Par George

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Presse en ligne : gratuite ou payante ?

Cela fait déjà plusieurs années que deux visions du modèle économique de la presse en ligne s’affronte. Modèle gratuit, basé sur une rentabilisation par l’affichage de publicité, contre modèle payant. Il devient de plus en plus évident que les recettes publicitaires ne suffisent pas, de loin, à couvrir les frais d’un journal. De plus en plus de sites d’informations se tournent donc vers le modèle payant.

Cyclonudistes (26) - 07Jun08, Paris (France)

La presse bientôt à poil ?

Le Monde propose un abonnement permettant de consulter ses archives, mais l’essentiel de son contenu récent reste accesssible gratuitement. Libération vient de devenir payant, mais laisse sa Une gratuite. Médiapart est quasi intégralement payant. Outre-Atlantique, Rupert Murdoch avait annoncé cet été sa décision de faire payer l’intégralité des contenus de ses journaux.

Mais quand de nombreux journaux se contentent de publier tel quel les dépèches de l’AFP, comment penser que des lecteurs pourraient payer pour sans qu’il y ai de valeur ajoutée à ce que d’autre proposent gratuitement ? Une solution de plus en plus courante pour économiser les frais occasionnés par le salaire des journaliste consiste à proposer aux lecteurs de tenir, gratuitement bien entendu, un blog. Mais ceux-ci ne risquent-ils pas de réclamer, un jour u l’autre, leur part du gateau ?

Il me parait essentiel que l’information soit accessible à tous. C’est là un véritable enjeu démocratique. Mais il est également normal de rémunérer le travail des journalistes. L’idée de subventionner la presse me parait des plus dangereuses pour son indépendance. Comment donc réussir à résoudre cette équation en apparence insoluble ?

J’ai appris avec beaucoup d’intérêt, sur le blog de Keeg, que Google, roi du contenu gratuit, pronait lui aussi le payant. Le système proposé serait proche de celui d’I-tune : un principe de micro-paiement de quelques centimes par article. L’intérêt de ce système ? Indolore pour l’usager, Google mettrait à disposition des éditeurs l’outil nécessaire à ce paiement, les ponctionnant au passage de 30 modiques petits pourcents de leurs revenus… Cette comparaison avec les boutiques virtuelles d’Apple me parait toutefois bancale : un mp3 ne s’écoute généralement pas une seule fois. La pérénité d’un article d’actualité est bien plus courte. Il me semble improbable qu’un tel système puisse réellement fonctionner.

Pour ma part, payer un abonnement me semble tout à fait raisonnable. Mais je m’abreuve généralement, comme la majorité des internautes je présume, à de très nombreuses sources. Et rien n’est plus frustrant que de suivre un lien suggéré par un de mes amis virtuels (ou réel, j’en ai aussi ;) pour se voir confronté à l’infâme injonction de payer pour voir.

Il ne me semble pas impossible que l’activité journalistique se détache peu à peu de la structure du journal, et que les journalistes deviennent peu à peu bloggueurs et deviennent quasi exclusivement indépendants de toute forme d’organisation trop hiérarchisée et contrôlée. Vive l’anarchie propulsée par le libéralisme !

A court terme, il est toutefois plus probable que les journaux traditionnels subsistent encore un certain temps. Il n’y a qu’à voir la résistance des majors de la musique face à l’avènement d’internet et du mp3 ! Dans ce cas, et afin de permettre à ce secteur en pleine crise qu’est celui de l’information de survivre au évolutions technologiques auquel il est confronté, une idée me vient : pourquoi ne pas mettre en place une licence globale, comme celle proposée par les détracteurs du tout répression que proposait la loi Hadopi ?

En attendant, rassurez-vous, bien que le Glob de Bargeo soit loin d’avoir trouvé une quelconque rentabilité, il restera bien sûr gratuit ;)

PS : le temps d’écrire cet article, le Monde Diplomatique m’en piquait l’idée ! Si donc vous voulez une reflexion plus approfondie que la mienne, c’est par ici.

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