Par George

Avatar de George

Non, le revenu de vie n’est pas une utopie.

Après avoir écrit l’article provocateur “Le problème, ce n’est pas les riches, c’est les pauvres” sur le revenu de vie, de nombreux commentaires m’ont incité à me pencher plus sérieusement sur cette idée. Voici une présentation plus “sérieuse” de ce concept révolutionnaire.

Qu’est-ce que le revenue de vie ?

Connu également sous de nombreux noms, le revenue de vie, ou aussi dividende universel, dotation inconditionnelle de citoyenneté, allocation universelle, revenu de base, revenu forfaitaire, revenu garanti, revenu de citoyenneté, revenu social de solidarité semble au premier abord totalement utopique.

“Ce revenu serait inaliénable, universel, inconditionné, insaisissable, cumulable avec les autres rentrées d’argent, professionnelles ou patrimoniales. On le verserait tout au long de la vie, de la naissance à la mort, par individu, et non par foyer. Il se substiturait à l’ensemble des prestations sociales (exception faite de l’assurance-maladie et des handicap lourds).” source

Comment le financer ?

L’infâme gauchiste que je suis proposait un brin sardoniquement de prendre aux riches pour donner aux pauvres. Mais il y a bien plus simple.

On peut parfaitement considérer qu’il “suffit” de transférer un certain nombre d’allocations actuelles dans le revenu universel pour financer celui-ci au moins de moitié (RSA, allocations familiales, APL, allocs chomage, primes rentrée, noel, une partie des pensions retraite, et j’en passe…). Cela aurait aussi l’avantage de couter moins cher en couts de transaction par le biais d’un guichet social unique.
L’autre partie pourrait effectivement être financée par une refonte (de toute façon nécessaire) de la fiscalité en général. notamment une meilleure progressivité de l’impot sur le revenu, et pourquoi pas une TVA sociale qui permettrait par ailleurs de relocaliser un peu l’activité économique sur le territoire français.” Stan

“Et de surcroit, cela permettrait de baisser les charges sur les salaires…et d’augmenter les salaires eux-même (et oui ! Csg, crds, alloc familiales, contribution solidarité, assedic entre autres, cela représente + de 17% de la part patronale, et + de 10% de la part salariale), rendant le coût du travail plus compétitif en France, nous permettant de relancer les exportations etc…” Laetsgo

”En Allemagne, selon le modèle de l’ancien président du conseil des ministres de Thuringe, Dieter Althaus (CDU), l’allocation universelle coûterait annuellement à l’État 583 milliards d’euros, mais ce système est alors conçu comme venant en remplacement de l’actuel système d’aide sociale, qui coûte 735 milliards. Donc l’allocation universelle selon le modèle “althausien” serait moins coûteuse pour les finances publiques que le système actuel.” wikipedia

Il convient de rappeler que ce revenu étant versé à tous sans aucune condition, une partie non négligeable de celui-ci reviendrait dans les caisses de l’état par le biais de l’impôt sur le revenu ou de la TVA. Cela aurait également le mérite de relancer la consommation des ménages, et donc mécaniquement la production, le PIB, etc…

Principales objections :

Outre le problème de financement, résolu ci-dessus, voici quelques objections que l’on peut facilement entendre :

  • Le risque de créer une population d’assistés.

Ce qui me choque toujours lorsque j’entends ce type d’argument souvent méprisant, c’est que la personne assénant cela n’envisage certainement pas de ne rien faire elle même. Cela revient à considérer que les autres (comprendre les pauvres, les chômeurs, les immigrés, …) sont tous des fainéants. Je voudrais éviter de tomber sur un point Godwin, mais ce discours m’évoque irrémédiablement celui nauséabond du FN.

D’après Stan, “une étude en Allemagne montre que 60% des gens ne changeront pas de travail, 30% changeraient de job ou passeraient en temps partiel, le reste ferait la grasse mat.” (si tu retrouves un lien vers cette étude, je suis preneur). Si l’on considère que le chômage touche environ 10% de la population, cela ne changerait qu’une chose : les oisifs le seraient par choix et non par obligation ! Les actifs également, ce qui changerait considérablement notre rapport au travail !

  • Mais qui ferait le sale boulot ?

“Une autre objection immanquablement suscitée par le revenu de base, « Mais qui fera les sales boulots ? », constitue à elle seule un aveu terrible [...] : « La poser, c’est admettre qu’il nous faut une catégorie de population suffisamment vulnérable pour ne pas pouvoir refuser les boulots dont nous ne voulons pas. » Les solutions possibles données par les partisans du revenu garanti varient assez peu. Il y en a trois : les faire soi-même, les automatiser et les rationaliser, ou enfin reconnaître leur utilité sociale et les payer en conséquence, de façon à les rendre attractifs sur le plan financier.” source : Et vous, quel travail feriez-vous si votre revenu était assuré ? (je ne peux que vous conseiller la lecture de cet excellent article sur le sujet).

Comme le dit Gtherm :

“Manque un argument : l’ultime. D’aucuns vous diront que plus personne ne va vouloir travailler ce qui est partiellement faux. Un certain nombre d’individus ne travailleront effectivement plus, mais c’est juste tant mieux. En effet pensez au nombre de personnes qui sont nuls au boulot, incompétents, rendus méchants, aigris par exemple de ne pas être justement rémunérés, zélés comme pas possible, jaloux des autres, pensez à cette masse de gens qui n’encombreront plus les routes le matin ou le soir aux heures de pointes (vouées dans ces conditions a disparaître), à tout ce CO2 économisé, à ces klaxons évaporés, à ces longues queues à la poste/banque/supermarché qui n’auront plus lieu d’être, pensez aussi à tous ces gadgets, ces machins inutiles que nous pourrions faire l’économie de produire. Le bonheur est à notre portée, c’est juste une question de logique et de priorité.

Moi en tout cas je serais heureux de payer ces gens à ne rien foutre.”

Le revenu de vie existe déjà :

Cette expérience a en effet déjà été tentée dans le monde :

En Namibie par exemple, avec les effets suivants : “Le nombre de personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté est passé de 76 à 37 %. Avant l’expérience, près de la moitié des enfants étaient sous-alimentés, aujourd’hui ils sont moins de 10 % ; 90 % finissent leur scolarité, avant, ils n’étaient que 60 %. Et la criminalité a baissé.”

En Allemagne, Le SPD inscrit le Revenu de Base dans son programme. Vous avez bien lu : en Allemagne, sacro-saint exemple de la France pour toutes les questions économiques…

En France : Pour Galuel, le revenue de base existe déjà en France. Il est simplement invisible parce qu’on analyse pas le rapport individuel à la monnaie sous ce point de vue. Une analyse intéressante remettant furieusement en cause le “travailler plus pour gagner plus”.

Cette idée vous intéresse ?

Vous pouvez trouver sur Scoopit une page regroupant diverses articles sur ce sujet.

Voici mon Pearltree, auquel je vous invite à collaborer si vous le souhaitez :

Voici également un film (1h36) à voir sur ce même sujet :

Pour finir, Carole Fabre a lancée un appel pour le revenue de vie. Les signataires sont actuellement très peu nombreux. Preuve que ce sujet dérange, ou simple méconnaissance de cette proposition ? Je vous invite en tout cas à le signer, et à relayer cet article à toute personne susceptible d’adhérer à cette idée. Le revenu de vie n’est pas une utopie, mais il demande une réelle évolution de nos mentalités. Pour cela, la première chose à faire est de diffuser cette idée.

9 commentaires

  • Galuel (5 comments), le 24 janvier 2011

    Je rajoute un commentaire à propos de :

    {{ * Mais qui ferait le sale boulot ?

    “Une autre objection immanquablement suscitée par le revenu de base, « Mais qui fera les sales boulots ? », constitue à elle seule un aveu terrible [...] : « La poser, c’est admettre qu’il nous faut une catégorie de population suffisamment vulnérable pour ne pas pouvoir refuser les boulots dont nous ne voulons pas. » }}

    C’est EXACTEMENT l’argument des esclavagistes au XVIIIème et XIXème Siècle, rétorqué contre les abolitionnistes.

    Voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Abolition_de_l%27esclavage#Les_arguments_.C3.A9conomiques

    Et http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9formes_Hartz#Pol.C3.A9mique_sur_les_droits_de_l.27homme

    Le SPD de Shroedder a justement perdu les élections à cause de la mise en place de HARTZ, et c’est pourquoi maintenant ils passent au Revenu de Base…

  • Vincent Verschoore (1 comments), le 24 janvier 2011

    Très bon article. Je ne pense pas que la question soit de savoir qui travaillera, tout le monde travaillera si ce qu’il fait a du sens pour elle/lui. Pour ce faire il faut revenir à une notion de métier plutôt que de location de sa propre personne. Et pour que les métiers existent, il faut que la production de la majorité des biens nécessaires à l’existence soit disséminée partout plutôt que concentrée sur 2 ou 3 pays. On ne peut pas espérer arriver à un revenu de base en ne produisant rien car il faut alors acheter ailleurs. Si on compense avec la planche à billets, on en arrive au même point: la naisse de la valeur monétaire rend impossible l’import, don cil faut bien se remettre à produire localement.

  • tetatutelle (2 comments), le 27 janvier 2011

    “Il nous faut une catégorie de population suffisamment vulnérable pour ne pas pouvoir refuser les boulots dont nous ne voulons pas.”

    Et si on se faisait la réflexion inverse : il faudra convaincre les gens les mieux formés et les plus cultivés à accepter de faire ces travaux-là ? ça n’est “pas gagné d’avance non plus” ! C’est précisément pour cette raison que les anarchistes “anticapitalistes” (drapeau noir) proposent leur “solution” radicale de “rotation des tâches”, c’est à dire “obliger” chaque individu quelle que soit sa formation intellectuelle à effectuer un travail physique ou fastidieux “à un moment donné de son existence”. Bien sûr ça n’est pas acceptable dans la mesure où ils “l’imposent” (comme toutes les mesures de leur programme politique, ce genre “d’anars-là” c’est ça……) ! Mais ça vrai que ça pose une vrai question……..qu’on ne pourra à mon avis non plus résoudre par le “mieux payé” : car “même bien payé, certains ne voudront pas faire ce genre de boulot” ! Réaction bien naturelle : on ne choisit pas un travail “d’abord pour le niveau de rémunération” (pour les gens qui ont “vraiment le choix de leur métier”……..) mais d’abord par “intérêt à la tâche”, à mon avis.

    La solution ne serait-elle pas finalement justement de “ne plus rémunérer ce genre d’emploi” et de les faire passer en “activité bénévole” ? Ces travaux pourraient ainsi être perçus comme “tâches d’intérêt général” et le fait de se porter volontaire pour y prêter la main (sur son “temps libre”) vu comme une “action citoyenne”. C’est juste une petite proposition, à soumettre au débat…….

  • toto (96 comments), le 28 janvier 2011

    Il est bien cet article :)

  • toto (96 comments), le 28 janvier 2011

    oh pardon, mais faut bien que je dises un peu des betises : plus personne n’aurait d’excuses pour s’engager dans l’armée, ou bosser pour Dassault, Lagardere, et ses potes (on pourrait les taper tralalere).Non mais ce serait quelque chose quand meme, ne pas avoir a oublier sa conscience parce qu’il faut bien bouffer (genre, oh non je peux pas faire la liste des boulots qui seraient infaisables si on y pensait en vrai ce serait trop long)

  • toto (96 comments), le 30 janvier 2011

    Bon, a choisir, j’avais un faible pour l’autre (ah oui, pas besoin de choisir, tant mieux).
    Le wikipédia la, je le trouve un peu libéral comme version. (quoi des fois je trouve étrange les arguments, m’enfin). Par exemple, le revenu de vie pour faire baisser le cout du travail pour etre plus compétitifs, celui la, hein, ca me fait rire quasiment tellement c’est pas l’idée que j’en ai.

    Quoi, sérieusement, je sais que ca prend sur des tas de personnes le cout du travail machin pouette Parisot tete de veau, hein, pi oui aussi de toutes facons, vaut mieux pleins de bonnes volontés dans le camp du revenu de vie, mais quand meme, moi dans l’idée c’est histoire de pouvoir avoir de vrais choix de vies.

    Donc quelque part et pas qu’un peu, etre moins compétitifs en fait, je sais ca peut paraitre etrange d’avoir d’autres priorités des fois, mais bon.

    Non mais ils reflechissent que fabriquer des armes on est compétitifs sur ca? Ca sert à quelque chose d’etre compétitif si c’est pour fabriquer 60 marques de frites différentes? (pi les idées lumineuses du genre tu achetes tes patates et tu les épluches, y’a plus personne pour y penser des fois (non mais le nombres de personnes qu’on fait bosser comme ca a des taches nullissimes (faut les mettres en formes ces frites, les surgeler, les transporter, les stocker, pi jetter l’emballage…(alors oui ca fait du boulot, mais a quoi bon des fois, on ferait mieux de se poser ce genre de questions…)).

    En gros l’idée moi c’est carrement, avoir la possibilité réelle de choisir, de réflechir a ce qu’on veut faire de sa vie, plutot que de se le faire imposer par la nécessité.

    Encore un truc, je trouve ca infiniment plus digne de faire du ménage pour la collectivité, que de faire publicitaire (et puis bien plus sensé), donc oui faudrait payer mieux les sous fifres qui font des boulots pas forcement valorisés .@tetatutelle : le bénévolat, euh drole d’idée sérieux, moi je propose le bénévolat pour les footballeurs, les traders, les publicitaires aussi… (c’est bien parce que j’ai pas le droit de les crucifier) c’est plus logique. Pi sérieusement, en plus. (Et meme que je ferais pas de foot du coup. (oh non mais ca rappellerait un peu que c’est qu’un jeu non ? (ce monde n’est pas très sérieux…))

    :)

  • Ecolo-Info » Solidarité » Prêt à être payé à ne rien faire ?, le 4 février 2011

    [...] Un billet sur le glob de Bargeo. [...]

  • Revenu de base, une impulsion culturelle | Ariège, le 23 mars 2012

    [...] Revenu de vie : bienvenue sur Terre ! Ecologie Sociale et Revenu d’Existence Non, le revenu de vie n’est pas une utopie Et si le travail devenait optionnel pour avoir un revenu ? Signez l’appel pour le revenu de [...]

  • Michel Piquemal (1 comments), le 8 février 2013

    Non ; évoquer l’éventualité de l’apparition d’une population assistée n’est pas une insulte ; c’est une vision, un peu pessimiste, j’en conviens, d’une certaine réalité..

    Mais après tout instaurer ce revenu de vie pour toute personne ne trouvant pas de travail, la notion “ne trouvant pas de travail” restant à définir…

    Signé : un affreux facho!

Poster un commentaire

Subscribe without commenting