Steve Jobs est mort.

A moins d’être complètement coupé des médias, impossible d’échapper aujourd’hui à cette nouvelle. Le monde entier pleure ce prophète des temps modernes. Des hommages spontanés et commémorations débutent devant les temples Apple. Les adeptes du monde entier se répandent en pleurs, et un deuil de quarante jours sera bientôt décrété.

Moïse descendant du mont Sinaï avec les tablettes de la Loi

Pour ma part, étant technologiquement agnostique, je ne me sens guère concerné par la mort de celui qui n’est pour moi qu’un homme. La religion Apple n’a pas réussi à me convertir à ce qui n’est pour moi qu’une monumentale arnaque. J’ose même pousser le scepticisme en pensant que les systèmes Mac ne sont qu’une belle interface à un Linux, et qu’il serait déraisonnable de payer trois fois plus cher pour un produit simplement parce qu’il est beau.

Mais trêve de blasphèmes. Je ne voudrais pas me moquer des croyances d’autrui, surtout en un moment si difficile pour les sectataires  de la Pomme. Même si j’ai une fâcheuse tendance à être irrémédiablement hermétique à toute forme de culte voué à des objets ou des personnes, respectons leur douleur.

Mais si, lecteur, tu partages mon aversion pour ces lamentations bouleversantes, je t’invite à lire cet article que j’ai découvert, amusante coïncidence, hier : Fétichisme de la marchandise digitale et exploitation cachée : les cas Amazon et Apple. Les possesseurs (devrais-je dire possédés ?) de Macs peuvent bien sûr également le lire, mais peut-être cela heurtera leur convictions…

Après la lecture de cet article, peut-être direz vous alors avec moi cette magnifique épitaphe que j’ose emprunter à @recriweb :

Un grand chef capitaliste est mort… Quelques geeks et quelques patrons pleurent… Les médias nous gonflent… Les exploités d’Apple s’en foutent.