Par drjib

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Les mots de la drogue

La linguistique a son importance quand on parle de drogues…
Qu’on utilise tel ou tel terme, l’idée véhiculée sera à chaque fois différente transmettant ainsi un point de vue une opinion ou tout simplement l’image qu’on se fait de ces substances

Le principal terme qui les regroupe toutes est celui de stupéfiant. A l’origine il décrivait simplement toutes les substances qui stupéfient c’est à dire les opiacées. Mais la convention unique sur les stupéfiants de 1961 de l’ONU va venir englober une bonne partie des drogues dans ce terme.

Les psychotropes, capables de modifier l’activité mentale, sont venus compléter cette classification de l’ONU en 1971
Ils regroupent la classe des neuroleptiques, des stimulants, des dépresseurs et des hallucinogènes..
Ce terme trop général a surtout pour but de désigner, comme les stupéfiants, les drogues dans leur ensemble

affiche réalisée par Annette Lindalh

affiche réalisée par Annette Lindalh

L’emploi du mot hallucinogènes est un peu réducteur dans l’esprit collectif. En effet il limite l’action des substances qu’il désigne à des hallucinations ou illusions de perceptions. Or on sait bien aujourd’hui que ces substances génèrent plus que de simples hallucinations et viennent induire d’autres effets bien plus complexes.
Celui de psychodysleptiques, substances qui perturbe l’esprit, est lui aussi un peu simplificateur…
Ces deux expressions viennent ancrer le coté pathologique des substances qu’elles désignent les reléguant au domaine de la psychiatrie.

Les psycholytiques provoquent le relâchement, l’ouverture de l’esprit. C’est un terme intéressant que l’on pourrait réserver à un cadre thérapeutique même si de nombreuses substances ont un effet psycholytique.
Le mot empathogènes désigne les nombreuses drogues provoquant un sentiment d’empathie.

psychedelic_vision

Psychédélique signifie qui révèle l’âme, qui rend l’esprit manifeste. Le terme a été inventé en 1956 par le psychiatre H. Osmond. Il désigne la famille des hallucinogènes qui comprend de nombreuses drogues dont beaucoup de plantes.
L’effet des psychédéliques est caractérisée par des hallucinations sensorielles mais surtout par l’aspect introspectif de l’expérience qui peut provoquer des états proches du rêve ou de la transe.

Les enthéogènes en traduction littérale génèrent du divin à l’intérieur de soi.
C’est Robert Gordon Wasson un ethnobotaniste qui a proposé ce terme pour évoquer ” la libération ou l’expression d’un sentiment divin en soi”
Ce sont les Plantes des Dieux qui peuvent générer de tels états. Utilisées depuis des millénaires pour rentrer en contact avec les Dieux ou le divin, elles provoquent des états mystiques oscillants, amicaux ou hostiles, positifs ou négatifs.
Les substances actives permettant ces expériences sont entres autres la mescaline, la psylocybine, le diméthyltryptamine (DMT), la salvinorine, le LSD ou l’ibogaïne
En sachant que le caractère enthéogène d’une expérience relève plus de la manière dont elle est perçue par le sujet que de la substance utilisée

Les consommateurs ont eux aussi leur désignations négative ou positive
Toxicomanes, drogués, dépendants ou alors hédoniste, psychonaute ou enthéonautes. Une louche d’introspection ou une cuillère de lobotomie?
Et vous qui êtes- vous, qui seriez vous?

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