Pour ceux qui ne le savaient pas les élections européennes d’hier n’intéressent pas grand monde. 60% d’abstention environ, c’est un chiffre qui parle de lui-même.

Inutile de revenir sur le fait que la campagne électorale a été baclée, et qu’au moment d’aller voter bien peu d’électeurs avaient fait leur choix ou en étaient vraiment convaincu. C’est d’ailleurs la première fois que je vois des appels à l’abstention lors d’une campagne, sous couvert de protester contre l’Europe. L’abstention, comme tout un chacun le sait, profitant généralement à la droite…

Il n’y avait qu’à se rendre sur Twitter hier pour mesurer l’intéret d’une partie de la population pour ces élections : l’on y parlait essentiellement de la finale de Rolland-Garos, sujet, l’on en conviendra, bien plus captivant que les obscurs discours politisant des principaux leaders des différentes formations politiques en lice.

Je n’aurai pas la prétention de faire ici une analyse politique de ce vote, je n’en ai ni la capacité, ni l’envie. Mais un point essentiel m’a tout de même frappé : il s’agissait d’élections européennes.

Hors, nous n’avons pu assister qu’à de mesquines luttes franco-françaises afin de se positionner au mieux sur l’échiquier politique en vue des élections qui comptent réellement : les régionnales, mais surtout, la présidentielle de 2012. Qui s’intéresse à l’Europe ? Personne. Ou presque.

N’ayant moi-même pas cherché outre mesure à m’informer sérieusement sur les propositions que faisaient chaque liste se présentant, comme, hélas, la majorité des français je présume, je me suis contenté des tracts officiels de chaque groupe. J’ai tout d’abord écarté ceux, nauséabonds, de l’extrème droite primaire, ainsi que celui, je l’avoue, de la majorité actuelle. Puis ceux se contentant d’une critique facile, mais sans propositions concrètes, de notre roi président.

Et là, surprise, un seul surnageait à la surface : celui d’Europe Ecologie. Pas de propagande anti-sarkosyste, pas d’ambition démesurément visible d’être calife à la place du calife, simplement des propositions claires, concises, en vue d’améliorer le futur des citoyens européens.

Alors en voyant ce matin les quelques analyses sur ce vote ayant écarté le PS, confirmé l’UMP (27%, quelle belle victoire quand on est supposé représenter la majorité ! ), et surtout “créé la surprise” avec les Verts, je suis pris d’un léger dégout.

Il n’y en a, encore et toujours, que pour la France. Cela ressemble à un concours de bites pour savoir qui aura le plus de chance de devenir le nouveau chefaillon d’un pays durement touché par la crise. Pas par une crise économique, non ! Par une crise sociétale, par une crise de confiance dans des politiques promettant beaucoup et tenant rarement, par une crise de tous ceux  qui, tellement écoeurés qu’ils ne voient plus l’intérêt de voter, sont persuadés que rien ne pourra de toute façon changer.

N’y a-t-il donc pas un seul abruti parmi tous ces journalistes, analystes, et autres trou-du-culs endimanchés à se rendre compte qu’il s’agissait d’un vote concernant l’avenir de l’Europe et non celui de la France seule ? Et que les rares électeurs à s’être déplacés n’en avaient peut-être rien à faire des mesquineries habituelles de nos hommes politiques et n’ont pas voté Vert à cause d’un film mais simplement parce que c’était le seul groupe à proposer quelque chose au niveau européeen ?

Je ne pensais pas en commençant cet article devenir aussi virulent, ni afficher mes idées si clairement. Mais j’avoue en avoir marre de nos petites luttes intestines à la seule échelle nationnale (sans parler de celles de la “Gauche”, toutes branches confondues). Et je suis excédé d’avoir le sentiment d’être pris pour un con et de n’être qu’une voix broyée dans le moulin des petites magouilles de pouvoir de nos politiciens français.

Suis-je le seul ?