Tout le monde, ou presque, a entendu parler de la page qui valait un million de dollars.
Ce concept, imaginé en janvier 2006 par un étudiant, Alex Tew, avait défrayé la chronique, sur internet tout du moins.
Rue89, journal online que je suis assidument, viens de relancer, à sa manière, l’idée.

Ce journal, créé par des anciens de “Libération”, est un des seul pure-player (journal exclusivement online, sans publication papier) français.
Ils proposent, pour un prix compris entre 15 et 349 euros par ans en fonction de l’espace alloué, d’afficher sur un “mur” une image de son choix, associée à un court texte descriptif et bien sur à l’url de son site. Ceci dans le but de les aider à garder une indépendance.
Ce mur sera affiché en homepage du journal.

Qui ne se sentirait pas flatté d’apparaitre en Une d’un canard qu’il apprécie en tant que défenseur de la liberté de la presse, de la veuve et de l’orphelin ? La cause est noble, et tout le monde y gagne.
Il ne s’agit, bien évidemment, ni plus ni moins que de vendre de l’espace publicitaire, ce qui n’a rien de très innovant.
Mais la façon dont est présentée cette idée est séduisante : parler de “mur” rend tout de suite plus convivial l’achat d’une bannière publicitaire. La référence à Facebook, Myspace et autres sites communautaires est évidente, et ajoute une dimension de proximité immédiate.

De plus, la gestion de cet espace est très simplifié : pas de tracking des clics, ou des ips pour éviter des fraudes éventuelles, prix fixe et ne résultant pas d’une quelconque efficacité de ce système …
Et la cerise sur le gateau : réussir à condenser dans un espace très réduit un grand nombre de publicité, avec l’accord des annonceurs (quel client classique accepterait d’être noyé au milieux d’autant d’autre annonces n’ayant aucun rapport avec son activité, ou pire, potentiellement conccurentes ? ), tout en présentant ce pavé indigeste comme une sorte “d’oeuvre d’art communautaire”.

Bien que mon cynisme soit peut-être un peu outré, je trouve pour ma part cette initiative excellente. Il est normal de chercher à financer une activité, et la gratuité apparente d’internet n’est justement qu’apparente. Il faut bien manger.

J’espère que cette brillante idée aidera ce journal, que j’apprécie, à continuer d’exister. D’ailleurs, ma décision est prise, j’y souscris.