Par George

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HADOPI est adopté

La loi HADOPI a été voté hier.

Preuve que nos chers députés s’intéressent à ce sujet, seize d’entre eux étaient présent pour un vote à main levée. Vous avez bien lu : seize (sur cinq-cent-soixante-dix-sept) !
L’adoption de cette loi ridicule n’a probablement pas fini de faire couler de l’ancre. Adopter une loi est une chose, mais la faire appliquer …
La fronde des internautes risque fort d’être violente. Je vois d’ici le nombre de tutoriaux expliquant comment contourner cette loi exploser rapidement.
Mais nos députés maitrisent visiblement leur sujet sur le bout des doigts. J’en veux pour preuve cet échange entre le député Christian Paul et Christine Albanel, notre ministre de la Culture et de la Communication, porteuse de ce projet de loi :

Christian Paul : « Les dispositifs de sécurisation des ordinateurs sont à l’opposée des dispositifs que peut tolérer et accepter le logiciel libre. Ou bien vous considérez que le logiciel libre ça n’a pas d’importance, que vous décrétez l’indifférence nationale contre le logiciel libre, ou bien vous nous dites comment c’est compatible »

Je dois admettre que la question est difficilement compréhensible. Et voici la réponse :

Christine Albanel : « Sur les logiciels… sur l’affaire des logiciels libres, évidemment les logiciels libres, quand on achète, évidemment des logiciels, par exemple le pack Microsoft  : Word, Excel, Powerpoint, il y a évidemment des pare-feux, je viens de le dire, il y a des logiciels de sécurisation. Mais sur les logiciels libres vous pouvez également avoir des pare-feux, qui d’ailleurs, mais évidemment. Par exemple, nous au ministère, nous avons un logiciel libre, qui s’appelle Open Office et il y a effectivement un logiciel de sécurisation qui empêche en effet le ministère à la Culture d’avoir accès, bien sûr, et les éditeurs de logiciels libres fournissent des pare-feux, et fournissent même des pare-feux gratuits. Donc cet argument est sans fondement. Voilà ce que je voulais dire. »

J’espère que ce court extrait des débats à l’Assemblée Nationnale vous convaincra, comme moi, du sérieux avec lequel nos dirigeants ont étudié le sujet.

Reste à voir quelle sera la réaction du Parlement européen, qui votait le 24 mars  l’amendement 138 qui empêchant qu’un citoyen soit privé de liberté d’expression et d’information sans une décision préalable de justice.

Pour finir sur une note d’espoir, les téléchargeurs compulsifs pourraient, grâce à l’ammendement Johnny, continuer à télécharger autant de musique qu’ils le souhaitent. A condition que l’artiste prétenduement lésé par cet acte de piratage réside dans un paradis fiscal.

L’on devrait donc, en toute logique, voir apparaitre sous peu des catalogues de musique en ligne listants tous nos artistes français expatriés pour échapper à l’ISF. C’est les fans de Johnny qui seront contents !

3 commentaires

  • Corsaire Sanglot (51 comments), le 3 avril 2009

    évidemment! Lorsque le chef de l’Etat ne sait pas parler français…, c’est évidemment par ailleurs, que ça les démanges (“s” parce qu’ils sont plusieurs), si c’est le cas, alors moi j’ai pas peur de l’dire, voyez? Pars-ke moi, les pirates c’est des méchants voleurs. Personne ne peut-être pas d’accord avec ce que moi je le dis. C’est simple, pour l’affaire de la délocalisation des logiciel libre, j’en parlais s’matin avec Bill Gates, par ailleurs chuis pas là pour dire ce que la réalitée, ça plais ou ça plais pas mais c’est comme ça. évidemment…
    Il ne fait aucun doute que Christine Albanel se trouve au faîte de son éloquence et de sa compétence politique. Je gagerais pour ma part qu’elle ne fait que suivre l’exemple de son “pdg”, qui maîtrise la langue française aussi bien qu’il la méprise.
    Simple question subsidiaire: notre ministre de la culture a-t-elle elle aussi “beaucoup souffert sur La Princesse de Clèves”?

  • Guillaume De Thomas (1 comments), le 4 avril 2009

    “La fronde des internautes risque fort d’être violente”

    Celles des auteurs et je peux te garantir qu’ils ont de meilleurs arguments que ces petits pilleurs de cultures boutonneux et malhonnêtes qui téléchargent impunément le travail des autres.

    Qu’on trouve HADOPI mal faite de toute façon c’est le cas, et ça ne me dérange pas qu’on le dise. Qu’on ne propose rien et qu’on nie qu’une loi était nécessaire tout ça parce que des merdeux perdront leur connexion à internet me choque profondément, parce qu’à part Madame Albanel, personne ne s’est intéressé à ce que les auteurs, artistes, interprètes, traducteurs, producteurs etc. ont perdu illégitimement.

  • George (169 comments), le 4 avril 2009

    Je ne suis malheureusement pas persuadé que cette loi ait pour but de protéger les artistes et ayants droits. Seules les grandes maisons de distribution, tel Vivendi ou Universal me semblent avoir un intérêt à ce que le téléchargement illégal cesse.
    Il n’est pas dans mon propos de légitimer ce que l’on appelle, avec une certaine exagération je trouve, le piratage.
    Mais je ne peux m’empêcher de fustiger une loi imbécile, ne prennant pas en compte la réalité technique d’internet, promulguée par une brochette d’irresponsabl incompétents dont la seule réponse au problème, réel en effet, de l’évolution de l’offre musicale, est la répression.
    Il est évident que le téléchargement illégal s’est développé autant ces dernières années en grande partie à cause du décalage prohibitif entre les prix pratiqués par l’industrie de la musique et du cinéma et les couts réels de production. Est-il normal de payer un cd au prix moyen de 20 à 25 € quand son prix de production avoisine 1 € seulement ?
    Une décision qui aurait put aider les artistes aurait été un système d’amende à l’encontre des “pirates”. Cette amende aurait, une fois déduit les frais de fonctionnement de la machine Hadopi, été reversée à l’artiste lésé. Pourquoi ne pas avoir choisi cette solution plutôt que de priver un foyer d’internet ?
    Je ne crois sincèrement pas qu’Hadopi soit une bonne réponse au téléchargement illégal. Ce qui ne veux pas dire que rien ne doit être fait.

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