Cela fait maintenant la septième semaine que le monde universitaire est en grève; que ce soit les membres du CNRS ou les professeurs et maîtres de conférence, que ce soit les étudiants ou le personnel administratif des facs, et même certains présidents d’universités, aucun acteur de l’enseignement supérieur et de la recherche n’est épargné par ce mouvement de contestation sans précédent, et pour cause, aucun n’échappe aux réformes du gouvernement. Mais pourtant la presse nous apprend chaque semaine que Valérie Pécresse négocie avec les syndicats, chaque semaine une nouvelle sortie de crise est annoncée, le décret de 1984 sur le statut des enseignants-chercheurs est réécrit, certains vont même jusqu’à dire que le gouvernement a reculé. On ne comprend donc pas où veulent en venir tous ces « braillards » qui n’ont de cesse de manifester tous les jeudi, qui occupent les facs et tiennent des piquets de grèves pour empêcher les cours.

Et si cette question se pose, c’est à mon sens que l’information ne passe pas, et que les principaux média français (Le Monde, tf1, france télévision -ou télésarkobis-, etc.) sont pour ainsi dire atteint d’une étrange partialité (si, si, c’est nouveau, ça vient de sortir, les média ne sont pas toujours objectifs…). Je ne chercherai pas à savoir pourquoi cela ne fait pas la une du 20h, mais voilà ce qu’il faut savoir: l’éducation nationale est à vendre, ainsi que l’université et la recherche. A ceux qui ont des enfants et à ceux qui se soucient des générations à venir, sachez que la maternelle sera remplacée par des « jardins d’éveil » payants, les écoles primaires sont déjà soumises à la loi de la concurrence par l’intermédiaire d’évaluations des élèves publiées pour que chacun puisse choisir le bon établissement pour son enfant, tous les programmes sont augmentés mais il y aura deux heures de cours en moins par semaine, le bac ne sera plus national mais les « bons » lycées délivreront un « bon » diplôme (on est de nouveau dans l’idéologie de la concurrence -ah non, excusez-moi, ce n’est pas de l’idéologie, c’est du pragmatisme-), le gouvernement supprime des postes à tour de bras et les remplace par des emplois précaires, contrats de 3 mois n’ouvrant pas droit au chômage sans perspective d’évolution de carrière (ce que l’on appelle la « mastérisation » des concours n’a pas d’autre but que de généraliser cette pratique, qui permet une main d’œuvre docile et peu chère), et j’en passe et des meilleures.

Et en ce qui concerne la recherche, il n’y a qu’a écouter notre bien-aimé président lui-même pour apprécier son sens du dialogue et la pertinence de ses analyses.

Ou mieux encore, voici une allocution d’un grand cru datant d’hier http://www.rue89.com/2009/03/18/devant-les-salaries-dalstom-sarkozy-se-demande-a-quoi-servent-les-etudes

résumons: ceux qui font des études tiennent souvent des propos de gauche, les idées de la gauche sont débiles, donc faire des études rend débile. C’est tout à fait cohérent!

Regardons pour s’en faire une opinion comment cette élite pousse à la sédition, c’est alarmant!

Nous savons maintenant d’où vient le mal, étudier rend fou et dangereux. Vous qui avez sans doute appris à lire, vous qui êtes allés à l’école, peut-être même avez-vous des livres chez vous! Brulez votre bibliothèque avant qu’il ne soit trop tard et dépêchez vous d’aller travailler (à l’usine de préférence, il n’y a que ça de vrai…)!

Privatisons l’éducation nationale, l’enseignement supérieur et la recherche, afin de mettre un peu d’ordre dans tout cela. Si vous m’en croyez, il y a plus d’avenir pour celui qui veut devenir CRS que pour celui qui veut passer le CAPES.

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