Par Rita

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Rhum ride aux Philippines

Je vais vous relater une aventure véridique qui s’est passé aux Philippines il y a de cela environ deux ans. Elle se situe dans les Mindanao, région sud du pays. Cette zone à cette époque était particulièrement dangereuse, avec enlèvements, meurtres, bref tous les ingrédients habituels d’une guerilla, mais je ne rentrerai pas dans l’explication politique de ces troubles.

Un ami à moi, canadien de citoyenneté décida un beau matin sur sa Harley de s’en aller visiter sa dulcinée. Celle-ci créchant à Zamboanga, celui-ci se situant dans le nord de l’ile, ni une ni deux mon ami n’ayant pas froid aux yeux, entame sur cette magnifique route longeant les côtes le voyage imprudent.

Le nez au vent, la Harley vrombissant, le voyage s’avère plaisant jusqu’au moment où, à la sortie d’un tournant, lumières bleues et rouges, voitures sur la route, le temps de réaliser que ce n’est ni la police, ni l’armée mais les mauvais, il est déjà arrêté.

Moment de silence, on se toise.

Les Philippins de leur côté commencent à se consulter.
_”wakamalakanamalakalamala” (mon ami n’étant pas adepte du cebuano, n’en a retenu que ce passage).

Moment de silence, on se toise.

Puis le chef se dirige vers lui et dans le plus parfait des anglais, carabine à l’épaule, lui demande :

_” What the fuck are you doing here! (putain mais qu’est-ce que tu fous la?)
_Well, i’m going to visit my girlfriend in Zamboanga. (et bien je vais visiter ma petite copine a Zamboanga)
_Do you know it’s not safe for a foreigner and no one is coming around here? (t’es au courant que c’est dangereux pour un étranger et que pas un seul ne passe par ici?)
_Yes i know, so what?” (oui et alors?)

Moment de silence on se toise.

Mon ami lui dit alors :

_”J’ai 12 000 pesos dans ma poche. Mais je ne vais pas vous les donner. Vous n’allez pas me tuer non plus, car c’est mauvais pour vous, la police, l’armée, les politiques viendraient, bref ce serait un joyeux bordel. Mais voici mon idée, dans mon sac à dos il y a une bouteille de Tanduay (rhum local). Je vous propose qu’on aille se la boire tous ensemble, puis quand on l’aura terminé je vous filerai assez d’argent pour amener vos femmes ou petites amies au resto, ou leur offrir un cadeau.”

Les rebelles se regardent, parlent entre eux (se référer à la phrase citée plus haut), puis finalement avec un large sourire acceptent le deal.
Ainsi donc que nos compères, de plus en plus guillerets s’enfilèrent ensemble cette salvatrice bouteille jusqu’à la dernière goutte, chantant, blaguant ensemble. Chacun d’entre-eux, heureux s’en allèrent au petit matin, gueule de bois au vent et purent boire un café avec leur dulcinée.

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