Le #followfriday est un usage très répandu sur Twitter consistant, tous les vendredi,  à faire découvrir à ses followers de nouvelles personnes. Il se pratique, idéalement,  ainsi : “#followfriday (ou #ff) @machin qui raconte des trucs super intéressants sur tel sujet”. Dans cet exemple, vous remarquerez qu’il faut prendre la peine d’expliquer en quoi l’utilisateur @machin est quelqu’un d’exceptionnel. Négliger cela réduit drastiquement la portée d’une telle recommandation pour vos followers et revient généralement à indiquer à @machin, souvent dans l’espoir d’un quelconque retour d’ascenseur, que vous avez pensé à lui. C’est un peu primaire, vous en conviendrez, et une telle attitude opportuniste ne risque pas de vous mener bien loin.

N’ayant presque jamais constaté que le fait d’être recommandé par quelqu’un m’ait fait gagner des followers, je me demande d’ailleurs quelle est la porté, ou l’efficacité du #followfriday.

Suivez-vous des gens que l'on vous a recommandé par #followfriday ?

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Cette pratique, élevée au rang de tradition, s’est toutefois pervertie, la plupart des utilisateurs citant semaines après semaines les mêmes personnes. Le #followfriday s’est peu à peu transformé en moyen d’affirmer sa popularité, se monnayant entre pontifes de Twitter, le bas peuple répétant avec plus ou moins de conviction cette grand-messe encensant l’égo des “élites”. Une politesse outrée permettait d’amplifier le phénomène en remerciant, et si possible en retwittant, de manière à voir encore et encore son nom associé au hashtag de recommandation sus-cité.

Las de cette mascarade à laquelle il contribuait si bien, et peut-être résolu à revenir aux sources d’un #followfriday utile, @egadenne proposa de passer à des recommandations sous forme de page Web afin de ne plus polluer les timelines de ses followers. Idée brillante, qui fut reprise sans tarder par une partie de la blogosphère.

Hélas, pour gagner au jeu de celui qui a la plus grosse quéquette renommée, il était essentiel d’être mentionné de manière récurrente afin de bien laisser sa trace sur Twitter. Les divers outils d’analyse, tel Twitter Grader ou TwitterScore accordant une attention importante aux “mentions” et autres interpellations twitteresques, il était impensable de se passer d’une occasion d’entendre parler chaque vendredi de soi. Le spam repris donc de plus belle.

Quand Twitter inclut dans son site les listes d’utilisateurs, j’ai pensé, un peu naïvement, que cela signait la mort du #follofriday. Je me trompais. Les listes Twitter ont effectivement remplacées avec succès les recommandations sous forme de page Web, moins visibles, et surtout bien plus fastidieuses à mettre à jour. Mais elles ne sont pas adéquates pour signaler à vos followers une nouvelle découverte de personne intéressante à suivre.

Comment j’utilise listes et #followfriday :

J’ai listé mes following (une partie du moins) en les classant par centre d’intérêt. L’exercice est ardu. Il n’est pas toujours aisé de faire rentrer les gens dans des petites cases (ni même dans des grandes). Une de mes liste regroupe ceux qui ont ma préférence, et me tient lieu de timeline quand je n’ai pas assez de temps ou de disponibilité pour tout lire.

Je tiens à jour une liste privée des gens que je découvre et dont je projette de faire l’éloge le vendredi. Celle-ci est remise à jour au fur et à mesure de mes recommandations. Je privilégie au maximum l’apologie de ceux ayant peu de followers, même s’il m’arrive de temps à autre de déroger à cette règle pour encenser une personne plus “établie” me semblant mériter d’être connue par mes followers. De manière générale, j’évite les trop longues listes de #followfriday, préférant ne pas lasser mes followers par un trop grand nombre de messages d’un intérêt très relatif.

J’essaie dans la mesure du possible de systématiquement lister mes nouveaux followers s’il me semblent le mériter. Dans le doute, ou quand je n’ai pas le temps, je les “range” dans une liste privée intitulée “pending”, en attendant de pouvoir “traiter ces nouveaux cas”.

Quand on me fait l’honneur de me citer dans un #followfriday, je refuse de rentrer dans le jeu des réponses et retweets automatiques. Les remerciements et autres effusions publiques d’émotions incontrôlées me semblent impropres à intéresser mes followers.

Je ne dédaigne pas les recommandations que me font mes following, pour peu que celles-ci soient justifiées. C’est une de mes nombreuses manières de découvrir toujours plus de monde.

Que pensez-vous de cette utilisation du #followfriday et des listes ? Vous choque-t-elle ? Avez-vous d’autres usages à suggérer ?

2 commentaires

  • laetSgo (2 comments), le 4 décembre 2009

    je n’ai pas d’opinion bien arrêtée sur la question et me “prête” au jeu depuis peu de temps, manière de remercier ceux qui ont eu la gentillesse de me citer dans un #FF et plus simplement, manière de “remercier” les followers que j’apprécie. J’ai effectivement trouvé de nouvelles personnes à suivre grâce au #FF, mais en général, c’est plutôt via un RT que je vais consulter les derniers twitts de la personne, et s’ils me semblent intéressants, hop ! j’ajoute !
    En attendant, ce billet va direct dans mon pearltrees dédié à Twitter où je recense pas mal d’articles sur le sujet :-)

  • 4h18 (1 comments), le 25 juin 2010

    Je n’en peux plus de cette messe qui tourne, semaine après semaine, à la mascarade. Fréquenter ma TL le vendredi c’est dur, très dur…

    Pendant un temps, je déportais mes #ff sur mon blog. Pas convaincant.
    Je suis en train de tester les listes également. Pas plus convaincu.

    Je crois que je vais opter pour le #FED > Follow Every Day !
    D’abord parce que ce sont des gens avec qui je suis en contact, si ce n’est journalier, régulièrement.

    De deux, parce qu’un coup de coeur programmé, ce n’en est plus un ! J’aime l’impulsion, l’instant “T”. Le #ff, c’est tout le contraire de cela.

    C’est devenu une lente et pénible valse, un morceaux de rap inaudible, une remix de La bande à Basile par Bob Sinclar… C’est le tube de l’été version TF1, bref, c’est pas mon truc quoi !

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