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Pourquoi blogue-t-on ?

Il y a deux jours, je lisais un article d’ Eric Mainville intitulé : “Responsabilité du blogueur“. Il y décrivait l’altruisme du blogueur, son engagement vis-à-vis de son lectorat. Le fait que cela force à s’ouvrir sur le monde. Cela m’a interpellé car, si je me retrouve partiellement dans sa description plutôt élogieuse du blogueur (mais peut-être n’est-ce qu’un idéal), j’ai eu le sentiment que cela ne me correspondait pas vraiment. J’ai donc suggéré que chaque blogueur ayant lu ou commenté cet article se prête au jeu de l’auto-analyse afin de décrire ses motivations quand à la tenue de son blog. En espérant, sans grandes illusions, me sentir moins esseulé dans cette démarche introspective.

Pourquoi je blogue :

Voici à peine dix mois que je tiens ce blog. Je me considère donc encore comme un jeune blogueur, et il y a fort à parier que mon point de vue sur cette activité évolue sensiblement durant les prochaines années.

La décision de se lancer dans cette aventure fut prise lorsqu’avec Barth, co-fondateur du projet Bargeo, je pris conscience de l’inanité de travailler sur le web sans y être sois-même présent. La question d’une identité en ligne se posait.

Nous avons donc décider d’être présent sur le web par l’intermédiaire de ce blog. Non pas pour de l’auto-promotion, ou une quelconque notion de “corporate”, mais simplement pour être là, et participer à ce formidable bouleversement de l’information et des rapports humain qui a lieu tout les jours sur le net.

J’ai donc commencé à écrire. De tout. De rien. Me servant du Glob de Bargeo aussi bien comme exutoire que comme moyen de partager mes maigres connaissances. Essayant d’apporter chaque fois que j’écrivais une petite pierre à l’édifice commun, d’être utile, intéressant, ou simplement de partager indignation ou émotion à la nouvelle de l’instant.

Le recul est dur à prendre. Il est certain que je n’ai pas toujours été à la hauteur de mes ambitions. De mes espoirs. Combien de fois me suis-je laisser emporter par le miroir aux alouettes du sacro-saint SEO, par l’obsession du back-link, par la hantise du nombre de visiteurs !

J”ai malgré tout pu constater petit à petit qu’une communauté prenait vie ici. Petit à petit. Et l’impression de contribuer à quelque chose d’essentiel, le web (et oui, rien que ça !), me donne l’envie d’écrire, encore et encore.

Tenir un blog est pourtant monstrueusement chronophage. Et l’on n’en retire aucun avantage matériel immédiat (les revenus de la publicité placée ici ferait s’esclaffer un chômeur somalien couvert de dettes ayant dix enfants à nourrir). Les retours positifs sont maigres. Pourquoi donc dépenser autant d’énergie à une activité si ingrate ?

Alors que je me posais la question de l’utilité d’écrire il y a quelque temps, Walter Proof, tenancier de l’Inaudible me répondit d’une manière si simple que je ne puis qu’acquiescer : le plaisir !

Plaisir d’être utile à quelqu’un en publiant une astuce technique. Plaisir d’engager la conversation sur une controverse politique. Plaisir de partager ce que l’on est, ce que l’on fait. Et de ne pas se contenter d’un rôle d’observateur mais de participer à une vie qui, pour être numérique, n’en est pas moins réelle.

Et vous, pourquoi bloguez-vous ?