Warning: Creating default object from empty value in /home/bargeo/sd/glob/www/wp-content/plugins/bp-advanced-seo/bp-advanced-seo.php on line 182 Sarkozy ranime la flamme fasciste - LE GLOB DE BARGEO
 

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Sarkozy ranime la flamme fasciste

Jeudi dernier, Nicolas Sarkozy participait à l’émission «Paroles de Français». N’ayant pas de télévision, je ne me suis pas infligé la vision de ce show ridicule et totalement biaisé. Mais il était impossible de ne pas avoir d’échos de ce grand moment de démocrature tant l’émission sus-citée a été disséquée et décriée.

Je ne retiendrais qu’un court extrait du discours de notre monarque, lequel m’a tant choqué qu’au risque d’être accusé d’extrémisme ultra-gauche, j’ai envie de l’appeler Führer : «C’était une bonne idée de parler du multiculturalisme. Il faut que l’UMP lance un débat sur l’islam. Moi, je veux aller plus loin: je ne veux pas de minarets, pas d’appels à la prière dans l’espace public, pas de prières dans la rue».

Je peux comprendre, bien que je ne souscrive pas à ce discours qui selon moi n’est qu’une incitation à la haine tant raciale que culturelle ou religieuse, que l’on s’interroge sur la place de l’islam en France. Les musulmans sont de plus en plus nombreux, c’est un fait. L’appel à la prière dans un espace publics, ou les prières dans la rue peuvent gêner. Il me semble urgent de donner les moyens aux musulmans la possibilité de pratiquer leur culte de manière décente.

Mais que le chef de l’état ose dire qu’il ne veut pas de minarets, cela me choque au plus haut point. Nous sommes dans un état laïque, ce qui suppose une séparation de l’église et de l’état. Cela ne devrait aucunement influer sur le droit de pratiquer sa religion, quelle qu’elle soit.

Que dit la loi à ce sujet ?

Juridiquement, la loi de 1905 garantit la «libre conscience et la liberté de culte» dans son article premier.

« Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi » (art. 10 de la Constitution).

Refuser l’existence de minarets ne peux qu’obliger les musulmans pratiquants à troubler cet ordre public. Une telle intolérance au plus haut sommet de l’état me sidère. Se plaint-on que nos églises aient des clochers ? Les catholiques sont-ils inquiétés lorsqu’ils pratiquent leur culte ?

« Il y a quinze ans on a eu le voile, il y avait de plus en plus de voiles. Puis il y a eu la burqa, il y a eu de plus en plus de burqa. Et puis il y a eu des prières sur la voie publique (…) Maintenant il y a dix ou quinze endroits où de manière régulière un certain nombre de personnes viennent pour accaparer les territoires. Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c’est une occupation du territoire. C’est une occupation de pans du territoire, des quartiers dans lesquels la loi religieuse s’applique, c’est une occupation. Certes il n’y a pas de blindés, il n’y a pas de soldats, mais c’est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants ». Et que penser de ce discours, à peine plus agressif ? Il n’est pas de Sarkozy mais de Marine Le Pen. Mais sur le fond, y a-t-il vraiment une différence ?

En entendant ces discours, je ne peux pas m’empêcher de penser aux heures sombres de notre histoire, alors que nous faisions la chasse aux juifs. Et tant pis si l’on me taxe de point Godwin.

A l’heure où nous assistons aux révolutions arabes en applaudissant sans risque le courage de ces peuples face à leurs dictateurs, comment peut-on rester muet face à un pouvoir bafouant de manière si honteuse les droits de l’homme ?

Extraits de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, pour rappel :

  • Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité. (art. 1)
  • 1.Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation. (art. 2)
  • Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination. (art. 7)
  • Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu’en privé, par l’enseignement, les pratiques, le culte et l’accomplissement des rites. (art. 18)