G 20 - G Faim

Les 5 et 6 septembre se tenait à Londres le G20 des ministres des finances. L’un des sujets sensibles de ce sommet concernait la possibilité de plafonner les bonus des traders. La France et l’Allemagne demandaient un plafonnement de ces primes jugées scandaleusement élevées par les médias et de manière plus générale l’ensemble des personnes plus ou moins durement touchées par “la crise”. Les Etats-Unis et le Royaume-Uni s’y sont opposés. Un consensus a finalement été trouvé : il est prévu de “limiter” et non de “plafonner” ces fameux bonus.

Comme l’a dit Christine Lagarde : “Un plafonnement ou une limitation, bonne chance pour faire la distinction !“. Mais à part répondre aux attentes d’une opinion publique écoeurée par de tels excès, cette limitation des primes est-elle réellement utile ?

Comme tout le monde le sait, les banques sont détenues par des actionnaires. La particularité d’un actionnaire étant qu’il cherche à gagner toujours plus d’argent sans travailler “oblige” les banques à spéculer. D’où le recours indispensable à la spéculation boursière, et aux traders chargés de faire fructifier l’argent confié par les épargnants, non pas au profit de ces derniers mais au profit des actionnaires.

Limiter les bonus des traders reviendra donc tout simplement à rémunérer encore mieux les actionnaires des banques. Certes, les traders, moins motivés par l’appât d’un gain extraordinaire, prendront peut-être moins de risque, comme nous le rabâchent les tenants de la méthode législative. A mon humble avis, s’ils s’avèrent trop frileux, ils seront simplement remplacés par leurs collègues plus audacieux.

Pour moi, cette polémique sur la limitation des rémunérations exceptionnelles des traders et dirigeants de grandes banques n’est que de la poudre aux yeux pour calmer un électorat furieux. Le vrai problème est la spéculation bancaire, et non les salaires anecdotiques de quelques privilégiés.

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