Artic Sea

Artic Sea

Vous êtes chômeurs, smicards, ou tout simplement désespérés par ce monde médiocre où, comme qui dirait « tout fout le camp »? Faites-vous pirate! Depuis peu, c’est un secteur qui a le vent en poupe; que vous soyez informaticien, politique, ou tout simplement vieux loup de mer en quête d’aventure, laissez-vous charmer par le chant des sirènes qui vous appelle à reprendre le large.

Alors que le doux nom de pirate était jusqu’alors réservé à tous les filmovores du net, (merci Hadopi), alors que notre ministre de la culture se faisait à son tour traiter de pirate, ce sont aujourd’hui de hauts faits tellement plus héroïques qui nous rappellent le sens de ce métier d’avenir, que je ne peux résister davantage à la tentation d’en faire ici l’éloge. Rendez-vous compte, les eaux maritimes de l’europe seraient infestées de vils flibustiers pourvus d’intentions soit-disant malhonnêtes.  Du moins, ce sont là les propos tenus par la presse. Mais qu’en est-il réellement?

Un cargo de marchandise a disparu et certains craignent qu’il s’agisse d’un acte de piraterie. Je rêve; plutôt qu’un motif de crainte, n’y a-t-il pas là un formidable espoir en germe? Enfin de quoi inspirer les romanciers, enfin un exemple pour tous les désoeuvrés. Comment ne pas admirer l’esprit d’entreprise qui se manifeste dans cet exploit; réussir à s’emparer d’un cargo de 98 mètres en flouant tous les systèmes de surveillance maritime, et cela au large des côtes du Portugal, c’est à dire de notre belle union européenne hyper-sécurisée, Sarkozy aurait voulu le faire qu’il n’y serait sans doute pas parvenu. L’Artic Sea est certainement le premier navire à passer du côté obscur de la force depuis bien des siècles, notre aïeul Dark Vador Surcouf doit festoyer dans sa tombe pour l’occasion et c’est avec joie que je l’accompagne en m’ennivrant d’un rhum aux exotiques couleurs. Se servir librement sans demander la permission à quiconque, n’est-ce pas l’ultime avènement de l’utralibéralisme, que dis-je, de l’over-hyper-méga-libéralisme, tel que Jérôme Kerviel nous en a montré l’exemple?

Mais déjà je vous entends maugréer derrière votre écran, prétextant que ce ne sont là que fariboles et fantasmes pour corsaires nostalgiques. Certes, mon imagination pousse un peu mémé dans les orties, mais il ne s’agissait que de vous mettre l’eau à la bouche (un bon rhéteur ne doit-il pas soigner sa captatio beneuolentiae? -Cicéron sort de ce corps!-) Ce que je propose à toutes les poules mouillées qui ont peur de prendre les armes pour partir à l’abordage des plus gros navires du monde, c’est tous simplement de rejoindre le parti pirate sur facebook, à chacun d’agir à la mesure de ses forces, non? (pour les plus curieux, rendez-vous sur le site du parti pirate international)

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