Warning: Creating default object from empty value in /home/bargeo/sd/glob/www/wp-content/plugins/bp-advanced-seo/bp-advanced-seo.php on line 182 Hadopi, et si on politisait le débat ? - LE GLOB DE BARGEO
 

Par

Hadopi, et si on politisait le débat ?

artichautEntre les intérêts économiques de l’industrie culturelle, une ministre qui en fait une affaire personnelle, et les parties de cache-cache de nos députés, le débat concernant le projet de loi “création et internet” fait beaucoup de bruit en France. Mais au delà de cette agitation médiatique sur fond d’intérêts privés, se profile une question politique bien plus vaste : Quelle place doit-on donner aux technologies numériques (NTIC) dans l’économie et la politique du monde à venir ?

Oui, bon… Je n’y vais pas avec le dos de la cuillère, c’est vrai ! Mais je suis convaincu que cette question est cruciale : il n’y a qu’à voir comme notre culture est écartelée entre une quête éperdue de confort et de luxe technologique, et la peur mystique d’une grande “matrice big brother”. Et pourtant, il va bien falloir composer avec, si possible en vue du bien-être de tous. Sur ce point, l’intervention de notre ministre de la culture au lendemain du rejet du texte par l’assemblée nationale, ne me laisse pas espérer grand chose :

Au risque de me répéter, je considère que le projet de loi Hadopi est une mauvaise réponse à un faux problème. En ajoutant une institution, aussi “Haute” et “Autoritaire” soit-elle, on cherche à préserver un système économique et juridique complètement dépassé, et à contre courant total du développement technologique actuel.

Le site “pcinpact” a récemment publié une tribune libre de Daniel Vangarde, auteur–compositeur, éditeur et producteur de chansons, dans laquelle il montre comment le projet Hadopi va à l’encontre même du principe de “droit d’auteur” :

La création d’une “Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres » sur internet, qui se substituerait à l’autorité de l’auteur, serait la négation même du droit d’auteur et de la propriété intellectuelle. La légitimité de l’H.A.D.O.P.I. reposerait sur la désintégration du droit d’auteur. Une véritable bombe atomique culturelle… Le comble, c’est que cette “Haute Autorité“ censée assurer la “Protection des droits sur Internet“ serait créée dans le cadre du principe de la “riposte graduée“, qui, en langage militaire, vise à éviter l’usage prématuré de la bombe atomique.

Le projet de “riposte graduée“ est basé sur le contrôle et la surveillance systématiques des utilisateurs d’internet.

J’entends souvent des gens dire qu’il est important de préserver les droits d’auteur, l’exception culturelle française, etc…  Bien sûr ! Mais il est surtout urgent d’inventer un système de gestion du droit d’auteur et une politique d’accès à la culture qui tiennent compte de la réalité numérique. Je le dis en tant que citoyen, et à plus forte raison en tant qu’auteur.

Pierre JC Allard

Pierre JC Allard


Je suis tombé sur le site nouvellesociete.org de Pierre JC Allard. Avocat, économiste et auteur, ce monsieur est aussi à l’origine d’un projet de “nouvelle société” qu’il détaille dans son site, dans son blog ou au fil de ses articles sur agoravox.

Je n’ai pas eu le temps de lire tout le site, mais les quelques textes de présentation m’ont mis l’eau à la bouche. Je me suis donc aventuré plus loin, jusqu’à trouver un texte qui fait écho à la problématique d’Hadopi. En voici quelques passages choisis, où l’auteur décrit un projet de politique culturelle en adéquation avec les possibilités que nous offre Internet :

La bonne manière d’encourager la culture c’est d’en faciliter la consommation sans a priori et de fournir un accès facile à la culture sous toutes ses formes.
(…) En éliminant les contraintes physiques et matérielles à la publication des ouvrages on permettra un essor inouï de la production littéraire et scientifique.
(…) La première nation qui posera ce geste prendra une longueur d’avance sur toutes les autres sur le plan de la diffusion de sa culture. Tout ce qui sera produit ne sera évidemment pas bon… mais les lecteurs d’une société branchée sépareront le bon grain de l’ivraie.

En effet, si on imagine un site public sur lequel toute la production culturelle serait référencée et lisible sous forme d’aperçu, il est tout à fait possible que les lecteurs eux-mêmes fassent remonter les contenus les plus pertinents par un système de comptage des pages vues, ou de vote. A partir de là, il est très simple d’évaluer la valeur d’une oeuvre ou d’un auteur, et d’appliquer un système de rémunération ou de subvention directement proportionnel à ces chiffres…

(…) Évidemment, il y a des perdants à ce changement et il y aura quelque part une lutte féroce; mais les perdants ont déjà perdu: on ne reviendra pas en arrière.
(…) Qu’est-ce que l’Internet vient apporter? Une occasion de diffuser l’art et de créer un nouveau marché pour les artistes. Tout ce qui est créé peut être “exposé” au Musée virtuel, il suffit que l’artiste en fasse la demande. Tout ce qui est au Musée peut être visionné sur l’Internet. Tout ce qui a été visionné et dont l’original est à vendre peut être acquis en s’adressant à l’artiste ou propriétaire de l’oeuvre à son domicile virtuel dont les coordonnées sont disponibles, entre autres, à l’Annuaire-arts & lettres. Tout ce qui a été visionné peut aussi être acquis sous forme de reproductions. On peut télédécharger ce qui apparaît à l’écran pour un coût modique, mais on peut aussi en tirer une reproduction de qualité.

Vous pouvez lire l’intégralité de ce texte sur cette version du site.