Il devient actuellement impossible de nier l’évidence : l’Iran traverse aujourd’hui une crise particulièrement grave, l’on peut même parler de guerre civile ou de révolution. Depuis les élections très controversées du 12 juin 2009, des manifestations dans Téhéran, et les principales villes du pays, ne cessent de voir le jour. La censure et la répression policière à l’encontre des manifestants sont de plus en plus violentes.

A l’origine des nombreuses manifestations, une fraude électorale massive, ayant permis au président sortant Mahmoud Ahmadinejad d’être réélu à une majorité pour le moins contestée (voir cet article du Guardian). Les partisans du grand perdant de ces élections, Mir-Hossein Mousavi, descendent donc dès les résultats officiels connus afin de protester contre des élections truquées, et réclament, sous le slogan “Where is my vote”, que leur candidat soit nommé président, ou au moins de nouvelles élections sous contrôle international.

Un symbole de cette opposition s’impose rapidement : la couleur verte. Les leaders du mouvement parlent de “green wave” (vague verte), et espèrent que celle-ci se répande sur tout l’Iran.

La lutte entre les deux factions se durcit au fil des jours. Le gouvernement en place impose une censure digne des pire dictatures, renvoyant chez eux les journalistes étrangers ou les consignant dans leurs hôtels. De nombreux journalistes iraniens, sympatisants de Moussavi sont emprisonnés, les journaux de l’opposition sont purement et simplement fermés. Afin d’empêcher les opposants d’alerter l’opinion internationale, les réseaux téléphoniques sont étroitement surveillés, voire coupés.

Dès lors, la guerre de l’information se poursuit sur internet, et principalement sur Twitter, ce média étant techniquement difficile à interdire d’accès, car trop décentralisé, contrairement à Youtube ou Facebook.

C’est grâce à de courageux iraniens, la plupart du temps relayant les informations dont ils disposent à des personnes n’habitant pas le pays, lesquelles se  chargent de les rediffuser, que nous avons pu, tant bien que mal car la désinformation est particulièrement importante, être informé des évenements dramatiques se passant en Iran.

Depuis quelques jours, la communauté internationale semble enfin, presqu’à regret ai-je l’impression, ouvrir les yeux sur cette situation intolérable. Les manifestations de soutien, dans de nombreux pays, devant les ambassades iraniennes y sont peut-être pour quelque chose. Le phénomène Twitter, ayant beaucoup fait couler d’encre, y a certainement contribué.

Voici  deux vidéos expliquant les revendications des iraniens :


Et un récapitulatif, texte (anglais) et photos, des faits marquants des dernières semaines :

http://cryptome.org/iran-police/iran-police.htm

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