Par George

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L’anonymat sur internet, une utopie.

J’avais déjà évoqué il y a quelque temps la problématique de l’usage d’un pseudo sur internet. Concluant qu’il ne me semblait pas forcément utile de se cacher derrière un tel artifice. Il y a peu, une anecdote sur ce blog montrait les difficultés à maîtriser l’usage des médias sociaux, et son image sur ceux-ci.

Mais c’est cet article du Monde “Dis-moi qui tu suis sur Twitter, et je te dirai qui tu es” qui m’a confirmé ce que je pressentais déjà : être anonyme sur internet est non seulement peu utile, mais surtout totalement (ou presque) illusoire. Voici un extrait de l’article :

Daniel Gayo-Avello n’a rien d’un profileur. Chercheur en informatique à l’université espagnole d’Oviedo, ce trentenaire a pourtant mis au point un algorithme qui réussit à dresser à grands traits le profil d’un individu (sexe, âge, appartenance religieuse, ethnique, orientation sexuelle…) sur la simple base des personnes qu’il suit sur le site de microblogging Twitter.

“Cette expérience montre que, quelle que soit la prudence de quelqu’un sur le réseau en matière de données privées, si on connaît des informations personnelles sur ses “voisins” (en l’occurrence les personnes qu’il suit), on connaîtra forcément des informations personnelles sur lui”, résume le chercheur.

L’idée de ce chercheur est simple : si vous ne voulez pas vous dévoiler, vos amis le feront surement à votre place. Plus vous aurez d’interaction avec d’autres internautes, plus il sera facile de vous connaitre. La seule solution étant de ne divulguer aucune information et de n’avoir aucun lien avec personne. Un mort numérique en sorte. Pour ne pas dire sociale, vu l’importance croissante d’internet dans notre quotidien.

Sachant que Google “engrange une demande accrue de renseignements sur les utilisateurs : suivi de la navigation et stockage des mots-clés, scan des mails dans Gmail, des informations livrées dans les formulaires, entre autres.wikipedia, que Facebook a une politique de protection de la vie privée pour le moins erratique et que cette firme vient d’accorder aux développeurs d’application un libre accès à toutes vos données personnelles, y compris adresse et numéro de téléphone, il y a de quoi avoir peur.

Etre anonyme sur internet devient, peu à peu, tout bonnement impossible. Or son usage étant plus en plus incontournable, il convient d’adopter une attitude intelligente à l’écart de cet outil fabuleux. Oui, fabuleux. Car ce n’est pas l’outil en lui-même qu’il faut blâmer, mais l’utilisation qui en est faite.

L’un des grands mythes d’internet, l’anonymat, est en train de disparaître. Grâce (ou à cause?) aux réseaux sociaux, la frontière entre IRL et online s’estompe au point de ne plus exister. Que l’on déplore ou non ce changement, il faut s’y adapter. Savoir que sur internet comme dans votre quotidien (certains comme moi ne font de toute façon pas la différence), votre entourage vous connait. Ainsi que les différentes institution, l’état, les compagnies dont vous utilisez les services, les entreprises auxquelles elles auront revendu les informations vous concernant, bref, tout le monde.

Big Brother is watching you.



5 commentaires

  • Romain (3 comments), le 18 janvier 2011

    J’ai aussi lu cet article du monde qui ne prouve strictement rien. Bien sûr que l’on peut être anonyme sur internet ! Si les gens avec qui l’on communique ne connaissent rien de nous, ce chercheur ne peut rien trouver !

    Pour citer l’exemple le plus fameux, Maître Éolas est anonyme sur le web depuis 6 ans…

  • George (169 comments), le 18 janvier 2011

    Il sera possible de trouver très probablement ton sexe, tes opinions politiques, tes goûts, affinités, voire même ta localisation …
    “Si les gens avec qui l’on communique ne connaissent rien de nous” : c’est tout de même rarement le cas, avoues-le. Et à la moindre maladresse d’un de tes contacts, tu peux être dévoilé.
    Quand à l’anonymat de Maître Eolas, outre le fait qu’il s’agisse pour moi plutôt de l’exception qui confirme la règle, je serais fort étonné qu’il soit si bien préservé.
    Certes, les masses ne connaissent qu’un pseudo, mais qu’en est-il de ses proches ? Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on connait beaucoup de choses sur lui : jusqu’à son amour du rugby ! Faudrait-il vraiment beaucoup chercher pour découvrir qui se cache derrière ce pseudo ?
    Il est de notoriété publique qu’il s’agit d’un avocat du barreau de Paris, marié à une espagnole. Que l’adresse donnée à son fournisseur de nom de domaine est le 15 Place de la Nation à Paris…

  • Romain (3 comments), le 18 janvier 2011

    Oui, le degré d’anonymat dépend bien évidemment de ce que veut bien dévoiler l’anonyme en question… Maître Éolas a bien voulu dévoiler ces infos, mais ce n’est pas le cas de tout le monde !

    Mais quelqu’un qui veut tout cacher peut le faire ! Il suffit de le vouloir. Après, certes, l’anonymat de fait n’existe plus…

  • Compil de Janvier | Technofeliz, le 1 février 2011

    [...] pouvez vous cacher derrière un pseudo, vous vous fourrez le doigt dans l’oeil : internet sait déjà tout de vous… un autre exemple ? Même si vous ne publiez pas grand chose, rien que la façon dont vous [...]

  • Ch. Scheinhardt » “Karneval für die Ewigkeit?”, le 2 février 2011

    [...] [Originalfoto via glob.bargeo.fr] [...]

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