Par Antigone

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Paysans pas vaches à lait

«la bonne politique a le secret de faire mourir de faim ceux qui, en cultivant la terre, font vivre les autres.» Voltaire

Aujourd’hui, j’utilise mon dernier joker, mon dernier pouvoir : je choisi l’heure de ma mort.
Aujourd’hui je vais vider mon tank, comme on vide son sac.
Aujourd’hui, je vais ouvrir la vanne comme on s’ouvre les veines.
Agriculteur anonyme (source:http://apli-nationale.org/blog/index.php?2009/01/28/4-suicide-collectif
)

Le 24 septembre,l’APLI,(Association de Producteurs Laitiers Indépendants) et l’EMB (European Milk Board) faisaient le choix de suspendre, la gréve du lait. Suspendre et non arrêter,car il nécessaire de maintenir la pression sur le ministre de l’agriculture,Bruno Lemaire,dans le cadre de négociations européennes. Dans cette optique, des actions sont menées un peu partout,(opération mairie morte à St-Étienne en solidarité avec les laitiers,1500 tracteurs ont envahi les rues de Strasbourg le 3 octobre,piscine de lait…).

La gréve du lait,a put heurter quelques âmes sensibles ou peu informées. Il est vrai que jeter un aliment est un acte choquant…mais il est tout autant que maintenir dans la pauvreté les agriculteurs. Par ailleurs, il faut bien prendre conscience que jeter le fruit de son travail et son salaire n’est pas un acte que l’on accompli avec frivolité,d’autant plus quand le travail malgré tout doit être accompli et que les charges financières s’accumulent.

Si les laitiers en sont arrivés à des actes radicaux, c’est que leur salaire ne cesse de baisser. L’illustration avec quelques chiffres:en 1987,le litre de lait était payé l’équivalent de 30 centimes, actuellement le tarif moyen se situe entre 22 et 25 centimes,alors que le coût de production est estimé, au minimum, autour de 33 centimes par litre(source:Le Canard Enchaîné de 30/09/09.)
Cette baisse de revenu, qui touche dans des proportions variantes toute l’Union Européenne.,a pour la premier fois, débouché sur des actions coordonnées dans différents pays européens,(notamment en Belgique,mais aussi en Italie et Espagne).

Quand au consommateur,bizarrement,il n’a pas vu baisser le prix des produits laitiers. Revenons aux chiffres. En 2008, le prix moyen du litre de lait été de 33 centimes d’euros, le coût de revient était estimé à 3c/L….et le prix du litre d’un lait de marque était de 1,05 euro. (source:http://quisegaveleplus.com/).

Pour finir, prenons un peu de hauteur. Les maux qui touchent les laitiers sont non seulement communs à tous les agriculteurs mais également à de nombreuses professions en France: salaire de misère,grosses structures privilégiées au détriment des structures à taille humaine,syndicats divisés et éloignés de la base, individus isolés et individualisation des salaires,(en effet,malgré des difficultés communes,les situation des agriculteurs sont disparates en fonction de leur région et de la taille de leur exploitation).

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