Souviens-toi l’été dernier II l’année dernière, les tueurs Dark’os et Pécrasse avaient mis à feu et à sang les universités françaises. Souviens-toi le retour des blocages de facs, les examens décalés ou reportés au mois de septembre, les innombrables manifestations d’étudiants encagoulés. Les preuves d’amours quelques peu provocantes de notre chère ministre de l’enseignement supérieure et de la recherche, les railleries du ministre de l’éducation nationale, tu t’en rappelles?

Et bien si la grippe A est certainement plus médiatique que la colère des étudiants et des enseignants-chercheurs, n’allez pas croire, chers lecteurs, que tout est rentré dans l’ordre. N’allez pas vous imaginer que cette rentrée sera normale. Mais pourtant, que reste-t-il de la contestation passée si ce n’est un écoeurement total à l’égard de ces situations conflictuelles dont les seuls véritables responsables sont certainement au gouvernement?

En ce qui concerne les enseignants-chercheurs et les organisations de défense de l’université telle que SLU (Sauvons L’Université) ou SLR (Sauvons La Recherche), la défiance est toujours grande et la crise de confiance entre le ministère et les chercheurs durera encore longtemps, tant que durera la politique hypocrite de Pécresse qui prétend que tout se passe pour le mieux et que grâce à elle les choses vont encore mieux que mieux. Jugez plutôt de sa capacité à peindre la réalité sous ses atours les plus radieux:

Si l’on en croit ses propres dires, les grèves successives avaient pour conséquence de diminuer le nombre d’étudiants, rendant donc les facs moins concurrentielles (c’est ce qu’elle affirmait l’an dernier, lorsqu’il fallait remettre sur le droit chemin les universités bloquées). Mais cette année, il n’en est rien, la voilà toute guillerette lors de sa conférence de presse de rentrée, se réjouissant d’un nombre croissant d’étudiants inscrits (pour être exact il aurait fallu dire en cours d’inscription…) preuve évidente que sa politique porte ses fruits. Son autosatisfaction va même jusqu’à s’attribuer une petite réussite: le taux d’encadrement des étudiants serait passé d’un titulaire pour 25 étudiants, à un pour 20. Quel exploit madame Pécresse, surtout lorsque vous supprimez massivement des postes d’enseignants-chercheurs (900 l’an dernier). Mais pour peu que l’on prenne la peine de lire les statistique de son cabinet ministériel, on se rend compte que ce taux d’encadrement est resté stable, autour de un pour 20 depuis l’an 2000, alors que la moyenne des pays de l’OCDE est de un pour 15 (source: science²). Et les mensonges de ce genre pullulent dans la bouche de notre très-aimée Valérie.

Mais les petits arrangements avec les chiffres sont devenus monnaie-courante en politique, et il ne faut pas lui en vouloir de s’adapter aux nouvelles règles de la réussite; peut-être a-telle beaucoup appris de ces mystérieuses sciences humaines dont elle peine tant à définir l’utilité (sans doute parce-qu’elles n’ont pas à être utile…), et qui, si on l’écoute, « nous permettent [...] de nous retrouver dans ces changements qui sont parfois si nombreux qu’ils menacent tous les repères intellectuels, sociaux et scientifiques que nous avions patiemment construits ». Mais malgré ma formation en « science humaine », je ne me retrouve absolument pas dans ces changements politiques et sociaux auxquels ce gouvernement veux nous habituer; mentir, garder le sourire, et froncer les sourcils quand l’opposition vous regarde. Faut-il croire que prendre les gens pour des cons est plus efficace que de leur dire ce qu’il en est et de débattre ouvertement si besoin est?

Vous l’aurez compris, la situation dans les facs n’est pas à l’apaisement. Les réactions relatives à la rentrée de notre ministre qui entend bien poursuivre sa politique devastatrice fusent sur internet (ici par exemple), tandis que la Coordination Nationale des Université a déjà fixé un prochain rendez-vous à Paris le 30 septembre. Certaines facs vivent déjà sous la menace d’un nouveau blocage comme à Toulouse le Mirail. Franchement, si le gouvernement s’imagine avoir résolu le problème des université, il se fourre le doigt bien profond, quand bien même il apparaît encore peu probable de revoir des blocages et des grèves massives comme l’an dernier.

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