sac de riz

Je continue avec pour ligne de mire la mondialisation & la connerie ambiante. La décoction qui s’opère entre la privatisation, la facilitation des marchés mondiaux avec la mise en valeur des grosses nébuleuses richissimes, contre les petites épiceries du coin… est une catastrophe bien plus sale qu’on veut s’accorder d’acceptable.

Je ne dis rien de nouveau, mais le constat est bien là. N’en déplaise à ceux, qui confortablement, mangent de bons repas et achètent trimestriellement lecteurs dvd et meubles ikéa (j’y suis aussi… ne vous inquiétez pas)… n’oubliez pas qu’à côté de chez nous IL FAIT FAIM…

N’oubliez pas de profiter de ce qu’on a… Chance d’être né dans un monde moins acidifié de mégalopoles, de pauvreté et de riz à tous les repas… menu à vie… Reste à se battre… Conserver droits et solidarités sociales dépend de nous.

Attendre de l’avoir perdu pour comprendre, c’est indécent pour ceux qui n’ont rien, indécent pour nos vieux qui se sont battus pour ça.

Un ami malien se plaignait un jour de l’augmentation brutale du prix du riz en imputant cela au président malien (ce qui n’est pas complètement faux, au sens où il ne fait rien pour protéger son peuple). Nous avons longuement parlé des cours mondiaux, des gros lobbies qui imposent leur prix… Après une longue réflexion, au bord des larmes, il s’est contenté de dire, « mais alors quand, vous, hommes des pays riches, serez touchés par ce fléau, nous on sera déjà mort de faim !… » triste constat, pourtant si réel, si inhumain. Dur de le prendre dans la figure, moi qui suit cette blanche des pays riche, qui profite du RSA et de la sécu…

Au Mali, chaque famille pauvre, lutte pour trouver 1 euros 50 par jour. 1 euros 50…

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Comment le marché mondial des céréales s’est emballé

« Rares sont les agriculteurs qui cultivent le blé »

« Nous sommes fatigués. Nous avons faim. Tout est devenu cher. Je demande à toutes les femmes de renverser leurs marmites et de faire, tous les soirs, des concerts de marmites », exhorte une mère de famille sénégalaise (1). Ce 31 mars 2008, elle participe à une marche contre la cherté des denrées de première nécessité. « Pas plus tard qu’hier, s’exclame M. Momar Ndao, président de l’Association des consommateurs sénégalais, à l’initiative du mouvement, le prix du sac de riz [de 50 kilos] est passé de 14 000 à 17 000 francs CFA [21,3 à 26 euros]. Cela montre que les autorités ne veulent rien faire. »

Interdite par le préfet de Dakar, la manifestation a été durement réprimée par la police, à qui il a fallu plusieurs heures pour disperser les marcheurs. Déjà, en 2007, la hausse du prix du pain avait provoqué des tensions sociales. La Fédération des boulangers s’était mise en grève à l’automne, provoquant une pénurie. Elle demandait le soutien des autorités face à l’augmentation du coût du sac de farine, alors que le prix mondial du blé s’envolait de 49 %.

Les « émeutes de la faim » sont devenues récurrentes en Afrique et occupent l’actualité de nombreux pays : Sénégal, Mali, Cameroun, Burkina Faso, Nigeria, Côte d’Ivoire… A l’augmentation du prix du blé s’ajoute l’explosion des coûts du fret liée à la hausse du pétrole. En outre, la sécheresse puis les inondations de l’année 2007 ont diminué les productions locales et fragilisé le monde rural. Début 2008, la tonne de blé est passée de 120 à 130 euros.

Face à la colère des populations, les Etats tentent de contenir les prix. Ainsi, le 1er avril, les autorités ivoiriennes ont annoncé la suspension, pour trois mois, des taxes à l’importation pour le riz, l’huile de table, le lait, la farine, le blé ou encore le sucre. Le président Laurent Gbagbo a aussi décidé une réduction de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) sur ces mêmes produits, de 18 % à 9 %. Mais ces mesures grèvent les budgets de l’Etat, déjà limités. Plus hardi, le gouvernement sénégalais a brièvement bloqué le prix du pain en octobre 2007. Mais une telle décision est contraire à la sacro-sainte loi de l’offre et de la demande.

En visite en Afrique de l’Ouest en février 2008, le directeur du Fonds monétaire international (FMI), M. Dominique Strauss-Kahn, a mis en garde : « Le blocage des prix ne fonctionne jamais bien et ne peut être utilisé que de manière très temporaire. Cela favorise le marché noir et entraîne de “faux choix” économiques. C’est la même chose pour les subventions (2).  » Il préconise, sans plus de précisions, des « réformes de long terme » destinées à « satisfaire les besoins » des populations.”

… “Mais le cœur du problème reste le riz : le prix de la variété « thaïe », qui sert de référence, a dépassé 500 dollars (320 euros) la tonne pour la première fois depuis 1989, selon l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) (6). L’offre globale de riz (420 millions de tonnes) se trouve en dessous de la demande (au moins 430), et certains pays, telles les Philippines, premier importateur mondial, se trouvent dans des situations très difficiles. Les stocks mondiaux sont au plus bas depuis vingt-cinq ans (70 millions de tonnes, moitié moins qu’en 2000). Or certains pays producteurs, tels le Vietnam, l’Inde et l’Egypte, diminuent leurs exportations pour assurer l’approvisionnement de leur marché local et contenir les prix…

« Trente-trois pays sont en proie à des troubles sociaux du fait de la forte hausse des prix alimentaires et du pétrole », reconnaît M. Robert Zoellick, président du groupe Banque mondiale, qui annonce une augmentation des crédits annuels pour la production agricole en Afrique (de 288 millions à 512 millions d’euros). Cependant, le « new deal pour la politique alimentaire mondiale » qu’il propose se résume à la conclusion d’un nouvel accord commercial dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Perseverare diabolicum…

http://www.monde-diplomatique.fr/2008/05/ROBERT/15863″

Je suis désolée d’utiliser les mots des autres, mais, ils reflètent fidèlement le menu du jour, sans additif ni colorant. Reste au lecteur d’avoir le courage ou l’intérêt de manger ces espèces de plats bien de chez nous,  reconditionnés aux épicés, amères ou assez lourdes à digérer pour l’estomac… surtout lorsque le chef cuisinier explique, impudique, que les ingrédients de la recettes sont périmés depuis des lustres… Merci.

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Droits de l’Homme : L’aveu français

Les Africains sont un des peuples ayant toujours dénoncé la duplicité occidentale et française en particulier. Eux qui subissent sans solution de discontinuité, les affres de la politique française, ont enfin un soutien de taille. Bernard Kouchner, ministre français des affaires étrangères avoue ce que les Africains savent depuis la pénétration des Européens de l’Afrique.

Dans une interview au Parisien, publiée le mercredi 10 décembre 2008, Bernard Kouchner fait la confession « je pense que j’ai eu tort de demander un secrétariat d’État aux droits de l’homme. C’est une erreur. Car il y a contradiction permanente entre les droits de l’homme et la politique étrangère d’un État, même en France ».

Cet aveu vaut son pesant d’or, fondamentalement pour deux raisons. D’abord, parce que Bernard Kouchner n’a pas choisi n’importe quel jour de l’année pour dire cette vérité que les peuples opprimés connaissent depuis longtemps. Il a choisi le 10 décembre 2008, date du 60ème anniversaire de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme adoptée en 1948 par 48 États membres de l’ONU contre 8 abstentions. Faire cet aveu en cette journée très symbolique pour les associations de défense des droits de l’Homme qui dans les pays africains, n’ont pas encore compris qu’il y a droits de l’Homme et droits de l’Homme, est plus que marquant…

Bernard Kouchner avoue aussi : « on ne peut pas diriger la politique extérieure d’un pays uniquement en fonction des droits de l’homme. » Et d’assumer finalement : « Diriger un pays éloigne évidemment d’un certain angélisme. » Quelle franchise ! Et pourtant dans sa politique africaine, la France ne cesse de se vanter de mettre les droits de l’Homme au centre des préoccupations. À chaque fois qu’elle est montrée du doigt dans le soutien total qu’elle apporte aux tyrans locaux, la France hausse le ton, traite tous ses contradicteurs de menteurs, d’imbéciles, de mauvaise foi, de haineux et d’ingrats.

C’est ainsi que par exemple sur le Togo, Michel Barnier a récusé toute implication française dans la succession sanglante de Faure Gnassingbe à son feu père, grand « ami de la France » et « ami personnel » de Chirac. Au Rwanda, la France nie toute implication dans le génocide alors que des organisations comme Survie, à travers une enquête citoyenne, ont démontré son rôle incontestable. La France adopte la même attitude lorsqu’une commission d’enquête rwandaise décrit sa responsabilité. En Côte d’Ivoire en 2004, la France n’a jamais tiré sur la foule de manifestants aux mains nues. Au Tchad, la France n’a jamais maintenu Idriss Deby, malgré l’incessant secours porté à ce tyran qui ne réalise de progrès dans ce pays qu’en rajoutant Itno à son nom à l’instar de Bongo qui aussi trouve que ce dont les Gabonais ont besoin c’est de rajouter Ondimba à son nom. Promis, juré, la France est le seul pays au monde à mettre les droits de l’Homme au centre de sa diplomatie ! Elle n’a pas assassiné Sylvanus Olympio au Togo. Thomas Sankara était mort naturellement. Félix Moumié assassiné et dont la tombe a été profanée et dont le corps a disparu en Guinée depuis 2004, la France et Messmer n’y sont pas impliqués. Les tripatouillages constitutionnels pour permettre aux pions africains de s’éterniser au pouvoir et de se faire remplacer par leurs progénitures sous la houlette de Constitutionnalistes et autres Juristes tels Charles Debbasch, Robert Bourgi, c’est la mise en œuvre des droits de l’Homme. »

… « Finalement Kouchner s’inscrit dans une parfaite cohérence car, n’a-t-il déjà pas montré que les droits de l’Homme sont incompatibles avec les affaires ? La compagnie pétrolière Total, accusée de toutes parts et notamment par Aung Sun Suu Kyi, Prix Nobel de la Paix 1991, de soutenir la junte militaire en Birmanie et de faire recours au travail forcé et à la séquestration, a fait recours à Kouchner pour tenter de se blanchir. Début 2003, l’un des avocats de Total, Jean Veil, sollicite amicalement la Société BK Conseil, un cabinet de consultant international créé par Bernard Kouchner, aux fins de rédiger un rapport sur le rôle du groupe pétrolier dans ce pays. Après un séjour du 25 au 29 mars 2003, un document de dix neuf pages a été pondu par BK Conseil qui blanchit Total contre 25.000 € d’honoraires hors frais. Horrifiés, les opposants crient au scandale, et dénoncent la légèreté du travail pour n’avoir pas été interrogés par BK Conseil. Kouchner persiste : « Je suis sûr à 95 % que les gens de Total ne sont pas capables de faire ça, ce ne sont pas des esclavagistes. » Quelques mois plus tard, en novembre 2005, le travail du Grand défenseur des droits de l’Homme a été vidé de sa substance : Total décide d’indemniser les esclaves que « BK Conseil » affirmait n’avoir pas vu.

Merci, M. Kouchner de reconnaître en ce jour du 10 décembre 2008, qu’il y a contradiction permanente entre les droits de l’homme et la politique étrangère de la France. C’est ce que les Africains disent depuis environ cinq siècles. À partir de ce moment, la France doit tirer les conclusions qui s’imposent. Ceux qui, en Afrique, ignorant les réalités du monde et refusant de lire correctement l’Histoire, croient naïvement ou par petits intérêts égoïstes liés aux miettes de financements qu’ils ne cessent de quémander des ONG et Fondations occidentales en faveur de leur business associatif, que les pays Occidentaux, parce qu’ils « blablatent » sur la morale et sur l’Homme, sont des défenseurs des libertés en Afrique, alors même qu’ils soutiennent les guignols de tyrans, sont à présent sensibilisés.

Sarkozy n’a-t-il pas, lui-même, précédé Kouchner en disant à Dakar en juillet 2007 que la France ne peut se substituer aux Africains -ce qu’aucun Africain ne lui demande d’ailleurs- dans leur revendication relative aux libertés et droits ? Traduction : la France ne s’occupe pas des droits de l’Homme en Afrique. Ce n’est qu’une confirmation de ce que les peuples d’Afrique ne cessent de dire. Ce message sarkoziste n’est pas tombé dans les oreilles des sourds. La jeunesse africaine l’a entendu et exige de la France qu’elle n’intervienne pas lorsque les peuples s’opposent aux guignols de dirigeants qui les oppriment.

Rodrigue Kpogli* ( correspondance particulière )

http://www.afriquechos.ch/spip.php?article3760

Un commentaire

  • Rico Bambin (1 comments), le 16 janvier 2011

    J’aim bien votre article; je suis senegalais et depuis un peu plus d’une decennie je vis en occident. A suivant l’actualite cette semaine, je ne peux que sentir un paissement au cour a cause de la cherete de la vie. J’accuse les gouvernants d’avoir trahi leur peuple.

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