Chimpanzé  dépressif. Cest la crise pour tout le monde...
Chimpanzé dépressif. C’est la crise pour tout le monde…

Les profits des entreprises du CAC 40 ont chuté de 56,4 % au premier semestre nous apprend aujourd’hui Le Monde (les citations ci-dessous proviennent de cet article). C’est d’autant plus étonnant que dernièrement, de nombreux économistes se félicitaient de la fin de cette crise économique qui a tant fait couler d’encre !

Mais rassurez-vous, les banques françaises vont bien (même si les traders se sentent mal payés) : “[...] dans la crise, les banques, BNP Paribas et le Crédit agricole en particulier, trouvent des opportunités.

En revanche, l’industrie, plus sensible à la conjoncture, a souffert. Dans l’automobile, le bonus écologique et la prime à la casse ont permis de soutenir le marché. Mais malgré ces incitations, Renault et PSA Peugeot Citroën ont vu leur chiffre d’affaires régresser de plus de 20 %, et ont affiché de lourdes pertes.

L’on peut donc en conclure que la situation économique que nous vivons est défavorable au secteur industriel. Comment ne pas s’en réjouir ? Si le chiffre d’affaire de Renault ou PSA Peugeot Citroën  est en si net recul, n’est-ce pas un signe que nous consommons moins de voitures ? Quoi de mieux pour commencer à enrayer le développement des gaz à effet de serre, ennemi ultime de tout bon écolo-gauchisant essayant de se respecter ?

Le sommet de Copenhague risque donc de démarrer sous les meilleurs auspices grâce à la crise. Les pauvres ne pouvant plus consommer, les émissions de CO2 s’en retrouvent automatiquement réduites. Réjouissons-nous car le capitalisme, finalement, s’avère la meilleure réponse au changement climatique !

Mais peut-être certains d’entre vous, lassés par ce sophisme décadant s’interrogent sur le fond du problème : comment donc les banques peuvent-elles continuer à enregistrer de si gros profits si dans un même temps la consommation et le secteur industriel pâtissent si fort de la crise ?

Il s’agit en effet d’une situation aberrante. D’après Patrick Artus, directeur de la recherche et des études économiques de Natixis, “la liquidité mondiale est extrêmement abondante”. Selon lui, “ces liquidités peuvent être utilisées pour acheter des actifs, dont des actions, en faire monter le prix, indépendamment des fondamentaux. Il s’agit d’une logique de bulle, alimentée par la liquidité et les taux d’intérêt à court terme très bas.”

En d’autres termes, l’histoire se répète, encore et encore : il n’y a aucun rapport entre la masse d’argent en circulation et sa valeur supposée. Celle-ci n’est donc pas “réelle”, et une dévaluation à l’échelle mondiale serait logique. Bien sûr, les spéculateurs et financiers n’ont aucunement l’intention de se laisser moraliser. Une nouvelle bulle est encore en train de se créer. Ou peut-être un abcès…

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