infect verbiage, je t’aime!

Je ne doute pas que mon propos traversera les hautes sphères du web pour finir, tel un cheveu sur la soupe, dans la corbeille à papier d’un internaute fatigué par la quantité ténébreuse de post et autres écrits qui plonge le lecteur contemporain dans les méandres d’une profonde incompréhension quant au sens de la vie. Mais qu’est-ce donc qu’écrire si personne ne prend la peine de vous lire? Question légitime, certes; pour autant, je ne doute pas non plus que cette petite histoire à l’allure de réflexion philosophique aguichera quelques-uns de ces lecteurs lointains encore soucieux du bien-être des petits génies que l’on trouve au fond des bouteilles de mezcal.

Aussi, je ne me soucierai pas des vaines réflexions que l’on mène lorsque l’on doit rédiger une dissertation et je me contenterai de rapporter les menus faits d’un neurone exhalté par l’alcool. Et peut-être, oui tout est possible, peut-être que mes réflexions conduirons certains d’entre vous à acquiescer bêtement à toutes les conclusions de mon raisonnement. Mais trêve de satisfecit, il est grand temps de prendre à bras le corps l’ensemble du problème que m’imposent les circonstances; car l’heure est grave, oui chers confrères, notre époque ne peut que susciter horreur et stupéfaction. Voyez-vous, il y a peu, alors que mon esprit gambadait gaiemment d’opinions en certitudes et que ma pensée trouvait appui sur les vaines présomptions d’une élite éclairée, je me trouvais face à un constat pour le moins déstabilisant: la tolérance, présupposé du savoir-vivre en société que l’on nous inculque dès notre plus jeune âge, bien loin de garantir l’ouverture d’esprit dont chacun croit pouvoir se glorifier, contribue à saper les fondements de notre raison; oui, sous cette sacro-sainte tolérance, fondement de notre culture démocratique et prétendumment laïque, se terre un véritable poison.

Maintenant, vous attendez sans doute les arguments; je vous vois aux abois: « où veut-il en venir? que veut-il dire? » Mais si c’est cela que vous êtes venu chercher, en vérité je vous le dis, l’homme n’est pas rationnel. Inutile donc de vous assaillir de mes vaines arguties démonstratives et hypothético-déductives, vous n’en feriez rien de plus que moi, c’est-à-dire pas grand chose. Une petite histoire serait tellement plus parlante…

C’était un soir d’automne, dans une ville bien connue de tous les français; le feu palpitait sur nos visages, le froid pénétrait nos corps et l’alcool enivrait nos chaires vives. Les chiens, toujours fidèles, suivaient le nerf de nos conversations, fixant de leurs pupilles les mots calcinés dont nos bouches enfumées se faisaient les cachots moisis. Rien n’avait plus de sens que l’affirmation singulière et vociférante de chacun des belligérants. Toutefois Dame Raison surplombait nos débats: oui, suivons le sens commun; ne nous égorgeons pas pour si peu; ce serait dommage, entre amis. Et les phrases de s’effacer dans un brasier d’indifférence, les idées de se perdre dans l’œil hagard de la liberté. L’intolérable tolérance! Un idiot, qui croyait en la Vérité, plein de rage et d’inconscience, ce soir-là, mis fin à ses jours. Et je vous le dis, moi, goliard des temps jadis, cet acte éminnement « fin de siècle », cet acte vous dis-je n’avait sans doute pas d’autre but que de montrer qu’aujourd’hui encore il est peut-être beau de mourir pour ses idées. Seulement voilà, au pays d’Isidore, plus personne ne tue.

A lire également :

    Aucun résultat

2 commentaires

  • Rita (60 comments), le 25 janvier 2011

    Ahahha Tu devrais abuser plus souvent de la Vodka, ca fait du bien!

  • George (169 comments), le 25 janvier 2011

    Pour un article qui ne veut rien dire, qu’est-ce que c’est bien dit !
    Tu es fin prêt pour faire de la politique… ou pour être philosophe ;)

Poster un commentaire

Subscribe without commenting