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Publié par Corsaire Sanglot le 8 avril 2009

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Situation tendue dans les facs? Non, explosive…

Les manifestations ne se comptent plus après une grève reconductible qui dure depuis le 2 février. Les démissions administratives se succèdent les unes après les autres sur les bureaux des recteurs. Même les jurys du bac  sont mis à mal: de nombreux universitaires refusent de présider les séances de délibérations qui permettent de valider ce diplôme national.

Alors que la CPU (Conférence des Présidents d’Universités) appelle à la reprise des cours et au déblocage des facs, quelques présidents dissidents enjoignent à amplifier le mouvement et fustigent l’autisme gouvernemental. Les médias ont laissé croire à un essoufflement de la mobilisation étudiante. Oui, le mouvement s’est essoufflé, il y a effectivement moins de monde pour participer à ces traditionnels défilés dans les rues qui ne sont pas (ou peu) relayés par les journaux. Mais l’insurrection gagnent du terrain et les moyens de se faire entendre se radicalisent. Les présidents d’universités qui soutiennent le gouvernement sont en mauvaise posture, à Rennes, à Orléans, ils sont séquestrés par des étudiants en colère, sur les nerfs, prêts à tout pour se faire entendre et pour défendre le service public de l’enseignement et de la recherche.

Aujourd’hui, ce fut au tour de M. Lambert, directeur du CROUS de Paris (qui s’occupe des bourses, des logements étudiants, des restaurants universitaires…), mais aussi auteur d’un fameux rapport dit « Lambert », qui entend démanteler, (pour ne pas dire privatiser), les CROUS: autrement dit, chaque CROUS se verra contraint de trouver des fonds privés pour financer le payement des bourses sur critères sociaux et autres aides qui permettent à tous d’accéder aux études supérieures. Ceux qui ne voient pas où est le problème peuvent s’en aller, je ne peux rien faire pour eux. Pour en revenir à ce cher M. Lambert, il à été séquestré cet après-midi par des étudiants. Ils furent violemment éconduits par la police au terme d’une heure et demi de débats peu fructueux semble-il.

Pour les amateurs de vidéos:

Autre moyen de maintenir la pression sur nos chers ministres: refuser d’organiser les examens pour le deuxième semestre. Cette idée commence à germer dans les facs les plus mobilisées comme Paris I, III, IV, Bordeaux III, Toulouse le Mirail etc. La plupart du temps, cette décision résulte d’une majorité écrasante qui s’affirme dans les assemblées générales réunissant parfois jusqu’à deux mille étudiants et enseignants.

Mais la fronde ne s’arrête pas là. La semaine dernière, certains décidaient de bloquer les rectorats (à Orléans et Bordeaux notamment). Il s’avère que les recteurs sont aussi sourds que leurs commanditaires. Le siège de l’AERES (Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur) était lui aussi assailli par des chercheurs enragés et dépités par le mépris affiché d’une classe dirigeante qui n’hésite pas à saborder des années de travail pour le seul profit d’une idéologie désastreuse qui a déjà fait preuve de son inefficacité et de son inhumanité. Il n’y ont trouvé que de vains mots; « cela ne dépend pas de nous ». Pas de responsable donc… C’est la crise, vous comprenez?

En attendant, puisque les syndicats peinent à se décider, certains enseignants du primaire et secondaire rejoignent le mouvement et appellent à une grève reconductible à partir du 4 mai. Un mot d’ordre similaire s’organise dans le milieu de la santé, le rendez-vous est lui aussi fixé au moi de mai…

Une autre information qui peut faire peur et que je vous laisse consulter par vous-même, il suffit de faire une recherche sur google: rappel des réservistes de la police nationale avant le 30 juin 2009. Vous trouverez certainement beaucoup d’articles qui vous renseigneront mieux que je ne peux le faire.

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