Morale, quand tu nous tiens …

En parlant de morale, un article vient de sortir sur lepost.fr, concernant cette consternante affaire. Suite à l’annulation de son opération, Mailorama avait indiqué vouloir donner l’intégralité des sommes qu’ils pensaient distribuer au secours populaire (ces sommes seront-elles réductible d’impôts ?). Le Post, toujours prompt à surfer sur le dernier buzz ou l’ignominie du moment, a donc lancé une délicieuse polémique : le secours populaire aurait-il raison d’accepter de l’argent d’un donateur aussi peu recommandable ?

Ou comment stigmatiser une association dont peu de personnes oseraient mettre en doute l’utilité, dans le seul but d’exploiter ad nauseum un sujet déjà sur-médiatisé.

2 commentaires

  • Antigone (2 comments), le 16 novembre 2009

    Juste pour rajouter un élement:ils se justifient,en se comparant,Gainsbourg brulant des billets sur un plateau de télé.

  • George (169 comments), le 16 novembre 2009

    Gainsbourg avait l’excuse d’essayer de faire passer le message que l’argent n’est rien. Mais dans le cas présent, je vois mal ce qui justifierai autant de connerie.

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