calmarIl y a environ un mois, Matt Taibbi, journaliste américain pour le magazine RollingStone à écrit un article dénonçant les pratiques malveillantes de la banque Goldman Sachs, l’une des banques d’investissement parmi les plus anciennes et prestigieuses de la planète.

Voici l’article original : Inside The Great Bubble Machine, et un article de Bakchich Info, d’où j’ai tiré cette information.

Je vous en fais un petit résumé, pour ceux qui n’aurait pas le courage ou le temps de lire les articles sus-cités :

Matt Taibbi accuse la banque Goldman Sachs, coutumièrement appelée “la firme”, de manipuler Wall Street depuis la Grande Dépression. Création et explosion de la bulle internet, du logement et des subprimes, des cours vertigineux du pétrole, le truquage des “plans de sauvetage” des administrations Bush et Obama, tout est décortiqué, de manière plutôt “salée”.

L’article aurait fait pas mal de remous dans le milieu des tradeurs, et même au congrès américain. En effet, les liens entre les administrations Bush, Obama, et les dirigeants de cette célèbre banque sont très nombreux. De plus, “la firme” a bénéficié d’une aide gouvernementale pour rester à flot, payé donc par le contribuable (13 milliards de dollars), mais se permet de reverser  11,4 milliards de dollars de bonus à ses employés pour le premier semestre 2009 !

Taibbi explique également comment Goldman Sachs est déjà en train de spéculer sur le marché des émissions de carbone (valeur estimée à plus de 1 000 milliards de dollars), les prix étant garantis par le gouvernement . Selon Taibbi, “Goldman Sachs n’aura même pas besoin de tricher, car le jeu est déjà truqué”.

Bref, pour faire simple, les plus gros ne cessent de grossir, dans la plus complète indécence, quand les petits crèvent. C’est le capitalisme, ou le libéralisme, me direz-vous. En effet. Et il est certainement vain de se battre contre la pieuvre (image de Taibbi, toujours) et de regretter un idylique éden. La vie est une longue série de souffrance, tel est notre lot dans cette vallée de désespérance ou tout n’est que pleurs et grincements de dents.

Mais là n’est pas le problème, et mon humour vaseux n’y changera rien. Le problème, c’est celui évoqué par ces deux prix Nobel d’économie :

Stiglitz (interview avec la Deutsche Welle), « je pense que les choses vont empirer parce que notre manière de secourir les banques et de restructurer notre secteur financier a eu comme résultat que les banques dites too-big-to-fail (trop grosses pour faire faillite) sont devenues encore plus grosses ».

Krugman (New York Times)« Washington n’a rien fait pour nous protéger d’une nouvelle crise et, en réalité, a rendu une telle crise plus probable… Le gouvernement a planté le décor pour un désastre financier bien pire d’ici quelques années… La prochaine crise pourrait ressembler à celle des caisses d’épargne dans les années 80, quand les banques dérégulées ont joué avec, ou volé, l’argent du contribuable. Sauf que cette fois c’est tout le secteur financier qui sera impliqué. »

Et quand on voit les répercussions occasionnées en Europe par la dernière crise aux USA, imaginez un peu ce qui risque de se passer avec une crise de bien plus grande ampleur. Sans oubliez le fait que la Chine est massivement impliquée dans l’économie américaine, et qu’elle semble de plus en plus frileuse vis-à-vis de son puissant rival…

Pire même : la dernière crise nous a amenée Nicolas, que nous apportera la suivante ? Marine ?