Par Santinele

Avatar de Santinele

Les Passagers du Vent

Je sais pas pour vous, mais moi je suis assez connectée à la Lune.

Vu mes articles, jusque là rien de très surprenant.

Rien de scientifique dans cette connection, rien de prouvé, mais il se trouve que les passages pleins de notre caillou en orbite me mettent en ébullition mentale et psychique. Je fais juste le constat.

Je suis plus lucide, plus concentrée.

Et il se trouve que, la dernière semaine de janvier dernier, alors que je vivais dans un internat de Lycée, deux étages au-dessus d’un CDI très bien fourni, je suis tombée sur les 5 tomes des Passagers du Vent. Ce qui est étonnant, c’est que je me souviens très bien être entrée dans le CDI, décidée à me prendre des BD. J’ai tracé vers les bacs et La Fille sous la Dunette était là, accrochée à des cordages de bateau, avec un air détaché qui m’a mise au défi. Et derrière elle, quasiment les 4 opus de la première série des Passagers du Vent de François Bourgeon. Quasiment car il se trouve qu’une élève que je connaissais bien pour l’avoir à l’Internat – j’ai oublié de dire que j’étais Surveillante d’Internat/Externat dans ce Lycée – lisait le dernier tome, assise juste à côté des bacs : Bois d’Ebène.

J’attends et à peine a-t-elle fermé la BD que je m’en empare et remonte dans ma chambre, sous ma couette avec les 5 opus et j’entrai dans le périple en bateau d’Isa, Hoel et compagnie. Des côtes bretonnes jusqu’au Antilles, en passant par l’Afrique.

Ces BD sont archi connues, mais là j’ai pris le temps de les lire, d’un coup d’un seul. Quelle rencontre…! J’étais bouleversée. Encore maintenant, je suis vraiment impressionnée par l’épaisseur des personnages, leurs conversations, cette façon qu’ils ont d’entrer dans votre tête pour ne pas en sortir. Plus. Ils ont ce regard extérieur sur une partie de l’histoire de l’humanité qui reste encore sombre, à l’image de ceux qui l’ont fait, bon an mal an. Extérieur et malgré eux, au fur et à mesure, ils se rendent compte qu’ils participent, y trouve leurs intérêts, ou pas. Sont de toute façon obligé de réfléchir à ce qui se passe sous leurs yeux, et sous leurs pieds : embarqués sans le savoir dans un négrier, eux blancs jeunes et ignorants, mais plus pour longtemps, des réalités des relations entre les hommes de par le monde de cette époque. Pas ignorant de ce qu’est la souffrance, le déchirement, la séparation et la solitude. La colère. Surtout Isa. Mais ignorants comme tous les jeunes de toutes les époques, de la profondeur du coeur humain de tous les horizons de la planète, que ce soit pour le pire ou le meilleur.

Je crois que c’est çà que j’ai découvert avec les personnages, tous : la complexité du coeur humain face à des situations qui le dépasse. Trop énormes pour être vues et vécues avec recul. La lecture de ces BD, de cette histoire de l’Histoire, ma invitée à nouveau à me pencher sur cette face plus sombre. Mais avec confiance, avec plus de sérénité .

La Petite Fille Bois-Caïman est  la fin des Passagers du Vent. Il y a deux tomes. Je vais les lire bientôt. En attendant et pour vous donner envie, bien que je sache la plupart convaincus, voici une interview de François sur Bodoï.

Et pendant que vous lisez, moi, je vais prendre mon petit-déjeuner…

Poster un commentaire

Subscribe without commenting