Par George

Avatar de George

A la recherche du temps perdu

A la recherche du temps perdu” de Proust. C’est ce que lirai Nicolas Sarkozy, apprend-on ce matin. Quelle information lourde de conséquence ! Vous n’en doutez certainement pas plus que moi, il s’agit certainement, une fois encore, d’une communication élyséenne parfaitement maîtrisée. En terme d’image, notre président ne laisse jamais rien au hasard.

Alors que veut donc nous dire l’appareil de communication de l’état ? Les mauvaises langues persifleront qu’il ne s’agit que de nous apprendre que Sarkozy sait lire. Mais foin de cette grossière animosité anti-présidentielle primaire. Ce n’est point tant la révélation d’une alphabétisation probable du chef de l’état qui est ici en question. C’est le choix du livre présenté qui revêt toute l’importance d’un tel tapage médiatique.

Vous aurez peut-être remarqué qu’un procès retentissant débute aujourd’hui, l’affaire Clearstream, opposant Nicolas Sarkozy et Dominique de Villepin ? De Villepin, vous en conviendrez a l’étoffe d’un grand chef d’état : distingué, cultivé, la particule discrête mais présente, maîtrisant parfaitement les arcanes de la politique, et surtout de la diplomatie, il a une prestance indéniable. Tout le contraire de la partie civile, laquelle, malgré les apparences, peut pourtant se targuer d’une certaine réussite politique.

Un des moyens de redorer un blason quelque peu terni par des propos fleurtant parfois, hélas, avec la vulgarité la plus crasse, ou par un gouvernement revendiquant outrancièrement un terroir auvergnat peu adapté à l’eucuménisme officiel de l’UMP en matière d’ouverture raciale, a peut-être été de montrer notre présidentiel plaignant (victime me paraissait outré) un livre à la main. Et quel livre ! Du Proust ! L’un des auteurs français réputés parmi les plus ardus, pour ne pas dire soporifiques !

Il devient dès lors bien difficile de présenter un homme lisant l’un de nos classiques les plus plébiscités comme un vil manipulateur. Et Nicolas se hisse ainsi, si j’ose employer cette image peu flatteuse, au rang d’un Dominique renommé pour sa rutilante érudition. Quand au choix du livre en lui-même, vous conviendrez qu’ “A la recherche des jeunes filles en fleur” eut été plus délicat à manier.

C’est d’ailleurs tout un symbole que cette “recherche du temps perdu“. Surtout de la part d’un homme tant réputé pour son hyper-activité. Mais que veut-il donc dire ? Faut-il y voir un aveu post-électoral ?

Poster un commentaire

Subscribe without commenting