Parmi mes connexions facebookiennes, beaucoup soutiennent ouvertement Israël, autant postent régulièrement des liens pro-palestiniens.

Moi, au milieu, ni d’Israël ni de Gaza, simplement femme, humaine. J’essaie de me faire une opinion.

Ce que je lis sur les murs Facebook de mes amis et autres connexions d’Israël, c’est de la tristesse, du regret. Regret de voir leur pays, une fois de plus, engagé dans des combats qui semblent interminables. D’entendre leur famille, au téléphone, à l’heure du thé ou déjeuner, soudain s’affoler et raccrocher la ligne pour courir s’abriter. Puis le silence. L’attente. Les prières.

La rage haineuse semble généralement absente et laisse place à des observations contrites, désolées. A l’incompréhension.

Il y a aussi cette colère, muée en volonté concrète de défendre leur intégrité. Des posts, généralement sans commentaires, sur les horreurs de la guerre. Des statuts, des groupes avec des mots d’amour et de soutien adressés à leurs proches restés au pays. En moins de trois jours, le groupe français ‘Israël I love you’ sur Facebook rassemble déjà plus de 2000 personnes.

La manifestation du 20 novembre à Paris a rassemblé jusqu’à 7000 participants, selon les organisateurs. Tous ont chanté. L’hymne national d’Israël, l’hymne national français. Aucun message de haine envers les palestiniens.

Les posts de mes connexions pro-palestiniennes, quant à elles, relèvent généralement d’un tout autre registre. Ici nous sommes dans la rage, dans le relais d’images ensanglantées, perturbantes. Certains postent des drapeaux d’Israël usés en serpillère, et n’hésitent pas à relayer régulièrement des infos contrôlées par le Hamas, cette organisation qui enrôle des mômes pour en faire des guerriers, qui tue les femmes qui oublient de se voiler.

Les participants à des manifestations pro-palestiniennes ne chantent pas. Ils scandent des slogans emprunts de colère tels que ‘sioniste, casses-toi, la France n’est pas à toi’. Ils écrivent Israël = Terreur, ils crient leur colère, pensant défendre les intérêts des civils qui crèvent sous cette guerre.

Ils fustigent le peuple d’Israël tout entier, sans presque jamais s’adresser à ses politiques. C’est Israël qui est visé, pas Binyamin Natanyao ou sa clique d’extrême droite. C’est le sionisme qui est condamné, et par là le droit du peuple de Judée à sa terre. Et par là le peuple juif tout entier.

Alors je me demande : est-ce que ces amis de Facebook ne se trompent pas de combat ?

Aujourd’hui, des humains de tous bords vivent dans la peur ; la peur de mourir, la peur de devoir partir, la peur de ne pouvoir grandir… Des jeunes armés sacrifient leurs saisons pour défendre ce qu’ils croient être bons. Je crois que nos cœurs doivent pleurer pour ceux-là, quelle que soit leur appartenance.

Depuis 1948, les frontières de l’Etat d’Israël n’ont cessé de diminuer. Beaucoup trop d’humains ont eu à souffrir de son arrivée. Beaucoup trop d’humains ont souffert avant son arrivée.

La boucle de la souffrance pourrait se terminer, si on le décidait.

Parce que, comme le disait plus élégamment Luther King, si on n’apprend pas à vivre ensemble comme des frères, on va tous crever ensemble comme des imbéciles…

C’est notre philosophie meurtrière toute entière qu’il nous faut revoir.

Ce que j’aimerai lire sur Facebook et autres réseaux sociaux, des deux côtés, c’est des posts qui exhortent au dialogue, à l’échange. Des posts qui dénoncent non pas les ignominies perpétrées depuis la nuit des temps, car la liste est bien longue, mais des posts qui proposent des solutions pour apprendre à vivre ensemble. Le mal dont l’humain est capable, l’histoire nous l’a trop souvent démontré.

Ce que j’aimerai voir en réalité, c’est des initiatives citoyennes pour apprendre à s’aimer.

Bien sûr, des criminels devront être enfermés. Des réparations devront être engagées. Mais tant que l’on persévéra dans ces voies de la discorde, quel avenir pour nos mômes ?

Bien sûr, pardonner demande du temps, de la volonté, une force de caractère tournée décidément vers l’avenir. Mais rien n’est impossible à ceux qui le décident, ensemble.

Ces derniers siècles, des humains nous ont montré le chemin vers une nouvelle philosophie, au-delà de tous préjugés : Gandhi, Mandela, Jean Jaurès, Martin Luther King, Aung San Suu Kyi, le Dalaï Lama et d’autres, des milliers d’anonymes.

Avant de découvrir leurs actions et leurs pensées, moi aussi, je croyais que l’humain ne pouvait pas changer ; que pour l’éternité nous étions condamnés à nous battre.

Aujourd’hui, merci, j’ai changé d’avis.
Et j’y crois, à la possibilité d’un monde meilleur.

Mes détracteurs me répondent que je suis bien gentille, que ce n’est pas aussi simple, que ma pensée relève de l’utopie naïve.
Je réponds OUI, avec fierté. OUI, je crois en l’amour de l’humanité.

Et aussi, que cela dépend de nous, que l’on peut vivre un autre monde si on le décide.

“Il faut commencer par changer en nous ce que nous voulons changer autour de nous”. Gandhi

” Les hommes peuvent atteindre un but commun sans emprunter les mêmes voies. Ce qu’il faudrait, c’est toujours concéder à son prochain qu’il a une parcelle de vérité et non pas de dire que toute la vérité est à moi, à mon pays, à ma race, à ma religion.”
Amadou Hampâthé Ba.

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2 commentaires

  • iZAC (1 comments), le 3 décembre 2012

    Je crois aussi en la paix :)

    http://www.youtube.com/watch?v=o6F7Ek-tIhw

  • Cedric Rançon (1 comments), le 15 novembre 2013

    Bonjour. vous avez écrit : ” depuis 48 les frontières d’Israël ne cesse de diminuer” . Est-ce une faute de frappe? Sinon, je pense qu’aujourd’hui, beaucoup d’Israeliens sont nés en Israël, et beaucoup sont contre la colonisation. Mais les personnes qui vivent sur cette terre depuis des générations, qu’on appelle aujourd’hui Palestiniens, se font spolier leurs terres. Il s’ agit d’une occupation, c’est une réalité. Si vous trouvez que les Palestiniens réagissent avec davantage de virulence, c’est peut être parce que c’est eux les victimes. Il y a un peu plus d’un demi siècle, israel n’existait pas encore.

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