Il y a quelques jours de cela, me réveillant de bon matin, j’eus l’extraordinaire surprise de me voir invité, par Twitter s’il vous plait, à un événement d’une importance toute cruciale : le “Tweetup Paris“. Mon égo tout frétillant de jeune blogueur peut-être un jour influent y vit là, sinon la consécration, tout du moins un début de reconnaissance fort flatteur. Jugez-en vous même : être invité, en personne, par Twitter, et faire partie de l’élite soigneusement sélectionnée pour célébrer l’avènement de la version française de leur site ! A peu que je n’en eus un orgasme…

Me ressaisissant enfin, et prenant mon courage à deux mains, je pris la ferme décision de participer à cette cérémonie, et de communier avec l’ensemble de la twittosphère et plus particulièrement son élite, rassemblée, pour l’occasion, dans un des hauts lieux de la culture technophile : la Cantine.

Sortant d’une dure journée de labeur, je me suis donc dirigé, hier soir, d’un pas vif et alerte, vers le lieu où se tenait cette rencontre si enthousiasmante. Il faisait nuit. Une pluie fine et acerbe fouettait insidieusement mon frêle visage. Dans les recoins sombres et nauséabonds encadrant sournoisement mon chemin, de pauvres hères, désargentés, se serraient frileusement contre d’improbable enchevêtrements de cartons et tissus usagés.

Est-ce le froid, l’obscurité, ou cette bruine persistante ? Je ne sais, mais mon bel entrain, peu à peu, s’effilochait.

Arrivé sur place, je me trouvais éblouit par moultes éclairages électriques. Une abondance de victuailles faisait crouler les tables gaiement décorées, tandis qu’un pannonceau indiquait fièrement à l’entrée : “Wifi gratuit !”. Quoiqu’interloqué par une telle provende, je franchi le seuil de la porte, et, malgré l’agressivité d’un fond sonore se voulant festif, fit brièvement le tour des lieux.

Comme quoi, en matière de fêtes, Berlusconi n'a rien inventé...

Les convives conviés à ces agapes s’affairaient, admirant divers écrans projetés sur les murs, se congratulant de leur présence ici, et cherchant à montrer à tout un chacun l’importance de l’événement devant commencer instamment. Je réalisais, tardivement certes, qu’il ne s’agissait point d’une réunion conviviale de blogueurs mais d’un Evénement Marketing, forme moderne de la messe, tenu par Twitter, et à usage exclusif des web-media-techno-over-branchouilles supposés en remerciement de quelques hors-d’œuvres épandre tel un lisier sur une bonne terre la bonne nouvelle de la Technologie. D’humanité, point. Ou si peu que je n’avais guère le courage de la chercher.

Dérouté tant par l’opulence de cette manifestation que par une vive impression d’être venu inopinément troubler un diner mondain, je me rengonçais dans mes frusques et, lâchement, déguerpis.

2 commentaires

  • Santinèle (81 comments), le 9 décembre 2009

    Mon pauvre George…tu es fait pour des choses plus grandes, plus nobles…
    Tu le dis très bien : “Mon égo tout frétillant de jeune blogueur peut-être un jour influent” ! Il s’est fait encarnardé dans une embuscade !
    En tout cas, même si çà ne fait que quelques jour que tu n’écris pas grand chose on the Globosphère (et je peux parler pour moi aussi), c’est bon de te retrouver avec un tel article !
    Et tu n’as même pas mangé quelque chose, histoire de rembourrer ce “frêle visage” ???

  • George (169 comments), le 10 décembre 2009

    Eh oui, les trompettes de la renommées se font parfois sirènes trompeuses…

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