Par Santinele

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Citoyen

En pleines régionales, on discute dans certaines chaumières sur l’utilité de voter – ou pas.

J’écoute et j’observe. Pour ma part, j’ai toujours vu tout le monde voter dans mon entourage étant enfant, donc aujourd’hui j’aurais tendance à dire qu’y aller ne mange pas de pain, c’est bon pour l’image en plus car finalement, ce qui se passe dans l’isoloir – normalement – ne regarde que soi.

Néanmoins, je me pose la question du pourquoi voter. Et automatiquement me vient la réponse du devoir de citoyen. Et là, étant donné que par ma naissance même en territoire français (droit du sol) et par ma filiation (droit du sang) je suis française et donc que le vote est un droit voire un devoir…c’est la fin de l’histoire, affaire classée, autre question ? suivant.

Mais bon évidemment pour moi çà ne s’arrête pas là. Certains votent parce qu’il faut changer les choses. D’autres ne votent pas parce que ces mêmes choses sont tellement à changer que rien que le fait de ne pas voter, modifie un peu les choses puisque à ma propre échelle, je fais la France. Si je ne vote pas, je change un peu la France…et l’idée c’est que la somme des abstentions pourrait à grande échelle, obliger les décideurs en haut lieu à se poser les vraies questions concernant le fonctionnement du système dit universel du suffrage.

Voter, pas voter. Dans mon entourage, certains votent, d’autres ne votent pas…mais pour les mêmes raisons. C’est là le plus dingue de toute l’histoire. Alors ?

Je crois qu’il y a là une question de fond concernant le ressenti que nous avons tous, intime par définition, complexe et difficile à exprimer, vis-à-vis de notre propre citoyenneté. Il y a réellement une question à se poser, tranquille et serein concernant ce que nous ressentons vis-à-vis de notre citoyenneté héritée automatiquement par la naissance ou par le sang si on est français. Par la naissance, on est citoyen, mais dans les faits on devient citoyen, c’est à dire un acteur de la Cité. “La citoyenneté est le fait pour une personne, pour une famille ou pour un groupe, d’être reconnu comme membre d’une cité (aujourd’hui d’un État) nourrissant un projet commun et qu’ils souhaitent y prendre une part active.”  (Wikipédia)



L’attitude civique s’hérite, puis s’apprend et se cultive. Et çà…çà dépend de notre vécu familial, de notre sensibilité, de notre degré de conscience collective aussi. C’est vrai, on ne choisit pas de naître ici ou là, mais rien qu’en naissant, on arrive dans un système ou dispositif complexe dont on prend conscience plus ou moins tôt, selon qui nous “reçoit” à ce moment-là de notre vie (là je parle des parents ou des personnes qui nous élèvent). Et çà prend du temps de se sentir citoyen, d’avoir des convictions civiques pour des actes civiques.

Et c’est là que je laisse la main à ceux et celles qui ont des choses à dire là-dessus. Pour ma part, je sens que je suis toujours en devenir civiquement et citoyennement parlant. J’ai conscience aussi du côté opaque de la gestion de notre pays, rien ne filtre et très honnêtement, puisque pour savoir ce qui se trame, il faudrait s’approcher…je reste en retrait car j’ai pas envie de m’approcher d’un énorme pot de chambre qui pue, car c’est comme çà que je métaphorise l’activité de nos décideurs, ce qu’ils pensent et font .

Alors, citoyen ?

11 commentaires

  • Mapics (3 comments), le 15 mars 2010

    Ma femme est conseillère municipale dans notre village, alors ça me coute rien car elle doit si rendre de toute façon pour 2 hrs a chaque élection pour aider alors je vote.
    Je ne vote jamais pour un partie mais pour un programme seulement, je ne vote pas par devoir mais parce que je pense qu’il faut dire se que l’ont pense.

  • hidalgo (119 comments), le 15 mars 2010

    Pour ma part, j’accepterai volontiers que voter soit un devoir, si et SEULEMENT si le vote blanc était pris en compte. L’on devrait avoir le droit de ne pas être obligé de choisir ce que l’on nous propose. Voter c’est dire ce que l’on pense, ce que l’on souhaite. Mais la constitution nous interdit de dire ce que l’on ne souhaite pas, un gouffre dans le concept de la démocratie à mon sens.
    Les politiques se cachent derrière l’abstention avec des analyses toujours dirigées contre le parti d’opposition, alors qu’un vote blanc massif constituerai une véritable force, une remise en question de chacun des mouvements politiques.
    Les gens ne votent plus car ils en ont marre, marre de tous ces partis qui, au font, se ressemblent, s’assemblent, de déchirent entre eux, oubliant le fondement même de leur rôle CITOYEN.
    Donnez moi un joli papier blanc qui sera comptabilisé et je me ferait un plaisir de voter plutôt que de regarder dr House à la télé….

  • Corsaire Sanglot (51 comments), le 15 mars 2010

    à mon avis, le gros problème de la démocratie à l’heure actuelle, c’est qu’on peut élire quelqu’un en votant, mais qu’on ne peut pas le virer. Plutôt que de réserver une place au vote blanc qui, tout autant que l’abstention, risquerait d’être interprété au bénéfice de n’importe quel parti, il faudrait réhabiliter l’ostracisme; cette pratique démocratique Athénienne permettait
    1° de voter pour savoir s’il y avait lieu de bannîr quelqu’un de la cité (pour une durée de 10 ans, de quoi mûrir son programme…)
    2° et si ce premier vote était positif, de voter pour savoir qui il fallait virer.
    Autant dire que les types un peu trop démaguo qui prenait les gens pour des cons ne restaient pas longtemps en place. http://fr.wikipedia.org/wiki/Ostracisme_%28Gr%C3%A8ce_antique%29
    Autre problème à mon sens encore plus grave, c’est que la politique est presque devenu un métier à part entière, du coup c’est toujours les mêmes qui nous représentent, pendant 50 ans, puis après ce sont leurs enfants etc. Le plombier fait de la plomberie, l’informaticien de l’informatique, et le politicien de la politique. Dans ces conditions, comment voulez-vous que l’homme politique soit “représentatif” de ses concitoyens?

  • hidalgo (119 comments), le 15 mars 2010

    ok ok je te le concède mais c’est bien parce que t’es hyper mega culturé en matière de politique athénienne hahahaha!
    En tout cas, l’idée de pouvoir virer son président de la république, mmmmmhh ça me plait!

  • Bloody Vengeance (33 comments), le 15 mars 2010

    Pouvoir virer son président, ça plait peut-être, mais ça risque aussi de donner lieux à des fortes instabilités politiques comme celles présentes à la fin de la troisième république, juste avant la deuxième guerre mondial.

  • barbemusicale (28 comments), le 15 mars 2010

    Cela dit, il me semble que c’est juste avant la troisième guerre mondiale que sont apparus les congés payés, les conventions collectives, les semaines de 40 heures… Avec Léon Blum et le front populaire. Je viens d’ailleurs de réaliser qu’il y a quelques points communs entre cette période et aujourd’hui: sortie de crise, un petit brun un peu nerveux élu président; j’espère que les similitudes s’arrêteront là.
    Si on change de gouvernement comme de chaussette, ça ne me gène pas en soi. Du moment que le résultat est bon, ça me va. En plus, on aurai plus de chance de devenir président.
    En terme d’instabilité politique due à trop de gouvernements successifs, je dirais que la quatrième république n’est pas mal non plus dans le genre. Pourtant, c’est à cette époque que la peine de mort a été abolie.
    On devrais tous s’assoir autour d’une grande table, c’est plus agréable de refaire le monde devant un truc à boire ou à grignoter.

  • Corsaire Sanglot (51 comments), le 16 mars 2010

    la peine de mort a été abolie en 81 par mitterand, et donc sous la Ve république (la quatrième s’arrête en 58 avec le retour de De Gaulle). Ceci dit j’ai tendance à préférer un pouvoir parlementaire comme sous la IVe qu’un exécutif trop fort. De Gaulle s’était taillé une constitution sur mesure, et ses successeurs en ont profité pour accroître les pouvoirs présidentiels (et cette tendance va bon train depuis quelques temps…). Si l’éxécutif était moins fort, il y aurait moins de risque d’instabilité à en changer souvent.
    C’est vrai qu’on ferait bien de se faire une grosse bouffe bien arrosée, pour ma part, plus que six semaines de cours et je suis dispo!

  • hidalgo (119 comments), le 16 mars 2010

    oui a l’abolition de la 5eme république!!!!
    oups m’enflamme là…comme d’hab, le pire c’est que je sais pas très bien quoi proposer après…comme beaucoup d’entre nous. Ah si, j’ai encore quelques rêves d’un monde joli tout plein ou il suffirait de se faire une bonne bouffe bien arrosée pour guerir le monde, m’enfin c’est mieux que rien me direz vous.
    Allez amusez vous bien avec votre président, nous ici aux Philippines, c’est les elections dans un mois, on as pas le droit de servir de l’ alcool ce jour la, ca craint pour mon biz lol. Mais ce qui va suivre, ben..comme d’hab, corruption, corruption et..corruption.

  • barbemusicale (28 comments), le 16 mars 2010

    @Corsaire Sanglot: Oups, au temps pour moi. Merci d’avoir rectifié.
    Ça serais pas mal aussi, que le pouvoir législatif soit réellement indépendant du pouvoir exécutif, on pourrais par exemple interdire les doubles mandats. Que les responsables soient réellement, comment dire…. responsables. Et qu’ils considèrent leur statut comme simplement un boulot.

  • Claire (2 comments), le 3 mai 2010

    Ma chère Santinèle, juste ceci, le message date mais voila, il y a une question sur laquelle je veux revenir. La citoyenneté, c’est quoi exactement “le fait pour une personne, pour une famille ou pour un groupe, d’être reconnu comme membre d’une cité (aujourd’hui d’un État) nourrissant un projet commun et qu’ils souhaitent y prendre une part active.”
    Est ce qu’on peut parler de citoyenneté dans notre monde? Franchement! Dans l’idée, c’est bien beau, la participation de tous pour construire des choses, où tout le monde y apporte sa touche, ça donne une grande richesse d’idées, des trucs super…
    Mais avec la meilleure volonté du monde je n’arrive pas à trouver ça dans le système “démocratique” actuel. Je ne vote pas, et pas exactement parce que je pense que la somme des abstentions pourrait changer les choses à grande échelle, plutôt par dégoût, parce que je pense sincèrement que ça ne sert à rien du tout. Vraiment. Et ça ne sert à rien du tout non plus de ne pas voter, sauf que comme ça je ne cautionne pas un système malade.
    Et pour revenir à la définition de la citoyenneté, je ne sais pas exactement quel est le projet de l’Etat, mais je ne suis pas sûre de vouloir y prendre une part active.
    Pour finir sur une autre note, je crois que le meilleur moyen d’être utile à la société c’est de lui montrer d’autres voies, de ne pas avoir peur de faire autrement, d’arrêter d’être “normal” en tout temps et tout lieu. Et CA, ça fait avancer. Nous sommes des exemples les uns pour les autres, bons où mauvais.

  • Santinele (81 comments), le 3 mai 2010

    @Claire : …j’avais commencé un commentaire mais il a changé de statut en cours d’écrivage : c’est un article maintenant !
    ———————————–
    http://glob.bargeo.fr/fr/actualite/politique/citoyen-4/

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