Bonjour tout le monde,

Me voilà de retour après quinze jours de vacances à Marrakech.

Vous le savez sans doute, lors de mon séjour dans cette ville merveilleuse, une bombe à explosée, détruisant le café l’Argana. Il s’agirait d’un acte terroriste, et si tel est bien le cas, l’endroit était particulièrement bien choisi : ce café est un lieu central de “La Place” (celle-ci est tellement vaste que les Marrakchis n’éprouvent pas le besoin de préciser que c’est la place Jamaa-El-Fna). Que l’on soit touriste ou Marrakchi, impossible de ne pas voir les traces de l’explosion.

Se trouver là-bas lors de l’attentat, forcément, ça marque. Ce lieu était, comme pour beaucoup, notre point de rendez-vous quotidien. Deux jours plus tôt, j’y étais resté deux heures avec mes enfants, y dégustant une glace en profitant du spectacle sans cesse renouvelé de la Place. Un ami, présent à ce moment, avait hésité à y manger le midi où a eu lieu l’attentat. Le destin, comme diraient un peu plus tard nos amis marocains…

Cet attentat, non revendiqué à l’heure actuelle si je ne m’abuse, a beaucoup choqué. Mais le plus choquant pour moi a été de voir le traitement qu’ont fait les médias occidentaux de ce drame.

J’ai vu à la télévision des images choquantes, voix off dramatisant à outrance cet acte incompréhensible. Des images sans aucun rapport avec ce que j’ai pu voir les jours suivant. Haine, colère, envie de vengeance, … Pire encore, et sortie de nul part, l’image d’arabes hilares faisant le “V” de la victoire. Consternant, et oh combien mensonger !

Je n’ai, quand à moi, qui était sur place au quotidien, vu que de la tristesse, de l’incompréhension, et un immense respect pour les victimes. J’ai entendu des marocains regretter que des étrangers aient été touchés : cela aurait été moins douloureux si seule la population locale avait été frappée. Autour de l’Argana, à toute heure du jour ou de la nuit un grand silence, presque religieux. Celui des gens, marocains pour la plupart, venant se recueillir et prier pour les victimes.

Mais surtout, malgré tout, j’ai été frappé par une formidable vitalité, une joie de vivre profonde. La vie continue !

Je ne peux pas m’empêcher de comparer le “travail” des journalistes à celui de charognards essayant d’achever leur proie encore tiède. Salissant par leur simple présence, leur avidité, leur soif de sensationnel, ce qui n’est rien d’autre qu’un triste drame. Et j’admire les marocains qui malgré cet attentat, malgré cette fausse image véhiculée par des médias méprisants se nourrissant de la peur et la suscitant au besoin, continuent à vivre, simplement, dignement.

Courage.