Par hidalgo

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Avortement…et les hommes dans tout ca ?


La question de l’avortement est un sujet difficile… Il n’y a pas de réponse toute faite étant donné la portée psychologique propre à chacun face aux conséquences de cet acte.

L’on se penche essentiellement sur les droits et les enjeux des femmes, que je ne remets pas en question, mais les hommes dans tout ça ? Quels sont leurs droits, leur rôles ? A quel niveau se trouve l’atteinte psychologique d’un tel acte ?

Parcourant les divers témoignages au fil de mes pérégrinations sur le net, je me rends compte qu’au final, les hommes avortent aussi, se posant les mêmes questions, subissant les mêmes sentiments de culpabilité et de vide que la femme. Bien sûr la femme subit une intervention que l’homme n’a pas à vivre, ce qui fait une grande différence quant aux droits. Mais l’homme et ses ressentis ne comptent-ils pas ?

Les mouvements féministes divers, en général une caricature opposée au machisme à mon sens, semblent se moquer éperdument de l’état et du droit de l’homme à la parole. « J’avorte, je te le dis mais je m’en fous de ce que tu penses, tu n’a rien à dire » est l’une des paroles les plus classiques rencontrées. L’homme, alourdi par les pressions sociales égalitaires de la société, se retire, en silence, il accepte en général sans mot dire, juste le « peu importe ton choix, je te soutiens quoi qu’il arrive ». Cela ne cache-t-il en profondeur un « j’aimerai bien le garder mais j’ai rien à dire, sinon je vais passer pour un macho à la con »

Le machisme, c’est un peu comme le racisme, bouffé par le politiquement correct, (je ne sais aujourd’hui moi-même plus comment dire que mon pote a la peau noire, ou est de confession juive, ou viens du maroc…..), il menace les hommes, telle l’épée de Damoclès, leur interdisant d’élever la voix pour  prendre position, et devenir ainsi des machos rétrogrades et conservateurs.

Lors d’un avortement, on se concentre sur la femme, uniquement sur la femme, et l’homme lui, il est là, seul, dans un coin, se sentant souvent coupable au fond de lui d’avoir osé mettre cette femme enceinte contre son gré, sentant la pression sociale lui interdisant tout commentaire ou prise de position.

Que la décision finale revienne à la femme, soit, mais si et seulement si il y a eu discussion auparavant. Si la décision est prise par la femme avant même d’en parler à l’homme, où est l’intérêt de l’y impliquer ? Si il n’a aucun choix, pourquoi lui dire que l’on va avorter de toutes manières ? Pourquoi infliger ce désarroi et cette souffrance en imposant un choix qui parle de vie et d’avenir ? Ce sont des questions que je me pose car au fil des témoignages que je lis, c’est l’une des plus grande souffrance chez les hommes vivant un IVG, n’avoir RIEN à dire…

Cet article est ouvert aux témoignages et commentaires, je vous encourage à y participer étant donné le nombre de questions sans réponse qui s’y trouve et la complexité du sujet.

10 commentaires

  • toto (96 comments), le 23 janvier 2011

    Hello. Et je conseille un super bouquin, Le choeur des femmes. (martin winckler) (c’est pas excatement sur l’avortement, mais c’est genre dans un service de gynécologie, de gonzesses quoi (oh pi oui il est super)). Pi bon je suis une femme, alors je peux pas trop dire pour un mec, mais (je dis pas ca pour toi, c’est remarque d’ordre générale) souvent les mecs comprennent pas en fait que les feministes leur truc c’est de défendre le droit des femmes, vraiment, qu’on est trop à la rue par rapport aux mecs (non mais les virilistes machistes de merde ils m’agacent) (ah ben t’as vu je suis de bonne humeur moi le dimanche matin). Mais sinon, c’est bien d’avoir un peu un point de vue de mec sur la question, c’est vrai que c’est pas souvent.
    pi bon dimanche.

  • toto (96 comments), le 23 janvier 2011

    non mais je suis revenue (oui le sujet est difficile, du coup hein, je dis des betises un peu (allé)). bon vous etes tous bien elevé ici, alors comme j’ai dit merde je dis ma betise qui explique, j’ai mis merde derriere machiste parce que si je mets pas ca ,moi ca me fais penser a macho feministe (fred alpi chanson), et je regarde le ciel avec un grand sourire, (je suis cruche je sais) et je suis pas sortable)

  • George (169 comments), le 23 janvier 2011

    Sur les discriminations homme/femme, il y a un nouvel article sur le blog d’un odieux connard qui vaut la peine d’être lu…
    Bon dimanche.
    Merde ;)

  • Seve (5 comments), le 23 janvier 2011

    L’avortement ou l’accouchement sont des actes pour la femme ; ce sont des ressentis pour l’homme.

  • toto (96 comments), le 23 janvier 2011

    moi ce qui m’a fait marrer ce matin, c’est la blague du lave vaisselle sur vie de meuf
    http://viedemeuf.blogspot.com/2011/01/aujourdhui-mon-cheri-setonne-de-me-voir.html (abenzut c’était pas une blague, doh ;))

  • Seve (5 comments), le 23 janvier 2011

    La possibilité d’une vie se dessine entre deux êtres de sexes complémentaires, et l’un des deux sexe décide qu’il n’est pas en mesure de l’assumer… L’autre sexe, de son côté, décide qu’il peut l’assumer.
    D’un côté, il y a un acte qui nécessitera de réorganiser au moins une vie, au moins pour 20 ans ; de l’autre, un acte qui ne pas trop chamboulera pas trop une organisation.
    Etes-vous prêts au changement radical ?
    L’avortement apparaît comme une réponse négative à cette question. Chacun son rythme.
    Parmi ces deux sexes, il y en a un qui se verra transformé physiquement par sa décision, pendant 9 mois minimum, s’il opte pour le changement radical.
    La liberté signifie d’abord être libre de son corps.
    C’est donc tout à fait normal que la femme bénéficie du dernier mot, car elle est seule à décider de ce que son corps doit vivre.
    L’avortement ou l’accouchement sont des actes vécus par la femme ; ce sont des ressentis, des émotions vécus par l’homme.
    Cette inégalité naturelle est très largement compensée par toutes les inégalités culturelles en vigueur sur la planète, à commencer par la vaisselle relayée par Toto ou par les différences de salaires constatées entre les sexes.
    Quant aux conséquences psychologiques négatives d’un avortement non désiré, quel que soit le sexe, Freud pourrait nous suggérer qu’il s’agit là d’une réponse à la frustration subie par notre égotiste et naturel instinct de procréation. Sentiments d’abandon ou d’inutilité peuvent découler d’une telle expérience, suivis de près par la dépression. Ces troubles s’installent plus particulièrement en terrains propices, chez des êtres déjà fragilisés qui trouveront là une opportunité inconsciente d’aggraver leur état d’être. Des structures d’accompagnement, associations ou médecins, mais surtout des oreilles et des cœurs emplis de compréhension peuvent être d’un soutien favorable pour toutes ces personnes qui font face à la décision de garder ou de se séparer de ce qui pourrait devenir une vie, ou pas.
    Pardon monsieur, mais mon corps de femme m’appartient au même titre que la décision de garder ou de me séparer d’un embryon grandissant en mon sein.
    Depuis 1975 les femmes ont le droit d’avorter en France. En Afrique, il y a en moyenne 300 000 mortes chaque année à cause des avortements clandestins.
    Le droit à l’avortement est un acquis essentiel pour la liberté de la femme. L’homme, lui, a le choix de soutenir la femme, ou non.
    http://www.afrik.com/article9739.html

  • hidalgo (119 comments), le 24 janvier 2011

    heu Seve, mis à part soutenir mon propos avec des mots juste un peu plus techniques, que cherches tu exactement à dire?

  • Seve (5 comments), le 25 janvier 2011

    Hidalgo, mon cher Hidalgo. Avorter est un acte féminin, déjà bien assez lourd comme ça pour que les hommes ne viennent pas nous alourdir encore avec leurs états d’âme de géniteurs frustrés.
    Oui vous pouvez souffrir, mais ce ne sera toujours qu’un ressenti tandis que notre souffrance se base sur un acte. En de telles occasions, la seule chose dont une femelle peut avoir besoin, c’est de soutien. Pas d’entendre les jérémiades ou plaintes du mâle. Chacun sa souffrance.
    Toi et moi connaissons une femme (et pas n’importe laquelle !) dont le mari l’a forcé à avorter… C’est elle qui a souffert de l’acte; bien plus que n’importe quel homme ne souffrira jamais pour une raison semblable. Car c’est de son corps dont il était question.
    Discuter de la souffrance masculine liée à l’avortement est bien entendu un droit; mais attention ! certains hommes peuvent trouver là l’opportunité de remettre en question notre droit à disposer de notre corps. C’est de cela dont j’ai peur, lorsque je te lis.
    Bonne journée à tous, et VIVE LA LIBERTE !!

  • Rita (60 comments), le 25 janvier 2011

    Chere Seve, si tu lisais bien Hidalgo tu saurais que les femmes n’ont pas a avoir peur de perdre ni liberte, ni profond respect.
    Mais en revanche ce dont j’ai peur lorsque je lis tes propos, c’est que tu puisses confondre liberte et impunite. Et ceci est l’exposition d’une opinion et non d’un debat personnel.

  • Rita (60 comments), le 25 janvier 2011

    Et au passage je suis choquee du manque de consideration que tu sembles porter aux sentiments des hommes. Les stress emotionnels conduisent a des bouleversements physiques egalement, tels que perte de cheveux, hypertension, maladies cardio-vasculaires ; c’est ce qu’on appelle somatiser. Ton argument manque donc de poids a cet egard.
    Hidalgo n’a pas un discours radical mais souleve une question sans en donner de solutions. Non ce n’est pas un discours tendancieux laissant la porte ouverte a de sombres opportunistes machos.

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