J’ai souvent pour habitude de fustiger violemment les acteurs politiques immoraux, les peuples moutonniers, et de manière générale l’humanité dans son ensemble. Ceux qui me cotoient connaissent bien mon caractère rarement primesautier ou guilleret, tendant vers le pessimisme, même si je me définirais plutôt comme étant réaliste.

Et voilà que je tombe, pas plus tard qu’il y a quelques instants (l’indication temporelle était inutile, je n’en disconviens pas), sur cet article de Rue69 : Au Kenya, la grève du sexe force les politiciens au dialogue.

La plupart des lecteurs n’ayant pas forcément le temps ou le courage de lire l’article sus-cité, en voici un bref résumé. Pour une meilleure compréhension des faits, j’y joins également un petit historique de la situation politique kenyane ayant ammené à cet acte politique pour le moins inhabituel :

Le 27 décembre 2007, les élections au Kenya sont violemment contestées en raison de fraudes massives. Le camps du président Mwai Kibaki et celui de son principal opposant Raila Odinga en viennent aux mains. Les Kikuyu, ethnie soutenant traditionnellement le président fraichement réélu sont pris à partis, et l’on fait état, quelques jours plus tard, de nombreux morts.

Divers pays d’Afrique, l’ONU, la communauté européenne, s’alarment alors de ces “troubles” et entament des négotiation afin de rétablir la paix dans ce pays.

Chose assez rare pour être soulignée, malgré les massacres (environ 1500 en deux mois) et 300 000 personnes déplacées, dans un climat de tensions ethniques grave, un gouvernement “stable” fini enfin par voir le jour, composé du président Mwai Kibaki et de son opposant Raila Odinga qui devient premier ministre. Hélas, l’accalmie n’est qu’apparente et les deux hommes refusent actuellement tout dialogue.

Nous en venons alors à l’article de Rue69 que je citais précédemment :

“Des Kényanes ont fait la grève du sexe pendant une semaine pour pousser les politiques à assumer leurs responsabilités. Pour la coalition d’ONG féminines à l’origine de cette campagne, le but est atteint : le président et le premier ministre, qui ne se parlaient pas depuis des mois, se sont rencontrés trois fois.”

Je trouve remarquable que des femmes, qui plus est dans une société fortement patriarcale, aient réussi, sans aucune violence, à rammener ces deux hommes politiques à la raison. Le moyen employé peut paraître saugrenu, mais son efficacité est indiscutable. C’est tout un peuple qui, grâce la volonté de ces femmes courageuses, peut enfin avoir l’espoir d’une vie meilleure. Et il n’y a pas eu besoin pour y arriver de faire de manifestations, de grèves, voir de révolution ! En une semaine, ces femmes déterminées ont réalisé ce qu’aucune puissance diplomatique n’avait réussi à obtenir : un espoir de paix.

En cette période de crise sociale que nous traversons voilà un exemple à méditer…

PS :

Pour un historique plus détaillé de la crise au Kenya, allez donc voir, par exemple, sur Wikipédia.

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