De ma petite île des Philippines (Negros Oriental) où je vis aujourd’hui, j’observe d’un oeil léger, parfois intrigué, mais toujours détaché les turpitudes de la société et de la politique Française. J’ai quitté la France pour plusieurs raisons, certaines personnelles, d’autres beaucoup plus évidentes et claires; RAS LE BOL!!!

Ras le bol de ce pays fatigué et morose, ras le bol de cette hypocrisie toute Française justifiée par les codes de bonne conduite, ras le bol de ces lois jetées en pleine face à coup de pelle pour que l’on soit toujours, d’une manière ou d’une autre, sous le coup de la loi, ras le bol de vivre dans un rythme hebdomadaire,  le boulot, le métro, le dodo, et bien sur, le samedi soir, le touche-touche hebdomadaire, ras le bol de devoir avoir une voiture, un frigo, un écran plasma, et si le voisin en a une, une piscine, ras le bol de payer pour tout, tout le temps, toujours, payer, payer, payer.

Donc, nous sommes partis à l’aventure, vers l’inconnu, sans attaches, sans point de chute, pour finalement atterrir aux Philippines, pays du tiers monde, pauvre, sale, aux cités polluées, pleines d’églises racoleuses et hypocrites, pays corrompu jusque dans sa moelle,  mais alors quel souffle, quelle bouffée d’air! Nous avons les plages, les montagnes, les cocotiers, les plongées au milieu de champs de coraux magnifiques, un rythme qui nous est propre, choisi, volontaire.

Bien sur nous travaillons comme jamais nous n’avons travaillé avant, partageant notre temps entre deux petites entreprises que nous faisons fonctionner à notre rythme, NOTRE rythme. Et nous voici, 9 mois plus tard, bien loin des grèves et des scandales qui semblent rythmer la vie à la française. Et petit à petit, notre envie de retourner en France pour retrouver ces bases sur lesquelles nous nous sommes construits, ces valeurs qui composent notre identité culturelle s’évapore, s’efface. Malgrès ses défauts ce pays est libre, pas encore étouffé par les lois, donc encore à construire, encore à inventer, et nous avons ici la possibilité de créer, d’ avancer, d’ imaginer. Et la France semble couler; doucement mais sûrement, ma fierté d’être Français disparait, mon envie d’appartenir à ce pays me laisse froid. Loin des yeux loin du coeur?

Désolé pour les quelques actifs de la contestation, je les encourage à continuer, à s’investir, à nourrir l’utopie d’une France vraie et juste, mais dans un sens, j’éprouve une sensation quelque peu mitigée quand j’observe l’implication acharnée et louable qu’ont certains de mes proches pour la contestation et la revendication, au détriment toutefois, semble-t-il, des relations humaines.

Mais bon, voici quelques images “non exhaustives” de mon nouveau pays, juste pour le plaisir des yeux…

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