La journée de le femme me casse les couilles. Voilà. C’est dit. La meute bien-pensante des activistes effreinés, des féministes enragées engagées, et des benêts hébêtés peut maintenant se déchainer.

Pour être honnête, je n’en ai pas qu’après cette journée en particulier ! Je hais avec une constance égale la journée des droits de l’homme, celle de enfants trisomiques, des cachalots borgnes, des pingouins déplumés… Bref toutes ces grandes manifestations nationales de solidarité où l’émotion populaire trouve un exutoire temporaire dans l’expression d’une indignation soigneusement mesurée. Une journée. Ni plus, ni moins.

Les journalistes se gaveront ce soir de faits divers, le sujet du jour est tout trouvé. Les militants s’auto-congratuleront, chiffres des manifestations à l’appuis. Tout en s’efforçant d’arracher au gauchiste attendri ou à la ménagère de moins de cinquante ans une larmelette d’hypocrite compassion.

A coup de grands discours sans lendemains, on noie allègrement sous une facile émotion les causes que l’on pense si bien défendre. C’est la victoire du pathos sur la raison. Une sorte de cirque abject auquel tout le monde, en coeur, est appellé à contribuer.

Bien sûr, les lecteurs ayant eu le courage de supporter ma diatribe jusque là ne s’en laisseront pas conter : “une journée, c’est toujours mieux que rien, que proposes-tu de mieux ?”. Car c’est certain, concernant le status de la femme, il reste du travail à faire. Ben j’en sais rien. Peut-être arrêter de faire semblant, tout simplement ? Ne plus se contenter de discours, mais agir. Concrêtement. Au quotidien, et pas juste un journée. Et arrêter cette hypocrisie consistant à faire croire au gens que l’on peut changer les choses en un jour. Rome ne s’est pas faite en un jour (pour ce qui est de la détruire, c’est plus rapide, Néron l’avait bien compris).

Tiens, tant qu’à écrire de manière totalement décousue, une petite réflexion. Quand on parle femme, on pense sexe. Et sans surprises, de nombreux journaux ont parlé aujourd’hui des travailleuses du sexe. Pour ceux qui n’auraient pas compris, des putes. Pourquoi avoir peur des mots ? La grande nouveauté, c’est que de plus en plus, on nous montre des putes qui s’assument. Le revendiquent. C’est marrant ça. Ce vocabulaire. Travailleuse du sexe. Je serai mac (ou maquerelle, après tout, c’est le jour ou essayer), je serais vachement fier d’avoir trouvé un terme comme ça pour motiver mes filles. Ca en jette ! Tavailleurs, travailleuses, comme disait Arlette, plus de fausse honte ou de pudeur, tout le monde au turbin ! Et qu’ça saute ! Rien de tel qu’un bon titre pour motiver les troupes. C’est presque aussi bien trouvé que “fille de joie”. Adapté à la crise, bien sûr.