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Publié par George le 8 mars 2009

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Grève à Boca Chica

Hier soir, alors que je musai, d’humeur fôlatre, sur le pavé parisien, une manifestation bruyante, quoique composée seulement d’une quinzaine de quidams vint troubler mes pensées. Sur le coup, je n’y prêtai guère attention, et me contentai de saisir machinalement le tract proposé par une jeune fille que je suppose charmante.

Ce n’est que tout à l’heure qu’extrayant un bout de papier insolite de mon manteau, je pris connaissance du contenu revendicatif du tract que j’avais accepté la veille.

Les salariés d’un petit restaurant parisien nommé Boca Chica sont en grève.

Leurs griefs :

  • seule une partie du salaire de janvier aurait été payé … sous forme d’accompte. Quid de celui de février ?
  • les horaires de travail seraient particulièrement erratiques, au gré des besoins de l’employeur, et ce même si la plupart des salariés sont embauchés à temps plein.
  • deux salariés licenciés il y a plusieurs semaines attendraient toujours le versement de leur solde de tout compte.
  • une autre procédure de licenciement serait en cours.

Voici ledit tract :
tract
J’essayerai de ne pas faire preuve ici d’un anticapitalisme primaire. Des patron malhonnêtes, cela a toujours existé. Des ouvriers en colère également.

Ce qui m’a surpris, c’est que des salariés d’une PME soit capable de se mobiliser de cette manière. Cela est courant dans le service public, mais dans le privé, la peur du licenciement est généralement suffisament dissuasive pour enpêcher de telles manifestation de mécontentement. Au mieux (ou au pire ?) passe-t-on devant les prud’hommes.

J’ai eu le sentiment, peut-être exagéré, d’avoir assisté à l’expression d’un profond dégout, du marasme ambiant dont parlent tant les différent médias, bref, à cette fameuse crise dont on nous rabat les oreilles à longueur de temps.

Cette petite anecdote m’a confirmé dans l’impression que j’ai depuis quelque temps : la crise est loin d’être seulement financière. Elle est surtout le reflet d’un ras-le-bol général envers le libéralisme à outrance, la surconsommation, et surtout le manque de considération flagrant des « nantis » pour ceux qui ont moins de chance.

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