Dernier volet d’une question ouverte depuis les régionales, enfin sur le Glob : la citoyenneté et tout ce qui en découle.

Je ne m’étais pas positionnée et je savais que j’allais le faire d’une manière ou d’une autre. Et là, l’occasion est toute trouvée puisque je suis à Paname de mars à juin – de cette année bien entendu. J’étais en Bretagne avant et croyez-moi, sans une bonne raison, une TRES bonne, je ne serais jamais venue dans cette île battue par les flots mais qui – malheureusement/heureusement ? – jamais ne sombre. Nec mergitur. Çà fait un moment que çà me taraude de venir. Et l’occasion s’est présentée, je l’ai saisie, je ne regrette pas malgré la rudesse Lutécienne du métro – je suis traumatisée par ces sarcophages roulants roulant vers les enfers (notez la redondance délicieuse de “roulant” en adjectif verbal puis en participe présent ).

Mon positionnement quant au vote et à toute la batterie de possibles transitant en un carrefour californiesque et protéiforme autour de la notion de citoyenneté, tient à la raison de ma venue à Paris. Et cette raison : me rapprocher d’une association inédite dans l’Histoire des associations antillaises en France puisque son fondement tient à ce seul mot, mémoire. Avec un petit m et un grand M.

Bien grand mot, beaucoup de débats ces dernières années à ce propos. Je suis tout autant fascinée par cette nouvelle tendance à se tourner vers sa propre histoire (individuelle) et sa propre Histoire (collective) que sujet number one volontaire et consentant à l’exercice. Oncle Wiki a déja compris qu’il fallait traiter les sujets connexes : CommémorationDevoir de mémoireLoi mémorielleConcurrence des mémoires. Je dois les lire maintenant…

Femme-racine

Et donc la mémoire selon ces personnes issues des Antilles. L’association existe depuis 1998, depuis une marche silencieuse…mais je vous laisse allez sur le site du CM98 pour voir vous-mêmes l’historique de cette démarche encore une fois inédite. Et moi je l’ai découverte – l’association – depuis 2007, année où j’ai traversé la France d’Est en Ouest, c’est à dire de Nancy à Quimper, parce que.

Mais évidemment, la question mémorielle liée à mes ascendants s’était déjà levée il y avait quelques années de çà dans ma propre nuit identitaire. Et comme on ne peut cacher le shagma très longtemps (ceux qui se souviennent de ce qu’est le shagma, merci ! Pour les autres, cliquez sur le lien et vous découvrirez un dessin animé que j’ai beaucoup aimé enfant et que je regarderai bien jusqu’au bout d’un épisode à l’autre à l’occasion. Il paraîtrait que ce dessin-animé serait une introduction à la psychohistoire inventée par ce bon vieil Asimov…mais c’est une piste de réflexion à suivre plus tard) il m’a fallu suivre les Mondes Engloutis, jusqu’au creux de mes terres intérieures…

Et donc, depuis que j’ai trouvé cette asso, je me suis tenue au courant assez régulièrement. Depuis le Finistère par le biais du site. En rencontrant les membres fondateurs (donc voyages à Paname exprès) et en correspondant avec eux (j’adore écrire, vous croyez çà vous ?)…Par vagues en somme. En général toutes les fois où ces questions de mémoire/Mémoire, d’Histoire et d’histoire etc. me revenaient en pleine face, sur le devant de ma scène, au fin fond de ma camera obscura. Bref, à chaque fois que s’imposait à moi selon les circonstances vécues au quotidien. A chaque fois aussi que la question fondamentale de ma citoyenneté (et elle se pose assez souvent d’ailleurs, avec ou sans occasions de voter…) et de ma façon de la vivre hic et nunc me tordait les boyaux de la tête, et du coeur.

Chemin faisant, auto-coups de pieds au derrière oblige, je suis venue à Lutèce. Pour m’approcher et participer aux activités proposées par cette asso, en personne, ici à Paname puisque le siège est dans le XXième. Surtout pour prendre la température niveau démarche gobale en rencontrant les gens qui composent l’asso. Je suis arrivée le 5 mars dernier et dès le lendemain il y avait une conférence sur la matrifocalité à Bondy (cf seconde vidéo pour comprendre le concept). Je suis à Paname uniquement pour çà. Çà coûte d’ouvrir des dossiers pareils, mais parfois on a pas le choix selon le dossier. Celui-là est fondamental. Et à chaque fois que je fais une action significative vers le “plus de sens”, comme venir à Paris exprès pendant quatre mois, la vie a disposé les choses de façon bienveillante. Par exemple, j’ai des potes ici, pas forcément antillais, mais situés au carrefour des peuples, ouverts, bourrés d’humour, humains à souhait (qui vont donc aux toilettes) et aimant la bonne bouffe, la musique qui te fait branler du chef comme quand on écoute du Jazz en se disant “Yeah, keep on saving my soul like this man”, et les parties de Scrabble. Je mets une raclée à qui veut, au passage.

Il y a un tas de choses à dire là-dessus. Mais Serge Romana, le président du CM98 le dit mieux que moi en ce qui concerne ma façon d’aborder ma propre citoyenneté. Il est d’ailleurs la première personne de l’asso que j’ai rencontrée, c’était en octobre 2007. Deux petites heures intenses qui m’ont bouleversées. C’était fort, mais j’étais pas prête à ouvrir le dossier Mémoire si brusquement, c’est à dire au point de migrer vers Paname dès cette époque. J’étais à peine arrivée dans le Finistère, mollo. Et puis le soleil se lève pas vite – ou le shagma pour ceux qui ont capté l’allusion.

Début mars 2009,  il est passé dans C dans l’air. Voici ce qu’il dit de cette démarche qui est la mienne, la sienne, celle d’une poignée de ressortissants des Antilles Françaises dans la vidéo qui suit cet article.

Question d\’identité : LKP \”revendication cachée\”… (1/2)

Question d\’identité : LKP \”revendication cachée\”… (2/2)

Je parle peu de ces choses – il faut vraiment me pousser… – et ce que dit le président de l’asso, l’engage lui-même dans un premier temps. Ne pas perdre çà de vue en visionnant l’émission. Quant à l’autre gars qui intervient, je ne sais pas qui c’est du tout. Pour en revenir à Serge Romana je ne remplace pas ma voix par la sienne. Mais il se trouve que ma démarche, il l’a entamé bien avant moi et que pour l’instant, je l’écoute tout comme j’écoute d’autres qui gravitent de près ou de loin autour de cette association. Je ne perds absolument pas de vue que personne n’est parfait, mais j’ai du respect pour ceux qui s’engagent sur des voies inexplorées et qui avancent au coupe-coupe dans la jungle du sens avec un qui m’aime me suive dans les yeux du dos. J’ai du respect car contrairement à moi, il est né dans l’île où ses propres parents sont nés, moi je suis née pas loin de Paname – et oui. Et j’ai grandi dans l’Est, avec des sabots. Je n’ai pas son petit accent sans r…

Enfin bref, je suis dans une étape. Et je comprends qu’en parler me permets de ne pas oublier la dimension universelle de ce besoin de racines clairement identifiées, exhumées nettoyées. Soignées et arrosées régulièrement. Quelles qu’elles soient. Pour pouvoir bien déployer ses ailes, (ou ses branches, ses feuilles, ses fruits) plutôt que d’être encombrées par elles…si çà vous rapelle quelque chose…

Et donc ma position : M Romana la formule très bien tout à la fin de la deuxième vidéo…il va donc vous falloir visionner pour le savoir !

Affaire à suivre ?

PS : si seulement tout ceci était un Poisson d’Avril, aaah, si seulement je pouvais ne pas avoir besoin de faire tout çà…

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