Par

Non, le revenu de vie n’est pas une utopie.

Après avoir écrit l’article provocateur “Le problème, ce n’est pas les riches, c’est les pauvres” sur le revenu de vie, de nombreux commentaires m’ont incité à me pencher plus sérieusement sur cette idée. Voici une présentation plus “sérieuse” de ce concept révolutionnaire.

Qu’est-ce que le revenue de vie ?

Connu également sous de nombreux noms, le revenue de vie, ou aussi dividende universel, dotation inconditionnelle de citoyenneté, allocation universelle, revenu de base, revenu forfaitaire, revenu garanti, revenu de citoyenneté, revenu social de solidarité semble au premier abord totalement utopique.

“Ce revenu serait inaliénable, universel, inconditionné, insaisissable, cumulable avec les autres rentrées d’argent, professionnelles ou patrimoniales. On le verserait tout au long de la vie, de la naissance à la mort, par individu, et non par foyer. Il se substiturait à l’ensemble des prestations sociales (exception faite de l’assurance-maladie et des handicap lourds).” source

Comment le financer ?

L’infâme gauchiste que je suis proposait un brin sardoniquement de prendre aux riches pour donner aux pauvres. Mais il y a bien plus simple.

On peut parfaitement considérer qu’il “suffit” de transférer un certain nombre d’allocations actuelles dans le revenu universel pour financer celui-ci au moins de moitié (RSA, allocations familiales, APL, allocs chomage, primes rentrée, noel, une partie des pensions retraite, et j’en passe…). Cela aurait aussi l’avantage de couter moins cher en couts de transaction par le biais d’un guichet social unique.
L’autre partie pourrait effectivement être financée par une refonte (de toute façon nécessaire) de la fiscalité en général. notamment une meilleure progressivité de l’impot sur le revenu, et pourquoi pas une TVA sociale qui permettrait par ailleurs de relocaliser un peu l’activité économique sur le territoire français.” Stan

“Et de surcroit, cela permettrait de baisser les charges sur les salaires…et d’augmenter les salaires eux-même (et oui ! Csg, crds, alloc familiales, contribution solidarité, assedic entre autres, cela représente + de 17% de la part patronale, et + de 10% de la part salariale), rendant le coût du travail plus compétitif en France, nous permettant de relancer les exportations etc…” Laetsgo

”En Allemagne, selon le modèle de l’ancien président du conseil des ministres de Thuringe, Dieter Althaus (CDU), l’allocation universelle coûterait annuellement à l’État 583 milliards d’euros, mais ce système est alors conçu comme venant en remplacement de l’actuel système d’aide sociale, qui coûte 735 milliards. Donc l’allocation universelle selon le modèle “althausien” serait moins coûteuse pour les finances publiques que le système actuel.” wikipedia

Il convient de rappeler que ce revenu étant versé à tous sans aucune condition, une partie non négligeable de celui-ci reviendrait dans les caisses de l’état par le biais de l’impôt sur le revenu ou de la TVA. Cela aurait également le mérite de relancer la consommation des ménages, et donc mécaniquement la production, le PIB, etc…

Principales objections :

Outre le problème de financement, résolu ci-dessus, voici quelques objections que l’on peut facilement entendre :

  • Le risque de créer une population d’assistés.

Ce qui me choque toujours lorsque j’entends ce type d’argument souvent méprisant, c’est que la personne assénant cela n’envisage certainement pas de ne rien faire elle même. Cela revient à considérer que les autres (comprendre les pauvres, les chômeurs, les immigrés, …) sont tous des fainéants. Je voudrais éviter de tomber sur un point Godwin, mais ce discours m’évoque irrémédiablement celui nauséabond du FN.

D’après Stan, “une étude en Allemagne montre que 60% des gens ne changeront pas de travail, 30% changeraient de job ou passeraient en temps partiel, le reste ferait la grasse mat.” (si tu retrouves un lien vers cette étude, je suis preneur). Si l’on considère que le chômage touche environ 10% de la population, cela ne changerait qu’une chose : les oisifs le seraient par choix et non par obligation ! Les actifs également, ce qui changerait considérablement notre rapport au travail !

  • Mais qui ferait le sale boulot ?

“Une autre objection immanquablement suscitée par le revenu de base, « Mais qui fera les sales boulots ? », constitue à elle seule un aveu terrible […] : « La poser, c’est admettre qu’il nous faut une catégorie de population suffisamment vulnérable pour ne pas pouvoir refuser les boulots dont nous ne voulons pas. » Les solutions possibles données par les partisans du revenu garanti varient assez peu. Il y en a trois : les faire soi-même, les automatiser et les rationaliser, ou enfin reconnaître leur utilité sociale et les payer en conséquence, de façon à les rendre attractifs sur le plan financier.” source : Et vous, quel travail feriez-vous si votre revenu était assuré ? (je ne peux que vous conseiller la lecture de cet excellent article sur le sujet).

Comme le dit Gtherm :

“Manque un argument : l’ultime. D’aucuns vous diront que plus personne ne va vouloir travailler ce qui est partiellement faux. Un certain nombre d’individus ne travailleront effectivement plus, mais c’est juste tant mieux. En effet pensez au nombre de personnes qui sont nuls au boulot, incompétents, rendus méchants, aigris par exemple de ne pas être justement rémunérés, zélés comme pas possible, jaloux des autres, pensez à cette masse de gens qui n’encombreront plus les routes le matin ou le soir aux heures de pointes (vouées dans ces conditions a disparaître), à tout ce CO2 économisé, à ces klaxons évaporés, à ces longues queues à la poste/banque/supermarché qui n’auront plus lieu d’être, pensez aussi à tous ces gadgets, ces machins inutiles que nous pourrions faire l’économie de produire. Le bonheur est à notre portée, c’est juste une question de logique et de priorité.

Moi en tout cas je serais heureux de payer ces gens à ne rien foutre.”

Le revenu de vie existe déjà :

Cette expérience a en effet déjà été tentée dans le monde :

En Namibie par exemple, avec les effets suivants : “Le nombre de personnes vivant au-dessous du seuil de pauvreté est passé de 76 à 37 %. Avant l’expérience, près de la moitié des enfants étaient sous-alimentés, aujourd’hui ils sont moins de 10 % ; 90 % finissent leur scolarité, avant, ils n’étaient que 60 %. Et la criminalité a baissé.”

En Allemagne, Le SPD inscrit le Revenu de Base dans son programme. Vous avez bien lu : en Allemagne, sacro-saint exemple de la France pour toutes les questions économiques…

En France : Pour Galuel, le revenue de base existe déjà en France. Il est simplement invisible parce qu’on analyse pas le rapport individuel à la monnaie sous ce point de vue. Une analyse intéressante remettant furieusement en cause le “travailler plus pour gagner plus”.

Cette idée vous intéresse ?

Vous pouvez trouver sur Scoopit une page regroupant diverses articles sur ce sujet.

Voici mon Pearltree, auquel je vous invite à collaborer si vous le souhaitez :

Voici également un film (1h36) à voir sur ce même sujet :

Pour finir, Carole Fabre a lancée un appel pour le revenue de vie. Les signataires sont actuellement très peu nombreux. Preuve que ce sujet dérange, ou simple méconnaissance de cette proposition ? Je vous invite en tout cas à le signer, et à relayer cet article à toute personne susceptible d’adhérer à cette idée. Le revenu de vie n’est pas une utopie, mais il demande une réelle évolution de nos mentalités. Pour cela, la première chose à faire est de diffuser cette idée.