Par Rita

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Le classement RSF aux Philippines

Suite au très intéressant article de George sur le classement de la France au RSF, j’ai eu la curiosité de regarder ce qu’il en est ici aux Philippines, souriant déjà a l’idée que peut-être nous bottons le cul des français. (Je suis française mais bon…)

Je trouve très rapidement l’information sur le site de Reporter Sans Frontière, utilise le petit moteur de recherche et…surprise! Les Philippines se trouve à la place 122 sur 175. Bon, j’avale ma salive. 122 sur 175 on peut le dire c’est minable, d’autant plus que je n’ai pas vraiment l’impression de vivre dans une dictature a la cubaine. Je lis l’article, essayant de comprendre la place de ce classement.

Dans la fiche pays, entre les informations de superficie, chef d’état, population on peut lire que les langues sont le Tagalog et l’Anglais. Je tique. Oui, le Tagalog est la langue officielle commune apprise dans les écoles du pays, ainsi que l’anglais. Mais ce ne sont pas les seules langues, que faire des 17 autres langues avec un nombre significatif de locuteurs, sans parler de tous les dialectes dérives? Le Tagalog représente seulement 25 millions de locuteurs comme première langue sur une population de 92 millions. (L’article Wikipedia)

Voici ensuite le résumé de la fiche :

Les médias philippins sont libres mais soumis à une violence que rien ni personne ne semble pouvoir, ou vouloir, arrêter. Les assassinats et les agressions de journalistes, et plus particulièrement de présentateurs de radios locales, sont fréquents. L’île de Mindanao est de fait l’une des régions les plus dangereuses au monde pour les journalistes.

J’y reviendrai rapidement, mais préparez déjà une carte des Philippines. Celle-ci est suffisante et claire pour ma démonstration : Carte des Philippines

Ensuite, je vois qu’en 2009 il y a eu 2 journalistes tués et un emprisonné. Pour une 122eme place, je m’attendais à quelques dizaines sanglantes et des centaines d’arrestations…

Puis vient l’article, détaillant les faits, toujours dans la région des Philippines des Mindanao. On y lit également qu’il y a quelques années, le gouvernement a crée une Task Force au sein de la police chargée d’enquêter sur les crimes de professionnels des médias, que la présidente Gloria Macapagal-Arroyo fait de la liberté de presse une de ses priorités, malgré quelques plaintes de son mari. Rien de très eloigné par rapport à notre situation française finalement.

Le dernier paragraphe est le plus intéressant à mon sens :

De leur côté, les parlementaires, confrontés aux critiques de la presse, ont préparé un projet de loi sur le droit de réponse. Cette loi prévoit que “toute personne accusée d’un crime ou critiquée pour une faiblesse de comportement” pourra exiger immédiatement un droit de réponse dans le média concerné. Le texte punit d’amendes très lourdes, de peines de prison et de censure les médias qui ne publieraient pas les droits de réponse. La Right of Reply Bill (RORB) a été qualifiée d’”acte de terrorisme contre les médias” par des organisations de journalistes philippines.

Cela me donne l’image d’une presse relativement vivante et vibrante, qui jouit d’une certaine liberté d’expression et qui jouit également de la liberté de se battre pour l’améliorer ou la garder, n’est-ce pas?
Maintenant regardez la carte des Philippines. C’est un grand pays. Au sud, la région des Mindanao. Les violences rebelles sévissent non pas dans toute cette région, mais grosso modo de Zamboanga City a Pagadian. A l’échelle du pays, cela représente une toute petite partie du territoire non? Sachant que ne sont pas inclues les principales villes comme Manille, Cebu ou Davao, donc en terme de population également c’est ridicule.

En conclusion je trouve léger de faire une analyse de la liberté de la presse en réduisant un pays à l’échelle d’une petite zone à trouble, ne sachant même pas quelles langues y sont parlées, ses mêmes langues qui s’expriment dans une presse finalement bien loin d’être opprimée. Messieurs les journalistes européens fiers d’une petite morale blanche, honte à vous! Etudiez et voyagez sérieusement…quelles sont vos sources pour juger ainsi un pays dont vous ne connaissez même pas la géographie?

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