Par George

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Votera, votera pas…

Dimanche, comme certains français, j’ai été voter. Accomplir mon fameux devoir citoyen. Avec à peu près autant d’enthousiasme que dans ma prime jeunesse quand je baclais au plus  vite mes devoirs scolaires.

Malgré l’écoeureument grandissant que je ressent face à la classe politique, je n’ai jamais consenti à m’abstenir. Pour moi, le vote a toujours été plus un devoir qu’un droit. La preuve que nous vivons en démocratie. Une chance qu’il serait stupide de gacher.

Tout le monde sais bien que voter, c'est important

Mais voilà, depuis peu, le doute m’habite. Vivons-nous vraiment en démocratie ? Dans les formes, certes. Mais dans le fond ? Dégringolade au classement RSF, violences policières, démantelement de la justice, de l’éducation, manipulation constante des médias “officiels”, népotisme, omniprésence et personnification à outrance de président de la république, … je ne suis pas certain que nous ayons trop à nous targuer de cette démocratie.

C’est pourquoi, bien que ce post de @petaramesh m’ait de prime abord choqué (Le seul “devoir de citoyen” c’est celui de refuser d’être pris pour un con) je ne peux que comprendre ce rejet d’un jeu de dupe auquel de moins en moins de français participent.

Dans le même registre, Thierry Crouzet écrivait sur son blogJe n’ai pas voté une nouvelle fois et je ne voterai pas tant que la démocratie ne sera qu’un simulacre.

J’ai également beaucoup apprécié la démarche de @monolecte répondant à son dilemme (“Ne pas y aller, ça aurait fait démissionnaire. Y aller, ça fait complice.“) d’une manière pleine d’humour et d’ironie.

Et moi, dans tout ça ? Bien que je comprenne et partage en grande partie le sentiment d’une majorité de français ayant décidé de s’abstenir d’être pris pour des cons, je ne peux me résoudre à ne rien faire. Je vois bien que la France va à vau-l’eau, qu’y a plus d’saisons, que rien n’va plus ! Mais c’est-y une raison pour baisser son pantalon les bras ?

Si nous ne sommes plus en démocratie, l’abstention est certainement un beau cadeau à faire au gouvernement. Dans le cas contraire, s’il n’est pas encore trop tard, je ne vois que deux choix : voter, ou prendre les armes. La seconde solution n’est-elle pas un peu extrême ?

Dimanche, mon fils de cinq ans m’a posé une question très pertinente : alors que je lui expliquais que j’allais essayer de choisir un chef moins pire que les autres (je ne voyais pas comment expliquer de manière plus simple la démocratie), il m’a demandé si je ne voulais pas l’être. Ben non. Pourquoi ? Parce que les chefs ne font souvent que se disputer, mentir, tricher, voler, et faire du mal au gens. Pas envie de partir au casse-pipe. Y’a pas quelqu’un d’honnête qui voudrait se dévouer ?

4 commentaires

  • Swâmi Petaramesh (1 comments), le 16 mars 2010

    @George : « Si nous ne sommes plus en démocratie, l’abstention est certainement un beau cadeau à faire au gouvernement. »

    Voter revient à reconnaître le “système” comme toujours démocratique, puisque c’est se plier à l’exercice qu’il impose. Donc c’est voter qui constitue un sacré beau cadeau à faire au système politique / médiatique – je n’en veux pour preuve que la désolation et la rage qu’il exprime quand on ne vote pas…

    > « je ne vois que deux choix : voter, ou prendre les armes. La seconde solution n’est-elle pas un peu extrême ? »

    Poser le débat en ces termes est la meilleure façon de ficeler le peuple dans l’impuissance. La démocratie (réelle) admet d’autres termes entre vote passif et lutte armée, tous ces moyens d’expression que sont, pour commencer, l’expression publique, puis les grèves, manifestations, mouvements de rues, blocages divers, toutes ces gradations entre le moutonnisme et l’insurrection.

    Rappelons que dans une démocratie le pouvoir APPARTIENT au peuple, et que le déléguer par le vote n’est qu’un des moyens possibles de l’exercice de ce pouvoir, pas le seul moyen, encore moins un devoir.

    Si ce moyen est confisqué de manière à ne plus offrir de réelle alternative, le peuple reste libre d’exercer son légitime pouvoir différemment (et aucun pouvoir n’est légitime en face du peuple, dans une démocratie…)

    En général, quand les armes se prennent, les premières balles réelles sont tirées par ceux qui les ont déjà sur eux, avec leur uniforme bleu ou kaki… Les versaillais, quoi. Quand le système ne parvient plus à donner le change et étouffer le voix de la contestation. Et que le seul moyen qui lui reste pour maintenir son pouvoir, à défaut de légitimité, est la violence.

  • hidalgo (119 comments), le 16 mars 2010

    Ça me rappelle mon papa colonel qui n’avait de cesse de répéter (comme savent si bien le faire les militaires gnarf!), “On ne vote plus aujourd’hui pour le candidat voulu mais contre celui que l’on ne veut pas”. Mais bon je reste partisan de l’absentéisme dans un système qui ne laisse pas la place à un vote blanc, à un vote sanction. Imaginons qu’en masse les français décident de boycotter des élections, alors oui la classe politique comme on aime les désigner se verrait obligée de réagir…mais c’est sans compter notre traditionnel gout pour les partis extrêmes….comme d’hab…trou noir…voie sans issue…ça fatigue à force de jouer les Don Quichotte non?

  • George (169 comments), le 17 mars 2010

    @Petaramesh : Tu as raison. La façon dont j’ai présenté le problème est bien trop manichéenne. Il reste en effet toujours possible de manifester, de faire grève (il y aurait beaucoup à dire sur le “droit de grève”), d’exprimer son opposition par toutes les façons possibles…
    Je ne suis cependant pas convaincu que tout cela serve à grand chose.
    La casse de l’éducation nationale se poursuit sans difficulté malgré les nombreuses grèves étudiantes, les oppositions des parents d’élèves, du personnel enseignant.
    Quand les juges manifestent, il leur est aimablement rappelé qu’ils risquent des sanctions (http://www.rue89.com/2010/03/11/les-magistrats-grevistes-menaces-de-sanctions-142442).
    Le million de chômeurs en fin de droit a-t-il vraiment une possibilité efficace de s’exprimer ?
    Le problème de l’abstention est, à mon avis, que personne ne peut réellement dire si il s’agit d’un acte “citoyen” au sens où c’est une forme d’expression politique, ou simplement d’un désintérêt profond de la chose (ce qui reste effectivement très problématique).
    Si comme en Belgique, le vote était obligatoire et l’abstention punissable d’une amende, alors oui, refuser de voter prendrait plus de sens je crois.
    Et inutile de parler du vote blanc qui, n’étant pas comptabilisé, ne sert strictement à rien.
    Je t’envie un peu d’avoir les idées claires sur ce sujet. Pour ce qui me concerne, j’ai l’impression d’avoir à choisir entre deux alternatives également détestables. Et je ne vois toujours pas de troisième solution.

  • NingúnOtro (1 comments), le 18 mars 2010

    La troisième solution… ce serait de créer de toutes pièces un nouveau parti basé sur l’analyse du fonctionnement des actuels, sur les mécanismes à mettre sur place pour préserver celui-ci de la prédation qu’ont subi ceux qui existent déjà de la part des carriéristes politiques (toutes idéologies instrumentalisées confondues) et de la part des financiers qui ont su mettre au centre leurs intérêts par la voie de l’enchérissement des couts des campagnes électorales, d’une telle façon que les partis soient esclaves des prêts consentis dans le passé et à genou pour pouvoir obtenir ceux dont ils auront besoin dans le futur. En s’immunisant des leur début contre ces maladies incurables… ils pourront garder une indépendance qui leur donnera la confiance de tous ceux, de tous bords, qui avant tout ont besoin d’une occasion d’exprimer d’une façon électoralement utile le ras-le-bol de TOUS les politiciens et partis présents qui leur forcent à se suicider politiquement ou choisir entre peste ou choléra.

    On commence avec une alternative pour les partis,…
    on suit avec une alternative pour les mass-média,…
    on change le système monétaire pour neutraliser l’accumulation tricheuse sous le système actuel…

    … et on change le monde!

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