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Loppsi et fait divers.

Aujourd’hui, un petit fait divers enflamme la toile : A Lille, un élève de 3ème a hacké le serveur de son collège pour falsifier ses notes. Cette information est diffusée par l’AFP, Le Monde, Europe 1, Le Post, 20 minutes, et très abondamment relayée sur Twitter.

Hors il se trouve que, par le plus grand des hasards (et peut-être un intérêt personnels pour les métiers de l’information), qu’un grand nombre des personnes dont je lis la prose sur Twitter sont journalistes. Et qu’un des chevaux de bataille des deux derniers jours fut pour “militer” (le mot est peut-être outré) contre la loi Loppsi en interpellant Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique. Pour plus d’information sur cette “cyber-manifestation”, voir cet article de Fabrice Epelboin.

Sans grande surprise, nombreux ont été les journalistes à demander courtoisement à NKM le retrait de cette loi. Se servant quotidiennement d’internet et n’étant pas réputés stupides, les nombreuses dérives liberticides de celle-ci ne leur avait pas échappé.

Ne laissez pas vos enfants jouer aux legos. Activez plutôt le contrôle parental.

Mais pourquoi donc avoir fait leurs choux gras des exploits de ce petit pirate lycéen ? Quel intérêt réel pour le lecteur, si ce n’est celui de lui présenter le web comme une jungle dangereuse peuplée de criminels tous plus redoutables les uns que les autres ?

Ayant moi-même eu l’extraordinaire chance de travailler au sein d’un établissement scolaire, je n’ai que pu constater l’incurie dont était victime le réseau informatique de celui-ci. Nonobstant que cette situation n’ai rien eu d’exceptionnel, l’on peut raisonnablement supposer qu’il n’était pas nécessaire d’être un génie pour pirater le réseau de ce collège. Tout au plus un amateur éclairé ?

Je comprends le besoin de traiter suffisament de sujets divers et (a)variés pour alimenter un quotidien. Fallait-il pour autant faire un tel foin sur un sujet qui n’en méritait pas tant ?Lopp Ou y a-t-il une volonté d’apeurer un public crédule et iconoclaste afin de permettre au gouvernement de voter des lois répressives et liberticides sans créer trop de remous ?